Légendes urbaines

Il se raconte à lui-même la dernière légende urbaine, à haute voix, sur les places, dans les ruelles qui l’ont vu grandir. Voulant retarder le plus longtemps possible le dénouement, il décrit par le menu comment la peinture et le crépi s’écaillent sur les murs, comment briques, pierres et pavés se déchaussent, comment les ponts et les bâtiments ont entamé leur lent et inexorable délabrement.
Il se rappelle, en murmurant à voix basse, comment les égouts, faute d’entretien, se sont effondrés sur eux-mêmes, comment sa communauté a péri, comment il en a réchappé miraculeusement.
Il finit par se résigner : la ville est morte, il n’a plus rien à faire là.
Même les néons géants ont cessé de clignoter.
Il agite sa grande queue couverte d’écailles, et avant de se mettre en route pour la terre de ses ancêtres, quelque part en Afrique, écrase une larme paradoxale, qui est et n’est pas de crocodile.

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