Archives de Catégorie: 12 Diables, démons et diablotins

Diables, démons et diablotins

— Sors de ce corps, ordonna l’exorciste, en brandissant sa croix sous les yeux de l’énergumène.
Bonne patte, quoi qu’assez griffue, la créature des Enfers ne se fit pas plus prier – en bon démon qui se respecte, elle détestait ça, la prière. Elle se tailla un chemin dans cette barrière de viscères et de chair, relâchant à la fois le possédé et les tripes de ce dernier à l’air libre.

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Diables, démons et diablotins

Jésus, déguisé en témoin de Jéhovah, frappe à la porte de Belzébuth, déguisé en femme de ménage.
— Bonjour, je vends des aspirateurs.
— Ils aspirent quoi ?
— Tout !
— Même les âmes ?
Jésus s’étonne un instant de la question, puis :
— Tout… Donc, oui, même les âmes.
— Super ! J’en prends vingt. J’adore passer l’aspirateur.
— Parfait ! Signez là.
Belzébuth signe. Jésus enlève son déguisement.
— Madame, j’ai l’heureux privilège de vous annoncer que vous venez de vous engager pour un boulot de Sainte Ménagère pour l’éternité. Dès votre mort, vous monterez au Ciel et serez affectée à la section anti-acariens, division « Nuages Immaculés », atelier « Blancheur et Pureté ».
Belzébuth enlève son déguisement.
— Ha ha, Jésus, je t’ai bien eu !
— Oh non, pas lui ! Il va encore nous coller des mouches partout.


Diables, démons et diablotins

— Mon vieux Gargül, je reconnais bien là ta patte. Une petite possession comme tu les aimes : le type qui gigote, qui s’excite, qui crache des insanités et des absurdités… Une marionnette entre tes mains démoniaques, prompte à tous les plus vils agissements.
— Je t’arrête tout de suite, mon pauvre Barvŷl, je suis à la retraite depuis un demi-siècle.
— Sérieux ? Mais quand même, le petit chef d’État, y a bien quelqu’un qui s’en occupe ?…


Diables, démons et diablotins

À Demoninox, démon mineur, il avait été demandé de mettre l’accent sur les gros poissons, son tableau de chasse étant aussi vide que le compte en banque d’un auteur de la Fabrique de Littérature Microscopique. Mais Demoninox n’avait pas une conscience aiguë de la réalité. En fait, le monde le laissait un peu circonflexe. C’est ainsi qu’il pensa accomplir son infernal devoir en envoyant les équipages de chalutiers aux enfers. Ce qui eut tendance à agacer Satan, mais lui valut l’amitié indéfectible de Charon (qui venait de développer un penchant insatiable pour le menu fretin qui barbotait dans le Styx).


Diables, démons et diablotins

Le sang de la vierge s’écoulant sur l’autel, les psalmodies de l’assemblée, le ciel s’obscurcissant de nuages orageux. Puis, des crépitements, un frémissement, une voix aiguë et insupportable qui surgit de nulle part, de partout :
« Secrétariat d’Amstareth, bonsoir. Monsieur Amstareth est absent pour la semaine. Voulez-vous prendre rendez-vous ? »


Diables, démons et diablotins

Le Bien triomphe toujours du Mal, c’est connu. Bryurk, démon des écrouelles, se dissout en hurlant lorsqu’il se reçoit en pleine face un gros glaviot de la part de son adversaire, une grenouille de bénitier.


Diables, démons et diablotins

Comme Saint Antoine perdu dans le désert, nous sommes chaque jour tourmentés par des démons qui nous suggèrent des visions enchanteresses, images de lucre et de luxure, promesses de culbutes et de soirées amorales où la coke remplit les barriques et l’alcool coule en rivières tentatrices. Mais, comme Saint Antoine, nous résistons. Toujours. Peut-être moins à cause de notre foi que par crainte de Bobonne qui se fait griller le lard sur la serviette derrière nous, et qui nous vouerait aux gémonies si nous levions notre gras pour aller nous abandonner dans les bras de naïades, préférant, aux vespérales parties de Pictionary dans la caravane, des nuits de débauche, de bacchanales avinées et d’orgies capiteuses.
On a les menaces de damnation qu’on mérite.


