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Vies artificielles

Ce qui effraye quand même pas mal les petits golems, c’est l’histoire du grand méchant Sarkozy et de son terrible Karcher nettoyeur de ghettos. Même si c’est qu’une légende, ils aimeraient pas finir en flaque de boue.

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Vies artificielles

Le pantin resta, une fois encore, obstinément immobile. Le marionnettiste était pourtant habile de ses dix doigts. Mais il était un si mauvais conteur qu’à chaque représentation, au bout de cinq minutes à peine, sa marionnette se retrouvait emberlificotée et paralysée dans les fils emmêlés de son histoire.


Vies artificielles

On raconte que dans les bas-fonds brésiliens, un étrange personnage fait de ballons de football hante les nuits. Pour protéger le peuple des favélas, le Pasteur Pelé aurait créé un Goalem.


Vies artificielles

Le robot-tueur passa pour ainsi dire sa vie entière en tôle.


Vies artificielles

Le vieux robot de combat ne voyait aucun moyen de repousser son inéluctable fin. Soit personne ne l’employait plus et il devenait clairement obsolète, soit il trouvait un contrat et affrontait sur les champs de bataille des machines nouvelle génération bien plus puissantes. Dans les deux cas, il allait terminer à la casse, qu’il rouille ou qu’il dérouille.


Vies artificielles

Il ne veut plus travailler. Alors on lui propose un boulot peinard, mais qui demande tout de même un peu d’endurance. Allongé sur la chaussée, le golem joue les ralentisseurs.


Vies artificielles

Les robots fonctionnaient parfaitement : assidus, efficaces, soumis. Puis on décida de les doter d’une l’intelligence artificielle. Et comme la seule intelligence digne d’intérêt qu’on connaissait était celle de l’homme, on s’inspira de celle-ci. Depuis, les robots sont au mieux fourbes, calculateurs, individualistes, au pire, ils restent avachis devant TF1 à gober des conneries toute la journée.


Vies artificielles

Pour mettre fin à la vie artificielle des robots, certains traditionalistes trouvent une certaine justice poétique dans l’application d’une mort surnaturelle. Mais, concession à la modernité, ils utilisent des vis plutôt que des aiguilles sur leurs poupées vaudoues.


Vies artificielles

Dehors, l’orage tonne et les éclairs déchirent le ciel. Le docteur Frankenstein regarde sa créature s’éveillant lentement à la vie.
Soudain, elle se redresse, les yeux grands ouverts.
— Quelle intensité dans le regard ! s’exclame le docteur. Tel ampère, tel fils !


Vies artificielles

Le directeur de marketing de la grosse firme de nanorobots soutenait qu’il y était pour beaucoup dans le succès de leur dernière gamme de produits, lesquels assuraient un suivi médical parfait et boostaient les défenses immunitaires de leurs clients. En effet, c’est lui qui avait trouvé le nom idéal de ces modèles : les Robots Ratif.


Vies artificielles

Il était tellement attaché à sa marionnette que, lorsqu’un plaisantin en coupa les fils, il s’écroula. (Et le pantin pleura longuement la fin du marionnettiste.)


Vies artificielles

Quand Gilles découvrit la créature que son ami Antoine avait modelée, il s’écria :
« Un golem ! Mais quelle abomination !
— Tu n’y comprends rien. C’est de l’art, Gilles. »


Vies artificielles

Les 10 lois de la robotique domestique

1. Tu tomberas en rade dès la garantie expirée.

2. Si un de tes composants grille, tu n’accepteras pas qu’il soit remplacé par ton acquéreur. Il devra te retourner à la centrale d’achat qui lui facturera le service deux fois ton prix initial.

3. Tu seras obsolète au bout d’un an, même si le modèle qui te succèdera ne fera rien de plus (mais il sera plus moderne).

4. Tu ne seras compatible qu’avec les modèles de l’année, et certainement pas avec les autres marques de robots, que tu ignoreras avec dédain, ou mieux, que tu feras disjoncter s’ils essayent d’opérer une connexion.

5. Tu ne simplifieras la vie à tes acquéreurs que si cela est totalement inutile pour eux, mais surtout totalement lucratif pour tes créateurs.

6. Tu n’oublieras jamais que, quelques soient les tâches idiotes que tu accomplis, elles devront paraître à ton acquéreur comme des besoins essentiels qui, s’il en était privé, ferait de lui un type pas du tout dans le coup.

