Archives de Catégorie: 06 Voisins, voisines

Voisins, voisines

« Des bonbons ou du bâton ! » je crie au monsieur qui a ouvert sa porte. Il me regarde bizarrement avec la bave aux lèvres. Il me tend un sac de friandises. « Tiens, v’là des bonbons. Maintenant, va chercher ta mère, je vais lui donner du… » BLABLABLABLABLA JE N’ENTENDS RIEN !

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Voisins, voisines

C’est Halloween. Et il ne me reste plus aucun bonbon !
Ding dong. Ce doivent être les quelques rares gosses du voisinage qui sonnent à ma porte. Vite vite ! Je ne voudrais pas passer pour un radin dans le quartier ! Même si, je dois le dire, des fois, j’aimerais pouvoir tous les tuer d’un coup, ces grands et petits cons, les faire disparaître, comme ça, zap, plus aucune trace. Mais ce n’est pas si simple…
Je défais les pastilles de leur emballage et ouvre la porte. Ce sont Antoine et Germaine, les deux gamins du voisin d’en dessous.
Avant qu’ils aient le temps de me casser les oreilles avec leurs histoires de « bonbons ou coups de bâtons », je prends ma grosse voix et leur dis :
— Allez, les enfants, on ouvre le bec ! Elles ne sont pas très sucrées, ces friandises, mais vous allez voir, elles détartrent super bien les dents ! Et si vous en voulez encore, il m’en reste plein…
Et j’enfourne dans la bouche de chacun une petite pastille de soude.


Voisins, voisines

C’est Halloween. Mes voisins petit-bonbons ne vont pas tarder à venir frapper de leur petit papier d’emballage à ma porte. Et moi, comme chaque année, je serai le plus généreux de l’immeuble ! Tonton Barbapapa va vous remplir vos sacs de friandises. Mais attention à l’indigestion. On n’avale pas tous ses petits enfants d’un coup. Promis ?


Voisins, voisines

Mon voisin avait les dents qui rayaient le parquet et pourtant, il se refusait à vivre dans une cage à lapins.


Voisins, voisines

Le type du dessus s’est suicidé. Pendaison. Je le sais, il se balance devant ma fenêtre, depuis son balcon. On s’est jamais entendus, lui et moi, et donc, de le voir là toute la journée, qui oscille avec le vent, ça m’emmerde un peu. M’étonnerait pas qu’il ait fait exprès de se mettre là rien que pour moi. Est-ce que c’est pas interdit, de gâcher la vue d’un voisin, comme ça ? Quand bien même j’en parlerais au syndic, on ne peut plus rien faire contre lui. C’est un futé. Qui se fout pas mal de son prochain. Ce qui m’arrange, c’est qu’il n’est pas vraiment mort dans son appartement. Ça me gênera moins d’emménager au-dessus, parce que vivre là où quelqu’un est mort, c’est jamais très engageant. Jusqu’à présent, à part celui du troisième qui s’est asphyxié dans sa voiture avec les gaz d’échappement et celle du sixième qui s’est défenestrée, tous ont eu le mauvais goût d’agir chez eux. Peu importe, plus que deux étages à présent, et j’aurai atteint le haut de l’immeuble. Le sommet. Et après ? Se trouver de nouveaux défis.


Voisins, voisines

Nous formons un grand réseau. Tous, nous sommes connectés. Nos messages parcourent les conduits du vide-ordure, nous codons nos besoins et nos envies en binaire et les transmettons via le réseau de plomberie, nous envoyons des phéromones déguisés en odeur de cassoulet, de soupe, de friture, nous annonçons la pluie en actionnant la chasse d’eau, la grêle en jetant des billes sur le parquet, le tonnerre en déplaçant nos armoires normandes. Nous affichons nos profils sur nos boîtes aux lettres et nous likons tous le monde quand nous nous croisons dans les couloirs. Nous partageons la santé du dernier petit, de la grand-mère, les souvenirs de vacances, le temps qu’il fait surtout, en laissant de jolis commentaires sur les murs. Et pour les transferts de données, nous utilisons l’ascenseur : une pression sur le bouton, et tout ce qui était en bas est en haut ; ou le vide-ordure : un click et tout ce qui était en haut est en bas. Nous avons chassé les bugs des caves, mais nous avons conservé les souris. Et nous stockons toutes les données dans la mémoire de l’eau du bain.
Bienvenue dans l’Immeuble 2.0. Notre avenir est radieux.


