Archives de Catégorie: 15 Les dieux du stade

Les dieux du stade

Les athlètes français sont libres. S’ils le désirent, ils se présentent aux épreuves de natation avec des raquettes de tennis et des canoë-kayaks, ils courent le marathon à reculons, ils attendent la pleine lune pour lancer leur javelot.
Les athlètes français sont égaux. Ils arrivent tous dans les mêmes temps, sautent aussi loin les uns que les autres, tirent aussi mal, lancent à la même distance, accomplissent toujours les mêmes performances que leurs compatriotes.
Les athlètes français sont fraternels. Ils partagent entre eux les médailles qu’ils ne gagnent jamais. Sauf celles en chocolat, ce qui explique pourquoi les athlètes français ont souvent des crises de foie.
Vive les athlètes français !

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Les dieux du stade

Le milieu du journalisme sportif est en émoi. Un vieux commentateur au débit trop élevé vient de s’étouffer dans ses mots, à l’antenne, faute d’avoir la capacité pulmonaire d’un apnéiste. En attendant, les associations féministes et anti-racistes soufflent un peu.


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Grand Membre du CIO No 2 : Je ne pige pas. Si l’important, c’est de participer, pourquoi donner des médailles aux trois premiers. Vu ce que ça nous coûte en or, argent et bronze, on ferait mieux de filer un Certificat de Participation à tous les concurrents. On ferait des économies substantielles qui augmenteraient nos bénéfices.
Grand Membre du CIO No 1 : Bien sûr. Mais la devise ne s’adresse pas aux athlètes. Seulement aux bénévoles à qui on ne file pas un radis. Même pas un sandwich à midi, même pas un ticket de métro.
Grand Membre du CIO No 2 : Ah oui, je comprends. Le rôle positif de l’esclavage.
Grand Membre du CIO No 1 : Un peu de caviar pour finir tes homards ?


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La délégation vaticane aux JO n’est pas très importante. On notera tout de même la présence d’une ancienne gloire sur le retour, fraîchement naturalisée – un grand barbu, champion de Barefoot. Il finira bien sûr sur la plus haute marche du podium, entouré de deux larrons.


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On avait dit aux athlètes français de se jeter à l’eau pour ramener des médailles aux J.O. Mission accomplie pour les nageurs. Dans les autres catégories, les sportifs, titanicés par l’ampleur de la tâche, ont sombré, avec armes, dopes et bagages.


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Saint-Augustin, grand spécialiste d’Hippone, part favori de la compétition de judo.


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Le coureur s’était promis d’arrêter le dopage, mais quoi de mieux qu’une seringue pour piquer un sprint ?


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Déformation professionnelle oblige, le chef cuisinier reste un piètre compétiteur dans la discipline sportive qu’il s’est choisie : il finit toujours ses plongeons par un plat.


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Nous sommes les athlètes.
À six heures, on se lève, frais et fringuants, et on court un marathon.
À sept heures, water-polo contre les otaries du zoo de Vincennes.
À huit heures, on s’enfile deux trois poulets, un régime de banane et quelques bonnes tagliatelles, que des choses bio, bonnes pour le corps, bonnes pour l’esprit, sans pour autant relâcher la cadence (on travaille le lancer du javelot avec nos fourchettes et la lutte gréco-romaine avec les serveuses).
À neuf heures, on grimpe le Tourmalet à ski (nautiques) avec des poids de 25 kg dans les poches (et des pavés dans le sac à dos).
À dix heures, on remonte en dos crawlé l’Amazone jusqu’aux sources du Zambèze.
À onze heures, grimpette des chutes en kayak et exercices de plongeon.
À midi, saut en longueur, triple saut, saut en hauteur et saut à la perche jusqu’au sommet du Popocatépetl, où on fait une offrande aux dieux du speed en jetant un inspecteur du contrôle antidopage (épaulé-jeté).
Treize heures. L’heure de la pause. On respire un instant, profitant de la douceur de l’été, des sourires du soleil, de la vue des jeunes filles qui passent en robe légère. On échange des anecdotes sur la matinée, tout en dégustant quelques olives. Et comme c’est l’heure de l’apéro, le patron nous offre un baril d’EPO.
Du coup, on annule la sieste et on reprend au début le programme du matin.