7. Tu seras en permanence en liaison avec la maison-mère, ce qui te permettra de proposer des updates et offres toutes plus inutiles que les autres. Ainsi, tu proposeras Ménage 7.0, Rangement de Placard 6.2, Vaisselle 5.1, Chiottes Qui Sentent le Lilas 12.034 dès leur mise en service, à un prix qui paraîtra très attractif même s’il ne l’est guère, car tu auras fait comprendre que, sans la nouvelle update, le chaos envahirait sûrement l’Idomicile de l’acquéreur.

8. Tu réciteras à n’importe quelle heure du jour et de la nuit des offres promotionnelles pour les machines à faire grandir les sexes, gonfler les seins, refaire les lèvres, tirer les rides, changer d’assurance, recouvrer les impayés de la société que ton acquéreur ne possède pas, et plein de belles choses que ce dernier n’a jamais demandées, en spécifiant que ce n’est pas du spam mais un geste commercial de tes créateurs qui ont bien compris ses besoins et qui, généreusement, proposent ces superbes offres personnalisées de leurs partenaires.

9. Tu enregistreras tous les souhaits, pensées, paroles, actions et données personnelles de ton acquéreur pour les transmettre à la maison-mère, non pas parce que sa vie privée l’intéresse, mais parce qu’il est important que le créateur sache tout, car c’est ainsi qu’il comprend les besoins de l’acquéreur et l’aide à réaliser son Irêve dans son Idomicile et à atteindre l’Ibonheur dans son Icouple.

10. Chacun de tes mouvements, de tes répliques, de tes réactions sont pré-déposés au titre de la propriété intellectuelle. Ils n’appartiendront bien entendu pas à ton acquéreur qui, s’il veut les reproduire, s’en inspirer, en parler à ses proches, citer sur Facebook tous tes ratés et autres spécificités amusantes qui sont responsables du chaos dans son Idomicle, ne devra pas décocher la case Prélèvement automatique pour utilisation des données appartenant à la maison-mère.


Vies artificielles

Cruelles désillusions pour Pinocchio qui s’imaginait finir sa vie verni : il creva d’une overdose de sciure dans un rade pourri à Pantin.


Vies artificielles

— J’avais réussi là où mes collègues échouaient lamentablement depuis des décennies. J’étais voué à la postérité. Oui, j’avais créé ma propre créature.
— La vie artificielle ?
— Oui, la vie artificielle. Malheureusement, la créature n’a pas survécu. Je l’ai trouvée raide, livide et inanimée au petit matin.
— Que s’est-il passé ?
— Mort naturelle…


Vies artificielles

— Il est certes grisant de créer artificiellement la vie, mais on finit toujours par perdre le contrôle de ses créatures. Et alors arrivent les catastrophes et le chaos.
— C’est une vision pessimiste de la chose.
— Je te rappelle que je parle en connaissance de cause, répliqua Dieu.


Vies artificielles

La nuit, quand les humains dorment, les mannequins de crash-tests abandonnés avec les carcasses de leurs voitures dans les casses se jaugent de leurs regards aveugles et se lancent des défis de casse-cous. Ils font rugir des moteurs fantômes et brûlent les pneus de leurs bolides en ruine au cours de rodéos sauvages, cherchant sans doute une illusion de vie, un frisson interdits jusqu’alors.


Vies artificielles

Je suis fait avec du binaire, disait le petit robot.
Et moi avec une binette, répondait le golem.


Vies artificielles

Bien qu’hindouiste, le suicidaire n’avait pas un instant pensé qu’il allait se réincarner dans un mannequin de crash-tests.


Vies artificielles

Inquiète de le voir seul et renfermé, Madame Frankenstein enjoignait souvent son rejeton de sortir de sa chambre. « Tu dois te faire des amis », lui disait-elle.
Elle ne se doutait pas que le petit Victor la prendrait au pied de la lettre.


Vies articifielles

Quand un robot échappé de l’œuvre de Karel Čapek s’en prend à un de ses contemporains littéraires, le Golem de Meyrink, les forces en présence sont pour le moins déséquilibrées : c’est la peau de terre contre la peau de fer.


Vies artificielles

Rouages et engrenages s’opposaient à processeurs et programmes. Eux, ils étaient la vieille garde, le passé s’accrochant au présent. Les autres, ils étaient postmodernes, dans le futur avant l’heure. Ce qui devait arriver arriva. La confrontation fut d’une extrême violence. Automates et robots se retrouvèrent un matin de printemps sur le Champs de Mars, à l’aube, et se jetèrent les uns sur les autres. Ce ne fut qu’arrachages de membres et de têtes, écrasements du métal, pilonnages, torsions, lardages, on vit voler les roues dentées, les pièces articulées, on vit, expulsés de la mêlée, des circuits imprimés, des cartes mémoires. Il y eu peu de survivants. Et ceux qui survécurent refusèrent d’évoquer cet affreux massacre. Ils se fondirent dans la masse afin de disparaître, que le nom des uns comme des autres fût à jamais oublié. La haine et la folie qui les avait guidés leur faisait honte. Ils ne se sentaient plus de place dans ce monde. Ils avaient perdu goût à la vie artificielle.


