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Gorgones et basilics

Méduse trouve absurde le mot « chauve-souris ». Pour elle, il est incongru d’associer la calvitie avec les souris. Dans son esprit, les souris servent avant tout à nourrir une belle chevelure.

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Gorgones et basilics

Le héros fixait Méduse, alors qu’elle se retournait.
Il croisa son regard (et tout devint) noir.


Gorgones et basilics

Jamais personne ne répondait à Méduse, quand elle disait :
— Suivez mon regard !


Gorgones et basilics

Un lissage brésilien ? Impensable ! Une coupe, encore moins envisageable ! Même un simple balayage ou une coloration… hors de question !
C’était bien simple, même si elle portait un bandeau sur les yeux, aucun coiffeur ne voulait plus approcher Méduse, de peur d’être méchamment mordu.
Lorsqu’elle veut changer de tête, avec des cheveux-serpents aussi peu commodes, la Gorgone n’a d’autre choix que d’attendre leurs mues.


Gorgones et basilics

Avec ces serpents lovés sur leur tête, on ne saurait dire si les Gorgones ont des nœuds ou des nids dans les cheveux.


Gorgones et basilics

Quand Athéna vient se plaindre auprès de son père de la terrible menace que les Gorgones représentent Persée, son protégé, Zeus fait quelques révélations inattendues.
Sur la tête de Méduse, la seule Gorgone mortelle du lot, se dressent des couleuvres et vipères tout ce qu’il y a de commun.
Sur celles de ses deux autres sœurs immortelles, deux représentants de chaque espèce en voie de disparition.


Gorgones et basilics

Atropos-la-bigleuse et Sthéno-boule-à-zéro étaient immortellement fâchées à cause d’une bête histoire de coups de ciseaux mal placés.


Gorgones et basilics

— Mais c’est pas vrai, ça ! Méduse ? Je t’ai déjà dit de ne pas traîner dans mon atelier ! J’ai eu toutes les peines du monde à arriver à animer ma sculpture, et elle est à nouveau figée : je parie qu’elle a vu ta sale gueule !
— Oh, ça va hein, Pygmalion ! Mon gars, là, t’es lourd !


Gorgones et basilics

— Alors, je vais être franc avec vous, Madame.
— Mademoiselle !
— Pardon, Mademoiselle. Voilà. Nous sommes une entreprise de services, dont les employées sont très souvent en contact avec la clientèle et le public. Et votre apparence physique risque que…
— Quoi ? C’est du délit de sale gueule, ce que vous faites là !
— Eh bien…
— Mais si je vous dis que j’ai toutes les compétences exigées pour le poste, il est fait pour moi ! Je suis Sthéno !


Gorgones et basilics

Aucun témoin visuel ne put trancher le débat qui divisait les auteurs classiques comme les mythologues : les Gorgones étaient-elles belles à couper le souffle ou laides à en mourir ?


Gorgones et basilics

— M’sieur, je suis tellement honoré de vous servir de modèle, bredouilla le robuste paysan en enlevant son chapeau. J’ai beau êt’ qu’un garçon d’ferme, vous êtes connu même chez nous.
— C’est bien aimable à vous, répondit le sculpteur. Déshabillez-vous, mon cher ami. Oui, même les sous-vêtements. Et veuillez vous installer sur ce bloc de pierre. Et maintenant, posez le coude droit… Non-non-non, l’autre coude droit sur le genou gauche. Non plus haut… Heu… attendez, je vais vous positionner. Lààààà. Très bien. Ne bougez surtout pas, ça va être rapide.
— Ah ouais ? Moi qui croyais que ça prenait du temps. Mais m’sieur, pourquoi vous mettez ce drôle de masque ?
— Pour éviter les éclats de pierre dans les yeux.
— Haaaaaa, d’accord. Mais… mais y a pas d’pierre ?
— Ne bougez plus, vous dis-je ! Le bloc de pierre est juste derrière cette porte. Atteeeeention !
— Mais… c’est quoi, cette gonzes… krrrr krrrr…
— Pas mal, pas mal, apprécia Auguste Rodin en refermant la porte blindée de la prison de sa gorgone enchaînée. Je vais l’intituler le Penseur.


Gorgones et basilics

Du fond de la grotte humide, le corps écailleux de Méduse fut secoué par un ricanement hideux.
— Qui vient ? Qui court au-devant de son trépas ? Quel est ce nouveau héros si pressé d’ajouter son cadavre calcifié à ma collection ?
Une petite silhouette se détacha des ombres en grinçant.
— Je te VOIS ! brailla la Méduse qui vrilla son regard minéral dans les yeux de sa proie… qui continuait d’avancer.
— Hooo, j’ai très peur, bruissa une voix enfantine.
Alors le nez de l’intrus s’allongea, formant un pieux solide et pointu. Le petit être fonça tête en avant et embrocha le cœur de l’horrible créature.
—Co… co… comment ?… gargouilla Méduse dans un dernier souffle.
— Comment j’ai résisté à ton regard ? Je sais rester de bois, répondit Pinocchio.


Gorgones et basilics

Lorsque Émile Zola apprit que des gorgones se cachaient parmi ses ancêtres, il en a fait tout un fromage !


Gorgones et basilics

— Bon, en fait, madame la gorgone, ma demande est assez bizarre, explique la coquette un peu ingénue, à travers la porte qui la sépare de la terrible créature mythologique.
— Mais encore ?
— Eh bien voilà, j’aimerais bien que vous m’immortalisiez dans ma prime jeunesse en me figeant du regard, mais…
La jeune fille s’est tue, se sentant bête, tout d’un coup.
— Oui, quoi ? Allez, j’ai pas toute la journée.
— Bah je voulais savoir. Y a le choix de la pierre ?
— Hein ?
— Oui, quand vous pétrifiez quelqu’un, votre pouvoir vous permet de choisir le matériau ? Parce que j’hésite encore. Je n’aime pas le granit, c’est moche, mais je ne voudrais pas non plus du marbre blanc. Même si c’est déjà plus classe, les cheveux blancs, quoi, non merci !


Gorgones et basilics

— Hé, les gars. Oh, les gars, merde, répondez. Purée… Elle est trop forte, cette weed. Vous l’avez achetée où ? Haaaan. Bordel. Je vois une meuf habillée avec un drap. Elle a des serpents sur la tête… Oh, je crois que je suis vraiment stone, là…


Gorgones et basilics

— Tu pourrais pas ranger un peu, ça devient le boxon, ici ! C’est quoi, tous ces mecs statufiés avec un air béat dans le couloir, Méduse ? demanda Sthéno à sa sœur, un brin énervée.
— Ah ça ? J’ai essayé une nouvelle coupe de cheveux. Du coup, j’ai appelé les péquins du coin pour avoir leur avis, savoir si elle leur faisait de l’effet. J’ai appelé ça la « permanente ».


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