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Histoire de rafler les médailles, les Américains envoient leurs super-héros dans toutes les compétitions. Hulk au lancer de poids, Flash au 100 mètres, Green Arrow au tir à l’arc, Aquaman à la natation… Et pour le base-ball ? The Batman, bien sûr.


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Sachant qu’ils ont tout à perdre et rien à gagner, c’est en traînant la patte que les sportifs professionnels se soumettent aux tests sans gains.


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Respirer en rythme, boire de l’eau régulièrement… voilà ce qu’on répète à tous les sportifs. S’il n’était pas mort, l’apnéiste trouverait que ce sont vraiment des conseils à la con.


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Sur la ligne d’arrivée, le dépassement de soi permet parfois de gagner quelques précieux dixièmes de seconde.


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Pour cause d’effondrement de l’industrie phonographique et de montée en puissance du piratage, l’épreuve du lancer de disque sera désormais remplacée par une épreuve de lancer de MP3.


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On peut voir ça comme une allégorie du temps. Un chronomètre naturel qui égrène les secondes. Un tic tac hypnotique qui accompagne le coureur. Un pendule implacable, et un rien chaotique, qui martèle l’inexorabilité de la fuite temporelle, quelles que soient les performances de l’athlète, quelle que soit sa ténacité, quelle que soit sa bravoure. À la fois symbole de vie et présage de mort.
Ou on peut trouver ça déplacé, de courir le 1000 mètres à poil avec le zob à l’air qui se balance.


Les dieux du stade

Greta Hofftendefons, la célèbre nageuse est-allemande, ne rentre plus dans son maillot de bain. On pourrait croire que son étonnant tour de poitrine fait craquer les élastiques, mais non, c’est juste que le maillot s’enfuit en courant chaque fois qu’il la voit s’approcher. Il faut dire que depuis qu’on gonfle Greta à l’hélium, elle ressemble plus à un tanker qu’à la petite sirène. Bah, Greta s’en moque. S’il le faut, elle ira nue dans le grand bassin. Sauf si celui-ci part en courant quand il l’aperçoit.


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Travail d’équipe. Les champions se surpassent à chaque entraînement. Le docteur de l’équipe affine les dosages des solutions et planche sur de nouveaux produits dopants. Chacun à leur façon, ils essaient d’améliorer leurs perfs.


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Le nombre de participants est en constante augmentation, et l’on ne compte plus ceux qui rêvent d’y participer. Il faudra bien qu’un jour un officiel courageux se dévoue pour expliquer à tous ces jeunes hommes et jeune filles que la devise « Plus haut ! plus vite ! plus fort ! » n’est pas une ode à l’orgasme. Et que les Jeux Olympiques ne sont pas l’orgie dont ils rêvent tous.


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À ma gauche, Mike « The Bull » Bartley, boxeur poids lourd de 210 livres, 60 combats, 54 victoires. À ma droite, « El Chipolato », matador trustant les premières places de l’escalafón général depuis cinq ans. Le combat promet d’être sanglant.


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Dracula s’est mis en tête de faire du sport à haut niveau, depuis qu’il a entendu parler de ces athlètes dopés que l’on gavait de sang transfusé.


Les dieux du stade (ou pas)

Ici, ça n’a rien à voir avec les J.O. Pas d’amitiés entre les peuples.
Tu cours le plus vite possible, certes, mais lorsque tu as franchi la ligne, hors de question que tu t’arrêtes. Au contraire. C’est là que la vraie course – contre les chiens, pour ta vie – commence.
Tout le contraire des J.O. Tu fuis la lumière des projecteurs, car tu sais que ce n’est pas l’or, l’argent ou même le bronze que tu récolteras pour prix de tes efforts, mais bien le plomb.


Les dieux du stade

Elle a beau cravacher aussi fort qu’elle le peut sa monture, tirer sur le mors et éperonner à tout va, ça ne changera rien au fait que le saut d’obstacles SM n’offre pas des performances spectaculaires.


Les dieux du stade

Dracula ne se sentait pas dans son assiette. Le sprint ce n’était pas pour lui. Il allait se couvrir de ridicule. Heureusement Renfield était là. Il saurait trouver les mots qui rassurent.
— Ne vous faites pas de mauvais sang, maître.
Ou pas.