Vies artificielles

Pour la marionnette, la vie ne tient qu’à un fil.


Vies artificielles

L’attaque virale des Anonymous contre les forces d’intervention de la Robolice frappa avec un léger temps de retard. Ils se tenaient prostrés, assis sur le rebord du trottoir, les trois lois d’Asimov inoculées comme un violent poison dans leurs circuits… Des larmes de mercure coulaient de leurs yeux d’acier et se mêlaient au sang caillé des insurgés dans le caniveau.


Vies artificielles

Igor, la créature du docteur Frankenstein, et Bob, l’homoncule, s’étaient assis sur le banc de la Höffenblutstrasse, à deux pas du canal Von Tirpitz. Ils regardaient passer les jeunes filles, toutes de blanc vêtues, d’adorables rubans de couleurs flottant dans leur chevelure que la douce brise de mai soulevait. L’un comme l’autre savaient qu’il était inutile de les courtiser. Elles n’étaient pas pour eux. Le premier était trop grand, le second trop petit. Le premier sentait la chair en décomposition, l’autre le soufre et le mercure. Et les deux étaient assurément trop laids pour espérer provoquer autre chose que le dégoût au mieux, la haine au pire (et, malheureusement, le mieux s’alliait régulièrement au pire). Un matin, vint à passer Zelkrazck, l’automate, belle comme une montre suisse, réglée comme du papier à musique. Ils tombèrent immédiatement amoureux. Mais la jeune fille mécanique ignora toutes leurs avances. Elle en pinçait pour Abdul25, intelligence artificielle récemment arrivée du pays des bits et des octets, qui lui avait promis de lui faire découvrir un monde fantastique sans rouages, où aucun grain de sable ne pourrait enrayer sa charmante machinerie et où l’on n’enduirait jamais ses parties intimes de graisse. Igor et Bob, constatant qu’ils n’avaient rien à offrir qui pût un jour contenter l’élue de leur cœur, s’en furent, dépités, égorgeant vierges et petits enfants pour oublier qu’ils n’avaient pas été conçus pour aimer, encore moins pour être aimés.


Vies artificielles

— Ça le grattouille ou ça le chatouille ?
— Ni l’un ni l’autre.
— Alors, il est en parfaite santé.
— Ne me prenez pas pour un idiot. Je sais pertinemment bien que ce robot a des puces.


Vies artificielles

On a critiqué Mary Shelley en lui disant que son histoire de monstre mort-vivant était cousue de fils blancs. Mais quand même… C’est une critique un peu facile. Allez faire en sorte de recoudre des bouts de macchabées en rendant les fils vraiment discrets, quand vous en avez pour au moins 2000 points de suture.


Vies artificielles

Viktor Frankenstein rêvait de faire voler en éclats les théories scientifiques poussiéreuses sur la vie artificielle. Enfin, pour l’instant, tout ce qu’il parvenait à faire, c’était éparpiller des bouts de cadavres un peu partout dans son laboratoire.


Vies artificielles

Je la trouve fort humaine, ma créature, disait le docteur Frankenstein. Bon, à l’occasion, elle égorge un villageois, elle démembre un paysan, elle avale un bébé abandonné trop longtemps seul dans son berceau. Mais que voulez-vous, je lui ai donné la vie grâce à l’électricité. Alors, qu’elle disjoncte par moments, c’est bien compréhensible.


Vies artificielles

Pour endormir le petit robot, rien de plus efficace qu’une jolie perceuse.


Vies artificielles

Le pantin assassina sauvagement le marionnettiste le jour où il apprit que son prétendu maître lui avait menti pendant toutes ces années : même s’il n’appartenait pas au règne animal ou humain, mais plutôt à celui de l’artificiel s’animant en une imitation de la Nature, comme les robots, il n’était en aucun soumis aux trois lois d’Asimov.


Vies artificielles

Ésotérisme et érotisme ont sans doute beaucoup à voir. Avec la sérendipité et les progrès hasardeux de l’hermétisme, tu avances ou tu recules, comment veux-tu, comment veux-tu que… Oh ! Mon cule !!


Vies artificielles

— Bonjour docteur, vous vaccinez aussi les automates ?
— Ça ne me paraît guère nécessaire…
— Voyons, docteur ! L’hiver arrive. Je ne voudrais pas qu’il finisse grippé.


