Archives d’Auteur: Vincent Corlaix

À propos de Vincent Corlaix

Vincent Corlaix : être humain masculin né durant la première moitié de l’année 1974. Doté du super-pouvoir d’imaginer de mondes fantastiques. Sait dessiner, photographier, filmer, écrire, concrétiser des projets, synthétiser des idées, et bien d’autres choses encore.

Planet Opera

— Alors ? Des nouvelles ? Ils ont progressé ?
— Tu parles. Ils étaient en bonne voie, mais ils ont soudain décidé de se taper dessus pour des raisons plus débiles les unes que les autres ?
— Genre ?
— Dans le désordre ; certains se tapent dessus pour savoir qui tape le plus fort, d’autres pour savoir qui a le meilleur ami imaginaire, d’autres encore parce qu’ils veulent absolument vivre ensemble mais pas tant que ça…
— Donc ils ne s’intéressent plus à l’univers ou la planète où ils vivent ?
— Si, si, mais ja majorité d’entre eux préfèrent dépenser leurs ressources à se taper dessus. Et, par conséquence, à détruire la planète.
— Tu crois qu’ils vont finir par comprendre ?
— Je crois, moi, que vu comme c’est parti, s’il reste quelqu’un sur la planète d’ici quelques générations, il sera plus occupé à survivre qu’à comprendre qu’il fait partie d’une expérience de laboratoire.
— Navrant…

Publicités

Planet Opera

Les habitants de la planète Terre ont toujours cru que les héros et dieux de l’antiquité étaient des inventions d’auteurs ayant parfois abusé d’herbes sauvages. Il s’agissait en fait d’une troupe de théâtre extraterrestre échouée par accident et qui a tenté de s’adapter aux mœurs locaux. Ça vous fait quoi de savoir que vous avez un peu de génome de saltimbanque alien dans le sang ?


Planet Opera

« Tu m’avais promis un Planet Opera !
— Ben oui. C’était génial, non ? Toutes ces batailles spatiales, ces lieux étranges, ces extraterrestres…
— Peut-être. Mais je n’ai vu aucune planète chanter. »


Planet Opera

Guide du Spacio-Routard – Secteur galactique ZZ+α.

On accole souvent le terme de Planète à celui d’Opéra pour désigner d’épiques batailles spatiales, de véritables guerres wagnériennes. Il n’en est rien ; même dans l’espace, la guerre reste violente, sale et cruelle.

La seule exception connue à ce jour concerne le conflit qui impliqua une race d’êtres insectoïdes à une autre dont les représentants étaient de petits mammifères rondouillards à plumes multicolores. Ces derniers utilisaient une technique de combat inédite basée sur la modulation sonore, provoquant d’horribles vibrations des pièces de carapaces de leurs ennemis. Cela déclenchait de nombreuses lésions internes qui conduisaient à une mort certaine.

En d’autres termes, ils les tuaient en chantant.


Planet Opera

Guide du Spacio-Routard – Système α-x9.

Les pourparlers ayant échoués avant même d’avoir commencés, les habitants du système α-x9 décidèrent de déclarer la guerre à leurs voisins. Cependant, cette espèce possédant une relation très particulière au temps, les discussions portant sur les stratégies et plans de bataille prirent tant de temps que la civilisation adversaire eut le temps de se développer, traverser une ère de paix et de prospérité, finit par découvrir un nouveau plan d’existence pour y disparaître mystérieusement.

Lorsque les belligérants conduisirent leur armada de guerre aux portes du système voisin, ils ne trouvèrent personne contre qui combattre.

 


Planet Opera

Guide du Spacio-Routard – Système PS-XB1.

Les deux explorateurs, serrés dans l’étroite cabine fort encombrée de leur minuscule vaisseau d’exploration contemplaient les relevés des sondes automatiques qui avaient cartographié ce parsec pour la toute première fois.

Ils crurent à un bug du système informatique lorsque, après une série de quelques planètes tout à fait banales, l’ordinateur se mit affiché des astres de formes cubiques, puis pyramidales, et même quelques uns en forme de croix.

Alors que le premier continuait à contempler la carte stellaire avec des yeux ronds, l’autre, se grattant la barbe, s’écria soudain :

«Oh, bin merde, regarde ! C’est un code de triche !»