Voisins, voisines

Vous arrivez à votre étage, vous sortez vos clés, ouvrez la porte de chez vous… et là, deux personnes vous tombent dessus et vous volent votre appartement. Faites attention, recrudescence de flat jacking dans le quartier.


Voisins, voisines

Dans ma rue, rien n’est laissé au hasard. Mes voisins suicidaires habitent aux derniers étages… Les rez-de-chaussée avec vue sur la rue sont tous occupés par les exhibitionnistes. Moi, voyeur ? Bah, j’ai juste un appartement en angle, avec triple exposition.


Voisins, voisines

Mes voisins sont tous en peluche. Quand l’un est triste, tous les autres le serrent dans leurs bras. Ils sont doux et souriants, et ils chantent des chansons de Nolwenn Leroy.
Pourtant, parfois, poussé par la curiosité, l’un deux vient frapper à ma porte. Il lui faut faire preuve de beaucoup d’abnégation car je ne suis pas vraiment apprécié dans l’immeuble. J’ai une très mauvaise réputation. Ici comme ailleurs, on se méfie de la différence. Pourtant, on me tolère, moi, Ken, et ma femme, Barbie, car chez les voisins en peluche, même si on n’aime pas les gens en plastique, on reconnait que nous ne sommes pas aussi détestables que les autres. Nous, au moins, nous  savons nous tenir, respecter les autres, nous faire discrets, et, à défaut de nous intégrer, nous ne tentons pas d’imposer nos idées ou nos conceptions de la vie.
Chez les voisins en peluches, on n’est pas raciste. Oh, non ! Sûrement pas ! On est juste très con.


Voisins, voisines

— Heu, je suis le voisin d’en dessous, vous pourriez dire à votre voisin du dessus de se calmer un peu, ça devient franchement dur à supporter, là.
— Qu’est-ce que je devrais dire ? C’est moi qui suis prise en sandwich.


Voisins, voisines

L’ascenseur est tombé en panne entre le huitième et le neuvième étage. Nous étions trois à l’intérieur. La voisine du onzième, le jeune con du dix-huitième, et moi. En attendant les secours, nous nous sommes organisés. Nous avons rationné les provisions (heureusement, je revenais du marché, elle revenait de la superette). Nous avons aménagé l’étroite cabine afin que deux puissent dormir, tandis que le troisième restait en alerte. Malgré quelques désaccords et deux ou trois altercations, nous avons tenu bon. Puis la voisine a accouché d’une petite fille. Puis d’un garçon. Et d’une seconde fille. Qui ont eu à leur tour des enfants. Onze au total. Mais rien ne pouvait entamer notre détermination. Et quand l’équipe de dépannage est finalement intervenue, nous étions cent trente – cinq générations déjà. Mais j’étais mort depuis longtemps, comme ma voisine et le jeune con, et le syndic de l’immeuble a été bien incapable de savoir qui, de toute cette grande famille, devait payer les arriérés de charges de mon appart comme de celui du jeune con. Intelligemment, nous avions veillé à ne jamais reconnaître la paternité de cette nombreuse descendance. Par contre, pour le studio de la mère, ils ont douillé.


Voisins, voisines

Je vis avec mon frère. Il n’y a jamais aucune fille qui vient à la maison. C’est très pesant. Déprimant. Obsédant, même. À tel point que cela entraîne des malentendus pour le moins fâcheux. Comme hier.
Il ouvre la porte de l’appartement et me lâche :
— Tu sais quoi ? Gisèle, la voisine en bas rési…
La voisine en bas résille ? Je le bouscule, file dans l’escalier, vais baguenauder sous ses fenêtres en espérant arriver avant la fin du spectacle. Malheureusement, le rideau a déjà été tiré.
Je remonte en grommelant. Mon frère me regarde très bizarrement.
— Je peux savoir ce qui t’arrive aujourd’hui ? Je disais donc, Gisèle, la voisine en bas résilie son abonnement téléphonique : elle a trouvé un nouvel opérateur, encore moins cher !