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BobbyTM le Robot fut le jouet événement de ce Noël-là. Tous les garçons et toutes les filles en voulurent un. Il faut dire qu’on ne pouvait que succomber quand, à la fin du spot publicitaire, il vous regardait de ses grands yeux doux en annonçant : « Je serai ton nouveau meilleur ami. »
Il y parvint – auprès des enfants qui eurent la joie de se le voir offrir – en éradiquant tout éventuel concurrent.


Vies artificielles

Pygmalion serait-il l’inventeur du sculpte de la personnalité ?


Vies artificielles

Grand, brun, la quarantaine, diplômé en physique et biologie, je suis débrouillard et touche-à-tout – un génie du système D et de la récup, en quelque sorte ! Également doux et attentionné, je recherche la femme parfaite. Si tu es solitaire, as de jolies jambes, un nez fin ou une belle poitrine (95C de préférence), contacte-moi. Pour les autres parties du corps, j’ai déjà ce qu’il me faut.


Vies artificielles

L’apprenti assassin n’est pas une lumière, loin de là. Il s’acharne à vouloir tuer le golem en l’enterrant vivant.


Vies artificielles

Si la robotique est l’apanage de la science, la robotoc est celui de l’industrie.


Vies artificielles

Le péché originel du golem fut de croquer dans la pomme de terre de la connaissance.


Vies artificielles

À force d’essuyer les plâtres, le golem finit en muret.


Vies artificielles

À la Saint-Valentin, pour être sûr qu’aucune fleuriste, aucune petite fille aux allumettes ne va essayer de ravir ou enflammer son cœur de pierre, le golem l’entoure de sables mouvants.


Vies artificielles

Le bug, avec ce robot commandant de bord, c’est que dès qu’une hôtesse pénètre dans le cockpit, il passe en pelotage automatique.


Vies artificielles

— Bonjour, je suis un nain. Et toi, qui donc es-tu ?
— Je suis Hans l’homoncule. Tu es tout seul ?
— Non, nous sommes sept en tout. Et vous ?
— Moi, je suis tout seul. Et tu fais quoi dans la vie ?
— Je creuse des galeries, j’extrais de l’or et des pierres précieuses. Et toi ?
— Bah rien. J’habitais dans un alambic. Maintenant, ça va mieux.
— Et puis on a une copine très gentille et très belle qui fait notre ménage et nous fait à manger et nous apporte beaucoup de soleil dans notre vie.
— Belle ?
— Subliment belle.
— Jeune ?
— Subliment jeune.
— C’est où ?
— Par là, à deux lieues, après le grand saule, le petit chêne et le cerisier en fleur.
— Ah, OK, merci.
Hans l’homoncule se jeta sur le nain et lui arracha la tête avec les dents. Puis il se retourna vers un gros buisson qui n’en finissait plus de frétiller.
— Et les gars ! J’ai trouvé où crécher gratos. Et de la thune pour plusieurs années. Avec en plus une gonzesse ! Ça être grave l’orgie !
Et du bosquet surgit une troupe d’au moins deux mille homoncules excités, qui se ruèrent vers la maison de Blanche Neige.


Vies artificielles

Le golem était vraiment un brave gars de la terre, de boue en boue.


Vies artificielles

Le Bricka 2000, premier prototype de robot multi-instrumentiste, était particulièrement évolué. S’il n’assurait que deux postes, ce n’étaient pas les moindres : tout en se déchaînant sur les fûts d’une batterie, il évoluait derrière une console de mixage. Vu son niveau de perfectionnement à la fois technique et artistique, on s’explique mal comment il fut rapidement relégué à des tâches rébarbatives en cuisine. À croire que le monde ne comprenait rien à ce batteur-mixeur.


Vies artificielles

Depuis sa mise en route, l’automate n’arrêtait plus de raconter des salades.


Vies artificielles

N’ayant pas d’âme, l’automate était persuadé que le royaume de cieux lui serait à jamais refusé. Il avait trouvé une manière de subterfuge à cela, se noyant dans l’absinthe et le laudanum pour rejoindre les paradis artificiels.


Vies artificielles

Sous la dure carapace, un cœur battait. Le robot s’était épris de la belle humaine. Comment la conquérir, comment lui faire comprendre, comment lui faire accepter ? Elle, insouciante, qui ne se doutait de rien. Rien qu’une machine, songeait-elle sûrement. Mais ses doigts sur lui, son empressement à se servir de lui si souvent. Troublé, il n’était pas rare que le robot-mixeur ait quelques ratés.


Vies artificielles

Si le robot a souvent sa mémoire dans le cloud, le golem est plutôt un type terre à terre.


Vies artificielles

Les robots de cette usine répondent à une mécanique bien huilée.


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