Planet Opera

Guide du Spacio-Routard – Voie galactique 5.

Le célèbre opéra spatial «Les sirènes du cosmos» traverse actuellement de nombreux systèmes de ce bras de la galaxie. Chaque représentation est un triomphe, sauf dans le secteur de l’étoile Sol où l’espèce dominante confond l’œuvre avec le fond diffus de l’univers, provoquant chez leurs «scientifiques» (ou ce qui en tient lieu) de nombreux débats cocasses.


Planet Opera

Guide du Spacio-Routard – Système Beta-Reticuli.

Entre l’ère XVCM et XXMII, la plus grande bataille spatiale en terme de nombre de belligérants a pris place dans ce secteur. Cette guerre monumentale est presque totalement passée inaperçue ; ses combattants ne mesurant que quelques microns. La seule trace laissée par l’événement se trouve dans le journal de bord d’une sonde automatisée qui, suite à un bref flash détecté par sa caméra, a émis une demande de révision de ses capteurs à son service de maintenance.


À la guerre comme à la guerre 

MacGyver avait adoré ses cadeaux d’anniversaire ; plusieurs paquets de chewing-gum et une boîte de trombones.

Mais le plus beau des présents lui fut offert par son ennemi juré. Il se présentait sous la forme d’une boîte et d’une enveloppe dans laquelle se trouvait le message suivant :

Il y a dans ce carton une bombe réglée sur 3 minutes. Tu dois la désamorcer en utilisant uniquement ce qui est dans cette pièce.

Bisous, Murdoc

C’était vraiment un chouette anniversaire.


À la guerre comme à la guerre

— Nous avons triomphé. Il ne reste plus que toi et moi.

— Je n’appellerai pas cela un triomphe. D’autant que nous sommes tous les deux du même sexe. Autant dire qu’on est foutus.

— Alors vivons l’extinction de l’humanité de la meilleure façon possible. Oublions que nous ne sommes pas dans le même camp et profitons de ce qui nous reste.

— Tu as raison, l’ami. Après tout, tout ce qui est derrière nous est du passé. Ça ne nous concerne plus.

— Voilà ! Profitons, profitons tant qu’il nous est donné de vivre.

Quelques semaines plus tard, la faction du nord (effectifs : 1) tentait d’attaquer sournoisement la faction du sud (effectifs : 1) mais tombait dans les pièges tendues par cette dernière.

— À la guerre comme à la guerre, furent les derniers mots du vaillant soldat du nord avant que le vaillant soldat du sud ne l’achève.


À la guerre comme à la guerre

— Tu crois que ça marchera ?

Le grand noir à la coupe iroquoise jeta un regard furieux au grand dégingandé qui lui avait posé la question. Il tourna à nouveau la tête, faisant cliqueter la dizaine de colliers plaqué or qui pendait à son cou, vers l’étrange véhicule garé devant eux. C’était un assemblage hétéroclite de pièces de récupération, le faisant ressembler à un char d’assaut médiéval, mais équipé d’un moteur diesel. Sur le toit trônait trois bouteilles de gas devant servir de lance-missiles.

— Bien sûr. Tu doutes de mes talents ?

Le grand maigre à l’éternelle casquette ouvrit la bouche pour répondre, mais fut coupé par l’irruption de deux autres larrons ; un blondinet propre sur lui et un petit grisonnant au cigare démesuré vissé entre les dents.

— On y va, les hommes de Del Pierro attaquent !

Les quatre bondirent dans le véhicule. À son volant, le grand noir lança le moteur à fond, faisant bondir le char improvisé en avant, défonçant la porte de la grange. Surgissant dans la cour de la ferme, ils se virent entourés d’une demi-douzaine de pickups, chacun chargés de quatre à cinq hommes armés de fusils automatiques. Ceux-ci, revenant en une fraction de secondes de leur surprises, vidèrent leurs chargeurs sur l’improbable apparition.

Même si la plupart des balles ricochèrent sur les plaques d’acier soudées à la carrosserie, un nombre conséquent de projectiles perforèrent les bouteilles fixées au toit, les faisant exploser et transformant le véhicule en boule de  feu.