Voisins, voisines

On a longtemps cru que le KGB avait des bureaux clandestins au rez-de-chaussée. En fait non, c’est juste la concierge qui fait son taf.


Voisins, voisines

Le quartier est tranquille. Propre. Les rues au cordeau. Les maisons alignées, identiques. La même pelouse devant chacune. La même voiture devant chaque garage. Le même sourire sur les visages. Ce qui me fait un peu flipper, c’est de voir ma femme chez chaque voisin.


Voisins, voisines

Son ancien voisin de cellule avait détourné de l’argent dans les troncs d’église. En soi, ça n’était déjà pas fameux. Mais son nouveau voisin de cellule était pire encore, il avait violé des enfants. Non, décidément, il était vraiment glauque, ce monastère.


Voisins, voisines

Mes voisines sont belles comme des fées voluptueuses, offertes comme des princesses endormies, entêtantes comme des spectres de désirs, lascives comme des nymphettes en nuisettes. Je vais libre, passionné, batifolant parmi ces étages de forêts enchantées, grattant à la porte de leur donjon de pierre moussue, frissonnant à l’idée de caresser leur ceinture de chasteté dont la Sainte Clef est cachée quelque part dans les sombres souterrains, là où demeurent les impitoyables hommes-poubelle. Ah, ma tête est légère du vin de l’envie, mon corps tournoie quand, dans les dédales de couloirs et de raides escaliers, leurs sourires engageants aiguillonnent mon cœur. Je vis, je courtise, je suis le troubadour qui chante des futurs de passion et de lucre. Nous vivrions, elles et moi, un véritable conte de fées s’il n’y avait pas leur mari pour peser de toute leur lourdeur sur mes fantaisies, et contraindre mes rêves à reprendre le morne chemin de la réalité. D’un bon coup de poing sur le nez.


Voisins, voisines

Ding dong, Monsieur Fuentealba. Je suis votre voisin d’à côté. Est-ce que vous pourriez me dépanner d’une micronouvelle ? Non ? Bon, je vais voir chez Monsieur Berrouka, alors.


Voisins, voisines

J’invite les voisins pour la fête du quartier. Les occupants du cimetière attenant ne sont pas du genre dérangeant, mais la cuisine faite maison qu’ils ont apportée est périmée depuis bien longtemps.


Voisins, voisines

Dansons la capucine, y a pas de vin chez nous, y en a chez la voisine, mais elle est déjà au lit avec le voisin d’en dessous.


Voisins, voisines

Le voisin au bout de la rue est un musulman, j’en suis sûr. Je l’ai vu faire entrer un mouton, chez lui, une fois, et il n’en est jamais ressorti. Je jurerais qu’il l’a égorgé dans sa baignoire. Et puis il bat sa femme. Je l’entends gueuler de temps à autre.
Le voisin à côté de chez moi, c’est un juif. Depuis qu’il a emménagé, il y a trois ans, les disparitions d’enfants ont commencé. Je ne dis pas que c’est un bouilleur de nourrissons… pas sans preuve. Mais j’espère bien en trouver, des preuves !
Et moi ? Je suis un bon catholique ! Je compte bien conduire tout ce petit monde (parents et rejetons) aux bûchers de l’Inquisition !


Voisins, voisines

Les Duflan se moquaient bien de vivre au 13e étage. Ils ne voyaient vraiment pas ce qui pourrait leur arriver, ils n’était pas superstitieux.
Ce n’était pas le cas des autres propriétaires qui, par prudence, votèrent à l’Assemblée Générale la suppression de l’étage. Les Duflan se retrouvèrent à la rue.


Voisins, voisines

On retrouve trace du voisin dès le jurassique. Le brontosaure fit le premier les frais de cette irascible créature. Sous prétexte d’avoir le pas lourd, il fut expulsé de l’appartement luxueux qu’il occupait au douzième étage.


