Usines

1983. Mitry-Mory.
Roger le syndicaliste supportait toutes les brimades de ses collègues ouvriers et de ses patrons parce qu’il croyait dans le grand jour. Il n’avait pas d’espoir dans l’après-vie, vous pensez bien. Le miracle soviétique surviendrait de son vivant, il en était sûr.
Sa Bible, c’était Das Kapital, la version de poche, qu’il trimbalait toujours avec lui, dans le revers de sa veste, serré contre son cœur. Il en lisait des versets aux incroyants, aux impies, aux hérétiques, à ceux qui n’avaient pas encore entendu la voix de son maître ou – pire – s’en était détourné.
Et son oriflamme qu’il comptait bien dresser bien haut au terme de cette croisade moderne, il le gardait dans son casier fermé à double tour : un drapeau de l’URSS pour saluer l’entrée des chars russes dans Paris.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :