Morts-vivants

La créature de Frankenstein attendait son heure. Du fait de sa condition d’immortel mort-vivant, il s’imaginait que le temps était de son côté. Il rêvait de rentrer dans la légende en éclipsant son créateur. Et c’est ce qui arriva, non parce qu’il était plus méritant ou plus digne d’intérêt que le savant fou. C’était juste la paresse des passeurs d’histoires qui avait figé sa dénomination trop longue de « créature de Frankenstein » en « Frankenstein ». L’étape ultime de cette érosion par la paresse étant, bien entendu, la disparition pure et simple de cette histoire des lèvres des conteurs, l’extinction de la dernière génération de lecteurs faisant encore l’effort de tourner les pages du roman de Mary Shelley.

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