Voisins, voisines

Mes voisins sont très polis. Et très cons, aussi. Je peux leur faire gober n’importe quoi ! Lors de la fête des voisins, je ramène un plein saladier de scolopendres, chenilles et autres larves. La plupart font comme si de rien n’était et évitent de regarder le plat grouillant, mais certains poussent la courtoisie jusqu’à goûter les insectes que j’ai apportés. Je sais bien que j’ai une tête de rastaquouère, mais pensent-ils vraiment que j’ai apporté une spécialité de mon pays ? Croient-ils vraiment que je suis un Indien d’Amazonie ?


Voisins, voisines

Depuis que l’appartement du dealer de coke du vingtième a explosé, les enfants font du ski dans l’escalier.


Voisins, voisines

Ça hurle dans l’appartement du dessus. Le bruit d’une scie circulaire se met à rugir. Les cris s’intensifient. Des cris de souffrance. La scie fait trembler les murs. À moins que ce ne soit une tronçonneuse. Je ne fais plus la différence, tout ce boucan me file un mal de crâne impossible. Et voilà que maintenant du sang dégoutte du plafond. C’est quoi, ce voisin ?! Est-ce que je dois appeler le syndic ? Les flics ?
Bon, je dis rien cette fois-ci, mais c’est bien parce qu’il s’occupe de la chieuse du premier.


Voisins, voisines

J’essaie de dissuader mon voisin du dessus de prendre ses médicaments contre la rhonchopathie chronique. M’en fous, moi, que ça puisse se transformer en apnée du sommeil et que, d’ici à quelques années, il puisse en mourir ! Non, mais quel égoïste… Moi, c’est tout de suite, que j’ai besoin de lui ! En effet mon réveil est cassé et, en temps normal, tous les matins à 7:02, il s’arrête de ronfler, ce qui m’arrache aux bras de Morphée, frais et dispo pour aller travailler. S’il ne ronfle pas de la nuit, j’imagine déjà les infernales nuits blanches que je vais passer !


Voisins, voisines

C’est un quartier tellement agréable. Des maisons splendides, des pelouses bien vertes, des voisins charmants, toujours souriants. Que des gens de bonne compagnie. Une résidence pavillonnaire très propre, calme et sûre. Les espaces arborés sont très bien entretenus. La vidéoprotection assure la sérénité de tout un chacun. L’architecture est sobre et plaisante, les miradors s’intégrant discrètement au paysage. Les murs sont solides – hauts et épais. Tout le monde se plaît ici. Tout au plus sera-t-on gêné par l’odeur piquante qui sort de loin en loin de la cheminée du petit bâtiment à l’écart des habitations – où sont invités les rares grognons.


Voisins, voisines

Depuis que mon voisin fakir a décidé de sacrifier la tradition à la modernité, j’ai quelques problèmes pour trouver le sommeil. Il faut dire que s’assoir sur des marteaux-piqueurs, même si c’est assez postmoderne dans le concept, c’est un peu plus sonore que poser son cul sur des clous.


Voisins, voisines

Dès qu’il sort dans son quartier sans ses lunettes, le paranoïaque myope est persuadé qu’on en veut à sa personne. Qui sont tous ces inconnus qui lui adressent la parole, lui tapent sur l’épaule, veulent lui serrer la main et le saluent ? On ne peut pas lui foutre la paix, tout simplement ? Il déteste vraiment ces troubles du voisinage !


Voisins, voisines

Dans les geôles du donjon, au milieu de la pisse, de la crasse et de la mort, les problèmes de voisinages sont récurrents. Pas une seconde sans un râle, un cri d’agonie, une flopée de supplications. Décidément, le respect de l’autre (et de son calme surtout) n’est pas une valeur que l’on cultive parmi les prisonniers. J’en suis à me boucher les oreilles avec les doigts arrachés au précédent occupant. Si l’idée de déménager m’a plus d’une fois effleuré, le propriétaire fait valoir que le bail que j’ai signé, sous la torture certes, m’engage à occuper les lieux jusqu’à ce que mort s’en suive (ce qui, d’après lui, ne devrait plus tarder). Si au moins le bourreau avait la bonne idée de couper les langues des autres locataires… Mais ne rêvons pas, il manque furieusement de bon sens. En attendant, je vis un véritable enfer.