Diables, démons et diablotins

« Ciel, mon mari ! » s’écrie la femme.
L’incube, tout penaud, court se cacher dans l’armoire.


Diables, démons et diablotins

Le péché dont il s’occupe étant capital, Rööönfl, le démon de la paresse, est très puissant. Il est notamment capable de posséder plusieurs personnes en même temps. Par exemple, ce 28 avril, comme un vulgaire syndicaliste prenant des patrons en otages sous prétexte de leur asséner des revendications farfelues, il a immobilisé les trois directeurs de la Fabrique de Littérature Microscopique. Mais j’ai pu me libérer afin de publier le récit des événements traumatisants vécus ces dernières heures. Bâillements, écartèlements d’orteils jusqu’à la position jouissive et coupable dite « de l’éventail », concours de coinçage de bulle et crastination de pro… Rien ne nous a été épargné.
Mais contre les forces de l’obscurantisme, la science est de notre côté. Gageons que mes deux collègues parviendront eux aussi à s’arracher à l’emprise diabolique de Rööönfl et que, grâce à la rétroactivité conférée par ce blog, ils arriveront à poster, comme par magie, le 28 avant minuit, leurs propres témoignages de cette terrible possession. (Ou autre chose, parce qu’avec un témoignage, ça va bien déjà, hein !)


Diables, démons et diablotins

— Belzébuth, t’es gentil, mais si tu pouvais sortir de la cabine d’enregistrement. On a encore plein de buzz dans les micros.


Diables, démons et diablotins

La grosse boulette. Cette fois-ci, malgré les apparences, les démons n’y étaient pour rien. C’était bien les anges qui, en voulant se la jouer cool, avaient échoué à faire passer le message correctement. Reprenant mot pour mot leurs termes, les pancartes des manifestants se méprenaient pourtant sur leur sens.
« God hates fags »
Mais il fallait bien sûr comprendre que Dieu détestait les clopes, étant, comme chacun sait, un fumeur de havanes.


Diables, démons et diablotins

En Enfer, il y a forcément des démons pour tout, c’est une mécanique bien huilée. Ne croyez pas qu’ils ne s’occupent que des vices. Selon les instruments de torture, certains serrent aussi des écrous.


Diables, démons et diablotins

La petite Éva a un ami imaginaire. Il s’appelle Astratobulz, et c’est un diablotin. Il a ses bons côtés, même s’ils sont rares. Il conseille la petite Éva dans les affaires de la vie. Il la conseille mal, car c’est ce qu’il fait de mieux. Il aime quand la petite Éva jette ses copines sous les sabots des poneys lors des concours hippiques, il aime quand la petite Éva leur colle la tête au fond de la piscine pour voir si elles font encore des bulles au bout de cinq minutes, il aime quand la petite Éva leur fait avaler leurs Barbies par les trous de nez , il aime quand la petite Éva les pend par les couettes au fond de la grange et les laisse pourrir toutes bouffées par les mouches. Mais si Éva n’est pas une petite fille gentille, souriante et innocente, ce n’est pas du tout de sa faute. Bien sûr, c’est Astratobulz  qui la pousse. Car Astratobulz  n’est pas un ami imaginaire très sympa. En fait, la seule chose qui soit un peu sympa chez Astratobulz, c’est son nom. Ça fait un peu super héros japonais des années cinquante. Mais faut éviter de lui dire. Il a sa fierté.


Diables, démons et diablotins

« Vade metro, Satanas ! »
Et le Malin fut rejeté dans les profondeurs de la terre. Ah non, mouvement de grève à la RATP. Il va devoir rester un peu.