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Joan était née pour courir. Tôt le matin pour amener les enfants à l’école, à dix heures pour remplir le caddie, à onze heures pour passer au pressing avant de retourner chercher les enfants à l’école, à midi des fourneaux à la table et de la table au frigo, à deux heures pour aller s’engueuler avec son banquier, le gestionnaire de la copropriété, le centre des impôts, les allocations familiales, à trois heures pour son jogging quotidien, à quatre heures pour prendre le thé avec les autres mères de famille de l’école, à cinq heures pour récupérer les petits, les emmener au poney, au tennis, au judo, au club de macramé, à sept heures pour les déshabiller, les laver, les rhabiller, les re-nourrir, à huit heures pour la réunion Tupperware avec ses copines du club, à neuf heures pour retrouver son mari et filer chez de bons amis habitant à l‘autre bout de la ville, à onze heures pour rentrer avant le départ de la baby-sitter, à minuit pour au plus vite rejoindre son lit et dormir les quelques heures qu’elle s’accordait comme repos. Un jour, la fée Cacahouète lui apparut. Elle était émue par tant de courage et d’abnégation. Pour la récompenser, elle était prête à réaliser un vœu. Un seul. Joan hésita quelques secondes. Puis, s’accompagnant d’un large geste des mains qui désignait ses pérégrinations quotidiennes, elle dit : je voudrais que tout cela serve à quelque chose. La fée fit scintiller sa baguette magique. Une fine nuée de paillettes s’en échappa et glissa jusqu’aux jambes de Joan. Ainsi en sera-t-il, lâcha-t-elle en disparaissant.
Le lendemain, Joan apprenait sa sélection pour les Jeux Olympiques. Le marathon lui parut comme une promenade de santé.


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Une demi-heure déjà que le champion de plongée sous-marine était remonté, et il riait toujours sottement, tout stress envolé. Son coach craignait qu’il fût atteint de la folie des profondeurs, mais le plongeur, entre deux crises de rire larmoyant, lui expliqua qu’il s’esclaffait aux blagues tordantes du concierge de la mer, qu’il avait croisé à chacun des paliers de décompression.


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Le dopage appartient au passé, affirme l’organisation. Désormais, les performances des cyclistes sont entièrement naturelles. Pour preuve, aucun des coureurs ayant participé au Tour de France de ce matin n’a été contrôlé positif.


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Je m’escrime à vous dire que mon sabre n’a fait que vous effleurer. Ce faisant, je regrette que votre seule réponse fût des pets.


Les dieux du stade

Suivant l’exemple de son grand-père, une figure du combiné nordique, et de sa mère, championne du Super-combiné, la jeune Olivia Patatson, 15 ans, compte bien s’illustrer dans la difficile discipline du combiné téléphonique. En tout cas, elle s’entraîne durement en attendant que ce sport soit inscrit aux Jeux Olympiques.


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Né de mère australienne et de père kangourou, Brian Hophophop vient d’être exclu du concours du triple saut. Il aurait été contrôlé positif aux ressorts. L’athlète dément toute utilisation de substances trampolinisantes et accuse le CIO de racisme.


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L’athlétisme canin n’est pas forcément un choix, et les chiens qu’on abandonne sur la route des vacances ne veulent pas, bien qu’ils courent derrière la voiture qui s’éloigne, devenir des adeptes du sans maître.


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Marie-Hélène de la Michodière était une vraie rebelle, une provocatrice de premier ordre, une iconoclaste dans la plus pure tradition : au tennis elle mettait des baskets, au basket elle portait des tennis.


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La compétition s’annonçait rude. S’ils voulaient parvenir en finale, le cavalier et sa monture devraient résoudre une équitation du troisième degré. Avec deux inconnues, en plus.


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Le match devint complètement surréaliste lorsqu’un basketteur rentra dans la raquette du joueur de ping pong.


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Le petit Alexis, trois ans, sera cette année le grand favori du triple seau. Il est aussi, depuis qu’il lorgne sur les trois jolies Scandinaves participant au lancer du cure-dent, un des concurrents sérieux à la victoire du triple râteau.