Voisins, voisines

NUISANCES EN TOUT GENRE
Quand mon voisin coupait sa musique vociférante à 22:00 pétantes, c’était pour commencer à cuisiner des plats nauséabonds qui embaumaient dans tout l’immeuble en mijotant pendant des heures.


Voisins, voisines

Il attend avec son sécateur. Une branche de notre prunier qui dépasse chez lui, il la coupe. Le ballon des gamins qui atterrit dans son jardin, il le crève. Un drap à sécher que la brise fait flotter par dessus la haie, il le lacère. On tend la main pour lui dire bonjour… non, on ne le fait pas.
Là où on se dit que ça va vraiment pas, c’est quand il fait claquer les lames de son outil sur la fumée du barbecue.


Voisins, voisines

Quand l’ogre du huitième invite la famille zombi du seizième, je sème des fraises tagada devant sa porte. Un petit coup de pouce pour contribuer à la réussite de la soirée, entre voisins, ça ne fait pas de mal. Enfin si, mais pas à moi.


Voisins, voisines

Ça sent vraiment mauvais depuis quelques jours. Comme un corps en décomposition. Un voisin mort ? Pourtant, celui du dessus continue de sauter dans tous les sens en mettant sa techno à fond ; ceux de gauche font l’amour toutes les nuits ; j’ai croisé celui de droite ce matin – lui aussi trouve que ça sent, d’ailleurs ; et celui du dessous s’engueule tous les soirs avec sa femme.
« Chérie, tu trouves pas qu’il y a comme une odeur ? » je demande. Sans espoir qu’elle me réponde. Cette feignasse n’a pas quitté le lit depuis une semaine.


Voisins, voisines

Quand je croise monsieur Morteau dans l’ascenseur ou dans le hall, je lui fais toujours un grand sourire en le saluant. Après tout, c’est quand même grâce à lui si notre famille a le téléphone, Internet et l’électricité… même si, bien sûr, il n’est pas au courant de cela.


Voisins, voisines

Mes trois voisins de palier sont des ours. Ils puent le fauve, ils ne sortent jamais de leur appart, ils grognent dès qu’on approche de la sonnette. J’ai laissé des pots de miel devant leur porte, des fois que ça les rendrait plus sociables. Mais la seule chose qui les calme, ce sont les blondinettes aux cheveux bouclées. Pas question de me compromettre dans des affaires de pédophilie.


Voisins, voisines

Ce qu’il y a de pénible avec le voisin du dessus, c’est que dès qu’il marche, j’entends sa jambe de bois claquer sur le parquet. Et puis il beugle ses jurons de marin à tout bout de champ. Sans parler du perroquet qui braille à tue-tête. Mais le pire, c’est bien que tout l’immeuble tangue.


Voisins, voisines

Avec la pluie diluvienne qui tombait sans discontinuer depuis deux semaines, on ne pouvait pas sortir sans prendre une barque (qu’on passait par la fenêtre du premier étage). Ce n’est que lorsque je vis la maison des voisins s’éloigner au loin, portée par les flots, que je compris pleinement le sens du mot « pavillon ».


Voisins, voisines

Le voisin d’en dessous me dit :
« Vous parlez trop fort, votre télé m’explose les tympans, vous écoutez votre musique à des volumes sonores inacceptables, vous faites des pogos dans l’appartement chaussé de pompes de ski, vous hurlez plus fort qu’un coyote quand vous vous envoyez en l’air. Il faut que tout cela cesse ! »
Je lui réponds, un peu vexé quand même :
« Je ne parle pas trop fort je suis muet, je n’ai pas de télévision les huissiers ne m’ont laissé qu’un vieux poste de TSF sans les piles, je n’écoute que des adagios de Mahler au casque la tête sous un oreiller, je ne danse ni ne piétine car je suis cul-de-jatte, je n’ai plus connu une seule fille depuis vingt ans (je suis trop timide, elles sont trop belles, je suis trop laid, elles m’effraient à être si entreprenantes). Je ne fais aucun bruit, aucun, et seul le jour où je déciderai d’en finir, la vie étant résolument une torture pour moi, vous entendrez le bruit du tabouret qui tombe alors que je balancerai à la tringle à rideaux. Vous avez donc dû vous tromper d’étage. »
Mon voisin baisse la tête et s’excuse platement. Je referme la porte et je fonce vers le placard pour libérer la troupe de farfadets des enfers et de lutins-fuckoff avec qui, chaque soir, j’explore les limites du pogo-partouze-libération du cri primal-concert de death metal-beuglements de bourrins bovins avinés devant un match de bière. Et j’enfile mes chaussures de ski en remerciant le voisin de cette suggestion inspirée.