L’infâme Del Pierro descendit du pickup, les flammes encore vives se reflétant sur ses lunettes de soleil. Il souriait de toutes ses dents trop blanches.

— Ces vétérans, je vous jure… Complètement siphonnés !


À la guerre comme à la guerre

— Grhmblll… Dans la tranchée… Des caisses… Nuntudjûh !… Gaz moutarde… Tous morts… Grhmblll…

— Oh, non ! Papy ! Vous vous êtes encore oublié dans vos couches ?

— Ah, naguère comme à la guerre, gamine ! Héhéhéhé…


À la guerre comme à la guerre

Il n’avait jamais touché un fusil de sa vie. Il n’avait, bien entendu, pas fait de service militaire puisque celui-ci avait été abrogé un peu après sa naissance.
Le jeune conscrit se sentait totalement perdu dans cet uniforme, bardé de ces accessoires qu’il connaissait bien sans y avoir jamais touché.
Fan de FPS guerriers, il avait pourtant cru devenir un véritable héros lorsque la guerre avait éclaté et qu’on l’avait précipité sous les drapeaux.
Pourtant, dépité, il avait dû reconnaitre que la réalité était d’un level bien plus corsé que ce dont il avait l’habitude.
Lorsque la rafale de mitrailleuse le faucha, le coupant presque en deux, il en était encore à chercher comment activer les codes de triche.


À la guerre comme à la guerre

— À la guerre comme à la guerre ! hurla le caporal pour motiver ses troupes de poilus à l’assaut.

Baïonnette au clair, les hommes s’élancèrent hors de la tranchée, leurs fusils armés, leurs grenades à manche accrochées à la ceinture.

La brigade d’une cinquantaine d’hommes fut fauchée en une fraction de seconde lorsque le rayon de lumière cohérente balaya la zone. Sublimés en fines particules, ils n’eurent pas le temps de s’apercevoir qu’ils étaient déjà morts.

— « À la guerre comme à la guerre… », encore faut-il savoir de quelle guerre il s’agit, ricana le premier alien.

— Sont rigolos, ces humains. Je ne pensais pas qu’on parviendrait à la victoire simplement parce qu’ils croient dur comme fer à des aphorismes stupides.

— « Dur comme fer ? »

— Ta gueule.


Je t’haine

​Ils se regardent en chien de faïence, les yeux dans les yeux, sans se toucher. Elle veut qu’il lui fasse mal. Lui n’ose pas faire un geste. Les deux sont au bord de l’orgasme. 

Sado & Maso s’aiment… 


Je t’haine

​- Tu m’aimes ? 

– Oui. 

– Je déteste ça. Je te déteste. 

– J’adore ça, ma détestée. 

– Je te hais, embrasse-moi. 

– Pas question. 

– Oh, grand fou ! 
Les histoires d’amour chez les bipolaires, c’est toute une aventure… 


Je t’haine

Que tu étais bonne pour moi, mon amour. Tout en toi n’était que délices et plaisir des sens. Jusqu’au bout je t’ai aimé. Et maintenant, que reste-t-il de toi ? Trois fois rien. Que des souvenirs.

Ah, si, suis-je bête. Il doit encore me rester des rognons au congélateurs !


Je t’haine

Cupidon, Jean-Pierre : recherché pour port d’arme de jet, trafic de stupéfiants et violence psychologique avec préméditation. Ne vous fiez pas à son air angélique et son visage de chérubin ; cet homme est dangereux.
Merci de contacter les autorités (police, avocat, médiateur matrimonial) si vous l’apercevez. Ne tentez en aucun cas de l’approcher seul.


L’esprit de fête

​Les spectres hantant le grand hall du manoir abandonné avaient organisé une monumentale saturnale. N’ayant ni limite ni notion du temps qui passe, la fête durait depuis presque un siècle. Malheureusement, elle manquait cruellement d’alcool.


Avions & Bateaux

On avait beau se moquer qu’ils restaient trop longtemps dans les jupes de leurs mères, les bateaux de la nouvelle génération refusaient toujours de mettre les voiles.


L’esprit de fête

La mère du geek pré-ado parvint à convaincre celui-ci d’organiser une fête pour son prochain anniversaire. Elle lui proposa de tout organiser tandis qu’il se contentait d’annoncer l’événement sur ses réseaux sociaux préférés.