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Si les médailles d’or étaient remplacées par des espèces sonnantes et trébuchantes, nul doute que les premiers à s’illustrer seraient les coureurs de fond.


Les dieux du stade

Le départ est donné, ils s’élancent en poussant le bobsleigh. Puis ils sautent, l’un après l’autre, dans le traîneau. Glissent à toute vitesse. Mais il y a quelque chose d’inhabituel, qui ne rassure pas les quatre sportifs. L’obscurité, d’abord. Puis l’odeur nauséabonde, également. Et enfin, le nom ridicule de leur engin : Suppo Rocket.


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Ce champion avait des traits taillés au couteau (inoxydable). Le profil parfait pour la nage papillon.


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Mexico 1968, deux sprinters lèvent un poing noir de rage sur le podium.
Pékin 2008, trois sprinters écartent les bras, paumes ouvertes, pour accueillir la pluie d’or qui tombe du ciel des sponsors.
À chaque génération ses combats.


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Il a bien du mérite d’être le meilleur grimpeur, celui qui porte le maillot à poids.


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La championne fut très déçue de recevoir, après son exploit, une note artistique aussi basse. Aucun juge n’avait donc vu qu’elle avait reproduit en sillonnant la glace avec ses patins Le Cri de Munch ?


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Grâce aux progrès de la génétique, le sprinteur Anabolie Speedanov vient de remporter les trois premières places du 100 mètres. Il faut dire qu’avec ses six jambes, il  court vraiment très vite.


Les dieux du stade

Une équipe de battants, c’est indispensable, au volley.


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Appelés à démontrer la supériorité irréfutable de l’Homo Sovieticus sur le reste de l’humanité, les sportifs Est-Allemands étaient des monstres de performance. Cobayes des laboratoires secrets, shootés aux hormones de croissance, ils raflaient toutes les médailles. Enfin, presque toutes. Assez vite, leurs meilleurs perchistes se retrouvaient invariablement à faire le Mur, puis à concourir dans l’équipe ouest-allemande.


Les dieux du stade

Au village olympique, tout le monde se fout de savoir qui est le nouveau numéro 2. Car tout le monde veut être le numéro 1.


Les dieux du stade

L’attaquant frappe le ballon, qui file tel un boulet de canon. Le gardien de but tente d’intercepter le tir mais le projectile le déchiquette, éparpillant des morceaux de son corps aux quatre coins de la lucarne. Les supporters s’indignent. Ils lancent des cocktails Molotov sur le meurtrier. Il s’embrase. On autorise l’équipe médicale à pénétrer sur le terrain. C’est un piège : les faux soigneurs sortent des armes de leurs valisettes et ouvrent le feu sur l’équipe adverse. L’arbitre, coiffé d’un casque bleu, tente d’intervenir ; il tombe avec les premières victimes. Les commentateurs sportifs s’excitent derrière leur micro. Qui arrêtera cette infamie ? Le panneau indique quatre minutes de temps additionnel. Quatre minutes… Tout peut encore basculer. Il va falloir résister et tenir ses positions. Et surtout, surtout, défendre la cage de but coûte que coûte. Les premiers tirs de mortier ravagent la surface de réparation. Au loin, quelque part par-delà le stade, on entend le vrombissement d’hélicoptères…


Les dieux du stade

Faux départ pour cette épreuve de natation. Alors qu’il n’avait pas encore mis un orteil dans l’eau, le champion autrichien était déjà en nage.


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Le premier qui sort du peloton se prend une balle, annonce Roberto, ancien dictateur golfeur reconvertit dans le cyclisme. Et le bougre n’hésite pas à mettre sa menace à exécution.


Les dieux du stade

Il vérifie que son parachute est bien sanglé. Puis il saisit une longue perche et entame sa course d’élan, bien décidé à pulvériser le record de hauteur.


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Le médecin qui pratique les contrôles antidopages auprès des karatékas et des boxeurs le fait à ses rixes et périls.


Les dieux du stade

Malgré le lobbying pressant de l’International Cricket Board, le cricket ne sera pas au programme des Jeux Olympiques de 2012. En effet, on n’a toujours pas été foutu de trouver la moindre personne capable d’en expliquer les règles.


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