Diables, démons et diablotins

Le maniaque refuse, une fois son dernier souffle venu, de rendre son âme au diable.
Il était 12h04 et non l’heure juste, quand il avait signé son pacte avec le démon de midi.


Diables, démons et diablotins

Nous sommes les démons. Nous sommes partout. Surtout aux ASSEDIC et au MEDEF. Nous aimons les hommes. Ils ont bon goût. Nous aimons les faire souffrir. La souffrance est un vin capiteux pour nos gosiers rêches et embrasés par les flammes. Nous gobons les âmes, ça apaise nos aigreurs d’estomac. Nous corrompons les esprits purs. Enfin, ça n’arrive pas bien souvent. Les esprits purs ne se laissent pas si facilement corrompre. Les esprits purs sont aussi rares qu’un brin de muguet dans le trou du cul du Grand Satan.
Oh, là, cet enfant dans sa robe immaculée, qui récite des Ave Maria, un air béatement extatique sur son visage tout ourlé d’innocence.
— Bonjour petite, que fais-tu ?
— Je garde les moutons, ron ron, et je remercie le Seigneur de me laisser garder les moutons.
— Oh, quel noble passe-temps. Mais n’as-tu jamais…
— Ce n’est pas un passe-temps ! Le Seigneur m’a confié une mission.
— Oups, pardon. Mais sais-tu que je viens de le voir, le Seigneur, et qu’il m’a dit qu’en plus de ta halte-garderie pour moutons, tu pourrais, le soir, aller à la taverne, boire un peu d’eau de vie car l’eau de vie, c’est la vie, t’assoir sur les genoux musculeux des gentils soudards, leur caresser leur torse imbibé de sueur, chanter des couplets à la gloire de Lucifer parce que c’est très drôle et que c’est une forme de catharsis. Je t’assure que le Seigneur ne t’en tiendra pas rigueur ; il sait que, parfois, il faut relâcher un peu de vapeur pour libérer la pression.
— Et je pourrais aussi me faire niquer dans la paille ? C’est bon pour la pression, n’est-ce pas ?
Les yeux du démon s’arrondissent. Vient-il de battre le record mondial de corruption d’âme ? Il se savait bon, mais quand même pas à ce point… Et puis, tout cela va trop vite. Où est le plaisir ? La longue et fervente lutte contre la tentation, les résistances qui s’effritent, les implorations à l’aide divine, la volonté qui cède, le triomphe enfin quand cet être chaste et pur succombe à ses viles manœuvres et ses mensonges de miel ?
— En fait… Je crois que tu es mieux dans ton champ. Tes moutons ont besoin de toi.
La petite regarde le démon s’éloigner, sans bien comprendre ce qui vient de lui passer par la tête, sans savoir d’où lui est venue cette soudaine bouffée de désir qui s’estompe maintenant.
Nous sommes les démons. Nous sommes partout. Et nous sommes toujours insatisfaits. Les hommes sont mauvais, les hommes sont bons, mais nous restons à jamais les démons.


Diables, démons et diablotins

Une explosion de soufre, un visage grimaçant et hirsute qui apparaît derrière les volutes de fumée, des grommellements inintelligibles… Le chimiste fou a encore raté son expérience.


Diables, démons et diablotins

Yaärglaä, le démon de l’urticaire, prenait un plaisir sadique à tourmenter les paralytiques et les manchots.


Diables, démons et diablotins

L’ange apparut au sommet de la colline, déploya ses larges ailes blanches et, devant les badauds éberlués, déclara : « Coucou la voilà ! »

[OK, il n’y a pas de démons dans cette histoire… mais on peut parier sans trop de risque que le messager en question sera bientôt muté dans la filiale infernale.]


Diables, démons et diablotins

Tout ce qui vient du monde souterrain est démoniaque. Point barre.
J’en veux pour preuve l’existence impie, infernale, grotesque et immonde de René la taupe.