Voisins, voisines

C’est vraiment bien, pour les enfants, ce parc en bas de l’immeuble. Ils peuvent courir, s’amuser, se dépenser. Ça ne vaut pas la campagne, mais ils auront toujours meilleur goût qu’élevés en batterie.


Voisins, voisines

LIRE ENTRE LES LIGNES (DE LA MAIN)
Depuis que j’ai accroché des chapelets d’ail sur le heurtoir de ma porte d’entrée, le voisin d’en face ne vient plus à n’importe quelle heure du jour et de la nuit pour me réclamer un litre de lait ou de sang. Peut-être aussi que ça l’a calmé, la chauve-souris que j’ai clouée sur sa propre porte.


Voisins, voisines

J’entends gratter et galoper dans les murs. Je retrouve de la nourriture entamée dans les placards et le réfrigérateur. Et des petites crottes autour. Il y a des rats dans l’immeuble, j’en suis sûr.
Je mets en place du poison et des pièges. Au matin, mes voisins pleurent la mort de leurs rejetons faméliques.


Voisins, voisines

RAS-LE-BOL
On est plusieurs centaines à vivre dans un phalanstère régi par les théories communautaires de Fourier. On se répartit toutes les tâches. Autant dire qu’on ne paie pas de charges de copropriété! Mais quelqu’un peut m’expliquer pourquoi c’est toujours sur moi que ça tombe, pourquoi je me coltine toujours la sale besogne ? Quand une famille dépasse le quota de deux enfants par appartement, c’est toujours bibi qui se retrouve, quels que soient les plannings de travail et les équipes en poste, à devoir balancer les bébés dans l’incinérateur !


Voisins, voisines

Il doit y avoir une porte dimensionnelle dans les chambres de bonne du dernier étage. Chaque matin, ce n’est pas moins de dix travailleurs immigrés qui sortent de chacune.


Voisins, voisines

Le lourdingue du onzième n’a jamais connu un savon de son vivant. Étrangement, son fantôme sent la lavande. Je me demande si le fan de hard rock du vingt-deuxième se mettra à me chanter du Mozart une fois que je l’aurai, lui aussi, passé à la moulinette.


Voisins, voisines

Je ne vois pas pourquoi on fait tant d’histoires à propos des maisons hantées. Devenu fantôme, mon voisin frappait les murs de sa demeure, hurlait et faisait un tapage de tous les diables, à toute heure. Comme de son vivant.


Voisins, voisines

Ulcéré par le bruit, je descends et tambourine à la porte. Le voisin d’en dessous fait un boucan de tous les diables. En voyant ses cornes sur la tête et sa queue fourchue, je comprends mieux. En même temps, à quoi je m’attendais, je vis au rez-de-chaussée.


Voisins, voisines

Le voisin du trente et unième a une passion pour le saut à l’élastique. Ce qui tombe bien : celui du quinzième est un fan invétéré de tir au pigeon. Ces deux-là vont bien finir par se rencontrer.


Voisins, voisines

Mon plus proche voisin habite à 273 km. Autant dire que, quand je vais lui rendre visite, j’ai l’impression de partir en vacances.


Voisins, voisines

La sonnette m’a réveillé en plein après-midi. Ce n’est qu’après lui avoir prêté ma salière, refermé la porte sur son minois un brin déçu, et m’être recouché que mon cerveau en sommeil a daigné réellement comprendre ce que mes oreilles avaient perçu. C’est du sexe que ma jolie voisine était venue me demander. Et merde !


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