La veille du jour dit, la maman du geek lui demanda quel type de gâteau il préférait. Devant la confusion engendrée par la question, le petit geek s’exclama :

— Mais… Tu veux dire qu’ils vont venir IRL ?

Devant la réponse affirmative, il couru s’enfermer dans sa chambre, pour y attendre la visite du pédopsychiatre.


Avions & Bateaux

Son étrave brisait les vagues en embruns arrosant les passagers sur son pont. Ses cheminées crachaient une fumée noire empuantie de diesel marin brûlé. Et, sa coque grinçait des dents dès qu’il coupait les vagues de travers.
Ce petit ferry était vraiment un voyou.


L’esprit de fête

​Les explorateurs avaient finalement compris que la tribu les invitaient à partager leur repas et faire la fête avec eux. Celle-ci commença par des tournées et des tournées d’une boisson fortement alcoolisée. Le ventre vide, malgré qu’ils se demandaient en quoi allait consister le festin, ils furent finalement bientôt cuits.


Avions & Bateaux

Un fait rassure tous les bateaux du monde : la mer ne vieillit pas.


L’esprit de fête

​Malgré que ce ne soit plus du tout à la mode, le fils de l’artificier continuait à organiser des boums.


Avions & Bateaux

Comme leurs cousins aériens, les bateaux ont des contrôles à l’embarquement, un équipage, des hôtesses et stewards, un service de bord, des instructions de sécurité… Et, chacun de ces bateaux rêve en secret de s’envoler un jour.


Esprit de fête

Delphine la pythie était quelqu’un de populaire ; accorte, rieuse, ayant toujours un mot aimable pour chacun, on l’invitait souvent à toutes les fêtes.
Malheureusement, durant la soirée, quelqu’un oubliait presque toujours qu’il ne fallait surtout pas fumer en sa présence.
Lorsque ça arrivait, Delphine finissait par avoir les yeux révulsés, se mettait à trembler, puis chuchotait à l’oreille du fumeur qui partait ensuite en courant et en hurlant des choses étranges comme « C’est la fin, Sparte nous attaque ! » ou « C’est la fin, les moissons sont mortes ! ».
Le plus étrange était qu’on continuait à inviter Delphine.


L’esprit de fête

À 20 heures, lorsqu’il est arrivé chez ses amis armé de plusieurs bouteilles, il avait l’esprit de fête.
Vers 5 heures du matin, vautré dans la baignoire, des traces suspectes sur sa chemise déboutonnée, il avait l’esprit défait.


L’esprit de fête

Le psychopathe était lui aussi un bon vivant, qui aimait s’entourer et faire la fête. 

Malheureusement, à chaque fois, et même lorsqu’il invitait chez lui, il finissait invariablement la soirée tout seul. 


L’esprit de fête

Il était si animé par l’esprit de fête qu’il s’y dépensait sans compter, autant physiquement que financièrement. Bien entendu, il abusa et usa son foie et son cœur à force de bacchanales. Tant et si bien qu’il finit par passer l’arme à gauche.
Il devint pur esprit, de fait.


Espèces disparues (ou pas loin)

​Aucune espèce n’a vraiment disparue. C’est ce qu’elles veulent nous faire croire. En fait, elles nous manipulent dans l’ombre depuis la nuit des temps ; elles complotent, elles oudissent, elles plannifient. C’est pour cela que je veux vous prévenir. Il faut que cela éclate au grand jour, il faut que l’humanité sache que…

Excusez-moi, on frappe à la porte. Je reviens tout de suite.


Espèces disparues (ou pas loin) 

– Papa, c’est quoi qu’est écrit sur le panneau ?

– ça dit : « Homme (homo sapiens sapiens), origine Terre, espèce disparue »

– T’as vu comme il est moche ? Hahaha !

– Ne te moque pas, fiston. Et retire ton tentacule de la vitre. ça laisse des traces.


Espèces disparues (ou pas loin)

Isparhu (n.m., de l’Iranien, s’écrit également Ispahu) – désigne un habitant de la ville d’Ispahan (Iran, sud de Téhéran). Terme popularisé par le capitaine Braddock* comme insulte :
— Espèce d’Isparhu !