Diables, démons et diablotins

Il avait tenté d’invoquer un démon de petite classe, sa maîtrise de la magie noire étant pour le moins balbutiante. Mais ce fut Lucifer en personne qui répondit, et ce dès la première tentative, même si le pentacle avait une branche de trop, que les signes cabalistiques avaient été tracés assez approximativement et que l’incantation avait été récitée avec peine. Il ne se posa guère de questions. L’art n’avait pas besoin de réponses pour s’exprimer. Certes, il ne demanda rien de très original : que son génie soit enfin reconnu, que son œuvre survive au temps qui passe, que l’on se souvienne à jamais de son nom. Lucifer lui assura que tout cela serait sien, et qu’en plus, parce que tout seigneur infernal qu’il était, il savait malgré tout s’émouvoir de certaines formes d’art, il ne lui demanda rien en échange. Pas son âme, pas de contrat signé avec son sang. Rien. Le lendemain, l’homme ressortit ses pinceaux et plaça une toile vierge sur son chevalet. Il sentait déjà l’inspiration lui venir. Il sentait le monde prêt à l’accueillir, à le comprendre, à le vénérer. Oui, se dit-il, après moi, plus rien ne sera jamais pareil, le pinceau tendu bien droit devant lui. Et il dessina sa première croix gammée.


Diables, démons et diablotins

Le Bon Dieu demande à Satan s’il a l’intention de faire encore longtemps le malin.


Diables, démons et diablotins / Microscoops

Au fin fond des Enfers, la Grande Bête tend l’oreille et ouvre un œil, puis deux, en entendant le bourdonnement agaçant de la télé dans son antre.
Elle se redresse un peu sur son séant. Le moment est-il venu ?
Finalement non, elle se tourne sur le côté, rote et se rendort pour quelque temps.
La Petite Bête qui monte qui monte a atteint un honorable 18%, mais ça n’est pas encore suffisant pour que l’invocation soit complétée et qu’elle, la Grande Bête monte à son tour en surface.


Diables, démons et diablotins

— Je voudrais que vous me refassiez entièrement, docteur.
— Entièrement ? demande le chirurgien esthétique.
— C’est que j’ai un certain âge, à présent, répond la Bête. Mais j’ai plus que jamais envie de séduire.
— Oh, quelle coquine ! Coquine et coquette, plaisante le médecin.
— Après cela, je passerai peut-être à l’État civil changer de nom. Quelque chose de plus frais, de plus jeune.
— Alors comme ça, c’est le grand changement ?
— Non non, je reste la même à l’intérieur. Mais quand je vois qu’avec juste un peu de maquillage, j’ai un beau succès auprès de 20% de la population, je me sens pousser des ailes.
— Mais elles sont déjà là. Vous voulez qu’on les garde ?


Diables, démons et diablotins

Démon cornu, pieds fourchus, queue de belle facture, offre prestations assez étonnantes (et très diverses) en échange d’âmes à damner. Service de qualité, discrétion assurée.
Coline du pré hanté, huitième chêne en partant de la gauche. Appeler Azaléstratbuth trois fois. Mot de passe : meuh.
Éventuellement, si vous voulez garder votre âme, j’accepte aussi les paiements en trèfle.


Diables, démons et diablotins

Au début était le Verbe. Dans ce monde tout neuf où régnait un ordre parfait, le diable s’empressa de doter ce Verbe du conditionnel.


Diables, démons et diablotins

Le diable au faciès caprin apparut dans une explosion de soufre. Il lissa sa barbichette, se dressa sur ses pattes de bouc et émit un bêlement lugubre en pointant ses cornes vers la lune blafarde. Puis il baissa le regard : il se trouvait dans le désert, et ceux qui l’avaient invoqué le dévisageaient avec une expression qu’il eut d’abord du mal à déchiffrer. Lorsqu’il reconnut leurs uniformes, il comprit le traquenard. Des légionnaires. Il serra les fesses.


Diables, démons et diablotins

— Nous sommes Légion ! bourdonne le nuage de mouches grouillantes.
Les chasseurs de démons dégainent comme un seul homme leurs bombes aérosols et les gazent.
—Nous sommes Baygon ! répondent-ils.


Diables, démons et diablotins

C’était la crise même en Enfer. Et voilà que cette entité infernale en était réduite à faire le camelot dans une grande surface. Cela avait pourtant toujours été sa destinée, au démon Strateur.


Diables, démons et diablotins

Dialogue infernal
Méphistophélès : Comment sabbat ?
Satan : J’suis quasiment à bout de soufre.
Méphistophélès : Les hommes me rendront chèvre.
Satan : Ils m’ont déjà poussé à bouc.


Diables, démons et diablotins

Quand Lucifer, rayonnant, posa pied sur la terre, il eut un mouvement de recul. Ses yeux s’agrandirent et ses épaules s’affaissèrent. Lui qui avait placé tant d’espoir dans l’humanité. Voilà qu’il était face à un peuple de petites bêtes affairées qui vénéraient surtout leur nombril et utilisaient la peur de Dieu pour asservir leurs semblables. Il cria : « Je suis Lucifer, ma beauté est sans pareille. Je rivalise avec Dieu sur bien des points, mais je le dépasse au final car j’ai bien plus d’ambition. Ambition pour vous, mes enfants ». Quelques-uns se jetèrent dans les flammes en hurlant leur adoration, d’autres lui jetèrent des fourches. Mais, dans leur majorité, les hommes l’ignorèrent. Ils étaient imperméables à sa beauté, trop occupé à se regarder dans des miroirs.
Lucifer compris qu’il s’était fourvoyé. Les hommes ne valaient vraiment pas que l’on se damne pour eux. Il s’en fut, lui, l’ange déçu.


Diables, démons et diablotins

Le directeur de la Fabrique de Littérature Microscopique se disait : trêve de procrastination, je dois absolument écrire ma micronouvelle du jour sur le thème du mois. Allez, prenons le taureau par les cornes. Manque de pot, il était hors-sujet, même s’il y avait de l’idée, avec les cornes, tout ça. Il s’en serait mieux sorti s’il avait tiré le diable par la queue.


Diables, démons et diablotins

Lucie se trémoussait, nue, sur la scène du club de striptease, ondoyant et virevoltant autour de la barre chromée. Dans l’assistance, un prêtre se leva. Il la pointa du doigt en explosant : « Satan l’habite ! »
Les clients, pas tout à fait sur la même longueur d’onde, acquiescèrent. Seul l’un d’eux osa une intervention molle. « Mais laissez donc Lucie faire… »
C’en était trop pour l’ecclésiastique. Il brandit un crucifix et le tendit vers chacune des danseuses, éructant : « Arrière, belles et putes ! »
Au fond de la salle, un habitué se pencha vers son voisin de table. « Je crois que cette histoire ne mène nulle part », se lamenta-t-il.


Diables, démons et diablotins

Papa Démon va s’énerver.
— Si tu continues à vouloir aller te coucher à l’heure, je t’oblige à regarder « Joséphine Ange Gardien ».
Petit Démon sort immédiatement du lit. Son père sourit. C’est imparable. L’arme fatale. Un pote qui a bossé comme taupe au Ciel lui a dit que ça marchait pareil avec les petits anges. Il veut bien le croire.


Diables, démons et diablotins

En Enfer, les démons se livrent entre eux à une véritable guerre pour le contrôle du thermostat. Et ne parlons même pas de la clim’.


Diables, démons et diablotins

L’invocation du démon nécessitait le sacrifice d’une vierge, une jeune fille pure et innocente. Quel meilleur endroit pour trouver sa victime que ce quartier aisé composé en majorité de fervents catholiques ? se réjouit le sataniste. Déception, le prêtre de la paroisse avait déjà contrecarré ses plans depuis longtemps.