(* Je ne veux pas d’ennui avec la Moulinsart s.a.)


Espèces disparues (ou pas loin)

​- Oh, c’est quoi, cette lumière dans le ciel ?

– Une étoile filante. Vite, fais un voeux !

– D’accord. Je souhaite que tous les dinosaures vivent heureux ensemble pour l’éternité, et qu’il ne nous arrive rien de grave.


Espèces disparues (ou pas loin)

— Redites-moi pourquoi vous avez besoin de moi, déjà ? fit le savant fou à l’anthropologue.
Celui-ci se passa une main sur le visage. Discuter avec un savant fou est un exercice d’équilibriste mental assez fatiguant. Surtout lorsqu’il s’agit d’une négociation. Il lui répondit, en détachant bien chaque mot, comme s’il parlait à un enfant peu attentif.
— Je désire que vous me créiez une nouvelle espèce animale.
— De quel genre ?
— Peu importe. Je vous laisse libre. Mais ne vous lâchez pas trop. Il faut que ça reste crédible.
Boudant un peu, le savant fou reprit :
— Et, vous me dites que c’est pour la détruire après ?
— Pas détruite dans le sens «désintégrer». Il me faut des restes ; des bouts de squelettes, des reliquats et traces diverses. Qu’on puisse arriver à reconstituer l’animal par un long travail spéculatif.
Le savant semblait un peu perdu.
— Mais, pourquoi faire ?
L’anthropologue leva les bras et poussa un rire proche de la démence.
— Parce que, comme ça, moi aussi j’aurai découvert une espèce disparue ! Ils cesseront de se moquer de moi, à l’académie ! Mhouahahaha !
— Ah, mais, finit par dire le savant fou. En fait, vous êtes encore plus atteint que moi.


Espèces disparues (ou pas loin)

Il existe une espèce animale très mystérieuse, que les chercheurs n’ont pas classifié encore, faute d’en avoir trouvé la moindre trace. À vrai dire, ils ignorent encore son existence.
Il s’agit d’un petit mammifère, entre le rongeur et l’oiseau, qui aurait vécu probablement vers la fin du crétacé. Peut-être. C’est pas du tout sûr, en fait.
En fait, si on ne sait rien de cette créature, c’est surtout parce que lorsque fut organisé le grand concours planétaire de cache-cache, elle a gagné haut la main.
Certains la cherchent encore, paraît-il.


Espèces disparues (ou pas loin)

La seule raison pour laquelle l’ornithorynque n’a pas bêtement glissé dans la liste des espèces disparues, c’est que tous le monde le trouve rigolo. Et, les espèces disparues, c’est un sujet sérieux, grave. On n’y accepte pas les petits plaisantins.


Espèces disparues (ou pas loin)

​Les dinosaures se sont transformés en volatiles, les licornes en narvals ou en rhinoceros, et les dragons en varans. aucune espèce n’a vraiment disparue.

Et, si vous cherchez bien, le gentleman n’a pas non plus disparu. Il est en train d’écrire ceci…


Espèces disparues (ou pas loin)

Sur l’arche de Noé, les couples animaux choisis font connaissance… Les deux dinosaures, intimidés, se regardent avant que l’un des deux se décide à prendre la parole.
— Salut, moi c’est Régis.
— Enchanté, je m’appelle Maxime.
Un instant de silence gêné s’installe.
— Et merde…


Élections et autres pièges à cons

Le programme de ce candidat, s’il ne brillait pas par son élégance, avait au moins le mérite de la franchise :

« Avec moi, maintenant on vote le budget. Après, je me vautre dans les billets ! « 


Élections et autres pièges à cons

​Le monarque froissé, aux vêtements déchirés et à la perruque de travers était conduit sans ménagement à l’échafaud.

– Je n’ai fait que mon devoir envers le pays et le peuple. Je n’ai rien à me reprocher et,  s’il le fallait, je recommencerais !

Tentant de garder un semblant de fierté, il fut forcé à s’agenouiller et poser le cou sur le billot. Sans plus de cérémonie, le bourreau tira le levier. La lame, libérée,  chut et décolla tout net le royal chef. 

Au moment où la tête tomba dans le panier d’osier,  la foule hurla d’une seule voix :

– A voté ! 