Télé, diables, démons et diablotins

Ils idolâtraient tellement la télé, la vénérant comme une déité capricieuse et omnipotente, et psalmodiant ses génériques à l’unisson, qu’ils finirent par provoquer, sans le vouloir consciemment, l’invocation d’une entité de l’outremonde. Valérie Damidot débarqua dans leur salon. Et tout fut repeint en rouge.


Diables, démons et diablotins

— Alors, que souhaites-tu en échange de ton âme ? demanda le démon.
— Je voudrais que toutes les ménagères du monde m’astiquent le manche.
Le démon reste une seconde sans voix. Puis :
— Euh… T’es sûr ? Tu veux pas reformuler ?
— Certainement pas.
— Alors, qu’il en soit ainsi.
Et Jean-Paul est transformé en balai.
— Je t’avais prévenu, lâche le démon un peu dépité (il s’attendait à devoir se creuser un peu plus la cervelle pour abuser de ce candidat à la damnation éternelle).
— Génial !!! hurle le balai. À moi les ménagères !
Le démon grogne et s’en va, sacrément courroucé.
— Putain de fétichistes. Je me suis fait avoir comme un bleu.


Diables, démons et diablotins

Après la folle nuit de débauche entre incubes et succubes, c’est tri au lit ce matin.


Diables, démons et diablotins

Le diablotin de l’informatique, Bilgetz, était devenu en quelques décennies Duc des Enfers, grâce à une récolte faramineuse d’âmes. Il avait en effet eu l’idée d’inclure des pactes démoniaques dans toutes les licences d’utilisation de logiciel… Vous savez, ces fenêtres qui s’ouvrent lors de l’installation d’un programme et pour lequel vous cliquez « ok » sans jamais lire le contenu.


Diables, démons et diablotins

Malgré les protestations et les menaces du CHSCT, la direction de l’Enfer refusa tout net d’accéder à leur demande de faire installer des clims.


Diables, démons et diablotins

Arrière femme impudique ! Fille du démon ! s’écrie Parapsychik Monik en courant à travers le hall d’entrée du Grand Hôtel, une gigantesque tapette à mouches en main. On vient de l’appeler pour régler un nouveau cas d’apparition démoniaque : une créature aérienne qui tourne en rond en émettant un bourdonnement agaçant. Qui mieux que Parapsychik Monik peut régler son compte à une succube volante ?


Microscoops / Diables, démons et diablotins

Au lendemain des élections, la déception est souvent grande et les gens se sentent floués de voir que tout ce qu’on leur a vendu pendant la campagne n’arrive pas forcément. Le bilan d’un programme, confronté au réel, est souvent mitigé, avec certes quelques belles améliorations, mais aussi nombre d’horreurs révoltantes. Sans doute n’ont-ils pas vraiment compris qu’on leur promettait bien démons et merveilles.


Diables, démons et diablotins

Depuis qu’elle avait été mutée dans le service des succubes, elle rentrait du travail différente, toujours épuisée et peu attentionnée. Inquiet, son démon de mari finit par lui demander : « Dis-moi, chérie, est-ce que tu vois quelqu’un ? »


Diables, démons et diablotins

La geste de Lara
(Une saga époustouflante de fast-fantasy dédiée spécialement à monsieur Yap, sans qui rien n’aurait été possible)

 D’après nos dernières informations, passer un disque de Lara Fabian à l’envers serait le meilleur moyen de faire fuir un démon.

Dernière mise à jour : il semblerait que l’effet soit aussi efficace en passant le même disque dans le bon sens.

Dernière mise à jour : l’église romaine vient d’imposer le remplacement des crucifix par des pochettes de disques de Lara Fabian.

Dernière mise à jour : le décès prématuré de Lara Fabian a provoqué une monumentale vague d’immigration. Les démons s’entassent par dizaines de millions de l’autre côté de la porte des enfers. Médecin du Monde a annoncé que la situation démonitaire était préoccupante.

Dernière mise à jour : le Grand Satan (en personne) offre jeunesse éternelle, fortune toujours, chance au jeu et en amour, santé parfaite pour les siècles et les siècles, garanti sans annexes foireuses et vicelardes dans le contrat, à celui qui se sent l’âme d’un Orphée et viendra le débarrasser de Lara Fabian. Prévoir du persil ou des boules Quiès pour le chemin du retour. Autorisation de se retourner pour voir si la belle ne s’égare pas du chemin (recommandé même). Urgent. Toute candidature acceptée.

Dernière mise à jour : il pleut des anges aujourd’hui. Avec et sans parachutes. Par centaines et par milliers. Certaines mauvaises langues soutiennent que le certificat de canonisation de la dernière petite sainte aurait été falsifié. En échange de la libération des âmes des papes et évêques qui croupissaient aux enfers, l’église se serait montrée un peu trop conciliante. En Haut-Lieu, on s’agace de voir des gens de confiance se laisser si facilement berner (même si tout cela sent indubitablement le soufre). On planche actuellement sur une solution pour refiler la patate chaude à un tiers.

Ultime mise à jour : la patate chaude a été refilée à TF1, organisation qui n’a pas son pareil pour faire prendre au peuple les vessies dissonantes de la variété française pour les glorieuses lanternes de l’opéra lyrique. En Haut Lieu, on est ravi d’avoir pu endiguer l’épidémie de sauts de l’ange. Aux enfers, on est même en voie de trouver un accord pour leur refourguer Charles Manson, Adolf Hitler et Richard Clayderman.


Diables, démons et diablotins

Un gros incube, un petit incube, c’est l’heure de la paire d’incubes.


Diables, démons et diablotins

Remarque surréaliste de l’amant de ma femme :
— Eh bien, oui quoi, tu portes des cornes. Moi aussi, et je n’en fais pas tout un plat ! me houspille cet incube.


Diables, démons et diablotins

La compagnie Hellinyourass vient d’être condamnée par la DGCCRF. Elle commercialisait les fameuses pochettes-démon-surprise qui renfermaient cinq lots distincts répartis en d’égales proportions : damnation éternelle immédiate, vie de merde et de pauvreté, pochettes-démon-surprise gratuite, vie de gloire et de fortune, jeunesse éternelle sans aucune contrepartie. Suite à plusieurs dépôts de plaintes, un contrôle a été effectué sur un échantillon de deux mille pochettes. Toutes contenaient le premier lot.
Réponse officielle du directeur de la société : « Bah, on est des démons… On s’refait pas… En plus, on n’est même pas désolés. »


Diables, démons et diablotins

Le vent soufflait du sud, charriant une odeur de chair putréfiée. Le ciel, gonflé de nuages ténébreux, suintait d’une humeur incarnate. Ergo grimaça. Ils allaient revenir. Il se tourna vers sa jeune fille.
« Mathilde, sors les prêtres. C’est un temps à démons. Ils risquent de venir cette nuit nous voler nos vierges. »
Mathilde grommela puis se dirigea d’un pas lent vers l’étable. C’était toujours elle qui devait sortir les prêtres. Elles ne les aimaient pas. Ils étaient agressifs. Elle comprenait bien pourquoi les démons en avaient si peur. Eux, ils n’étaient pas méchants, juste sauvages. Elle aimait bien les écouter pousser leurs petits hurlements très effroyables, les regarder bondir dans la plaine de soufre, leur tendre quelques restes de vierges quand elle s’aventurait dans la forêt infernale. Et puis, elle détestait le rôti de vierge. Alors, que les démons les égorgent dans leur enclos, ça lui faisait plutôt plaisir. Mais Mathilde était un enfant bizarre.


Diables, démons et diablotins

Démoniaque ! En passant à l’envers les morceaux de ce groupe de black metal, on pouvait entendre… des chansons de Lara Fabian.


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