Élections et autres pièges à cons

​Cet homme politique avait tant peur de perdre des points dans les sondages qu’il avait réussi à enfermé ses partisans dans des camps où ils s’occupaient à mettre des bouts de papier dans des boîtes. Il avait appelé ces centres des « isoloirs ».


Élections et autres pièges à cons

​Il avait fallu pas moins de trois représentants des forces de l’ordre pour faire enfin sortir le politicien passablement énervé, et quelque peu analphabète, de la bibliothèque municipale. Depuis le début de la matinée, il ne cessait d’arpenter les rayons, terrorisant à peu près tous le monde. 

On ne sait trop comment, mais il s’était persuadé que c’est en ce lieu qu’il trouverait plein des lecteurs. 


Élections et autres pièges à cons

​Au bar-PMU « La grivoise », deux chasseurs politiciens se relaxaient après une journée de chasse aux voix. 

– Dédé, t’en es à combien ? 

– 39.000, à l’appeau. Et toi, Lucien ? 

– 75.300, au référendum. 

– Bien joué, gars. Comme on dit, « Élections… 

– … Piège à cons ! » 

Et les deux de s’exclaffer bruyamment, puis de commander la tournée de Pastis suivante. 


Élections et autres pièges à cons

Cet homme politique, sans aucun scrupule ni aucune éthique, avait préféré recruter son cabinet de sondage non pas auprès de jeunes diplômés spécialisés dans les statistiques, mais plutôt auprès de proctologues. Il se disait qu’ainsi il serait plus près de la réalité.


Magie de Noël

C’est la nuit de Noël. Tout est blanc, brillant, scintillant. Le temps semble suspendu. Rien ne bouge autour du chalet rouge. Derrière, aucun vent n’anime les branches des trois sapins d’un vert vif. Le brouillard glauque masque le reste du paysage.
Soudain la terre tremble, un maelström met tout sens dessus dessous !
Et puis à nouveau le calme, à nouveau plus rien ne bouge. Sauf la neige qui tombe doucement maintenant.
C’est en permanence la nuit de Noël lorsqu’on habite un globe de neige.


L’Immortel

Les histoires les plus tristes sont celles dans lesquelles l’Immortel meurt à la fin. Mais j’aurais pas dû vous le dire.


Médecins, docteurs et charlatans

« Ne me cachez rien… Il me reste combien de temps ?
— Un jour… Deux tout au plus. Je suis désolé.
— Quelle ironie, vous ne trouvez pas ?
— Écoutez, on ne va pas revenir là-dessus…
— Moi qui ai vécu si longtemps. « Vous nous enterrerez tous ! » je les entendais dire, et c’est souvent ce qui leur est arrivé.
— Nous en avons déjà parlé avec le ps…
— Je vais disparaître, ce n’est pas une bibliothèque qui brûle mais le grand incendie d’Alexandrie !
— Bon, écoutez, tâchez de vous reposer. Je repasserai plus tard. »
Fermant la porte derrière lui, le médecin secoua lentement la tête. Quand le corps et la tête lâchaient, c’était un triste spectacle.
Seul dans sa chambre, revivant en souvenirs des centaines de vies passées, l’Immortel ferma les yeux pour la dernière fois…

Médecins, docteurs et charlatans

 Nicolas de Blégny, chirurgien du roy, devant l’aréopage d’étudiants :
« Tout bon praticien aura à cœur de fournir le remède sain au malade au moment adéquat. La manière de le prendre sera rédigé de façon obscure presque codée, et devra mentionner la docte heure. L’après cryption, vous remettrez l’ordre aux nonces afin qu’elles en suivent les instructions.  Ainsi vous lutterez efficacement contre l’âme enlaidie. »
Les apprentis-médecins fermèrent leurs cahiers et quittèrent la salle en silence, laissant le savant bien triste. Encore une fois, aucun élève n’aura ri de ses calembours.

L’Immortel

L’immortel élaborait le plan le plus compliqué, le plus parfait, le plus pointu et le plus compliqué pour conquérir le monde. Il passait tant de temps sur son projet que l’humanité pouvait dormir tranquille durant encore quelques millénaires.


%d blogueurs aiment cette page :