Archives de Catégorie: 57 Abductions

Abductions

Derrière chaque abduction se cache, de la part d’une famille de petits gris, une demande d’adoption.

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D’aucuns s’étonnent que les petits gris semblent obsédés par l’idée de sonder les Terriens qu’ils enlèvent. Mais cela fait sens, si l’on considère que les extraterrestres comptent s’installer sur Terre. Rien de surprenant, dès lors, que les colons s’intéressent aux côlons.


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On ne revoyait pas tous les terriens kidnappés et pour cause ! Ils étaient recyclés dans les grandes chaudières des vaisseaux qui pratiquaient le chauffage par abduction.


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— Mais à quoi cela rime d’enlever des humains, de les sonder et de les examiner sous toutes les coutures ? demanda ce petit gris à son supérieur.
— Eh bien, avant de l’envahir, il convient de tâter le Terrien !


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Engoncé dans son costume d’humain, Flybworpb avait beaucoup de mal à contenir son excitation, au risque de trahir sa véritable nature au milieu de cette foule compacte de Terriens. Il salivait et vlopurgeait abondamment en tripotant avec nervosité son laser équarrisseur, à la vue de toutes ces énormes vaches qui s’offraient à lui au Salon de l’agriculture de Paris.


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On pourrait croire qu’avec l’amnésie accompagnant ces terribles expériences, rien de ces abductions ne reste dans les annales. Et pourtant…


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Pentagone, Washington D.C. 18 avril 2002, 23:59.
L’agent Smuldy, une lampe de poche coincée entre les dents, lit un rapport hypraconfidentiel présentant des expérimentations d’une branche occulte de la CIA. Bon sang ! Les extraterrestres ont dérouillé : les agents secrets ont pris un petit vert, un petit gris, et ça a fait un hybride vert-de-gris.


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Parfois les abductions se passaient très mal et les victimes ne reparaissaient jamais. Parfois, le plus souvent lorsque les ravisseurs étaient des reptiliens, ne restaient des kidnappés que des santiags et des sacs à main en cuir d’humain.


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Un objet oblong qui faisait bip bip, profondément enfoncé dans le fondement : il l’aurait imaginé autrement, le « premier contact ».


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Ce directeur général de la Fabrique de Littérature Microscopique cherchait à éviter les jeux de mots faciles, à l’heure d’écrire des micronouvelles supplémentaires sur le thème du mois, l’abduction, afin de boucher les trous.


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Le petit gris transmit à son supérieur l’étude détaillée réalisée sur l’humain qu’ils avaient enlevé quelques heures plus tôt.
— Voilà le rapport, dit-il en lui remettant un cristal de données.
Il poussa plusieurs gros bocaux remplis de morceaux sanguinolents mais encore clairement identifiables : foie, cœur, une jambe, un avant-bras, des cheveux.
— Et… Attention, c’est lourd ! Voilà les pièces jointes.


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Au début, la police l’avait soupçonnée. L’enquête de voisinage avait indiqué qu’elle passait son temps à se battre avec son mari. Plus exactement, que celui-ci la rossait sévèrement et fréquemment. S’il avait disparu, Mrs Swift y était sans doute pour quelque chose. Elle, bien sûr, n’avait pas pu raconter la vérité : alors que tout le quartier dormait, un immense vaisseau spatial avait stationné au beau milieu de la nuit au-dessus de leur maison, en plein phare. Grady Swift avait déboulé en gueulant comme un veau dans le jardin, fusil à la main. La seconde d’après, l’OVNI avait disparu et Grady avec. Il devait être vraiment très, très loin, à l’heure qu’il était.
Elle ne pouvait pas leur raconter ça, bien entendu. Mais elle était rassurée, quelque part, même si une part d’elle-même avait honte de se l’avouer : au moins, à la différence d’un enlèvement classique, ses ravisseurs ne lui demanderaient sans doute pas de rançon et elle n’était donc pas prête de le revoir.


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Jusqu’à ce qu’un groupe d’extraterrestres malotrus l’enlève, ce gentleman anglais, grand amateur de thé, n’avait jamais cru en l’existence des soucoupes volantes. Et pour cause, jamais personne n’avait mentionné ce qui, dans son flegme pragmatique, lui semblait indissociable de tels objets : les tasses volantes.


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La gendarmerie, la police, l’armée, les pompiers et même les journalistes s’étaient ouvertement payé sa tête quand il avait raconté l’abduction dont il avait été victime. Des petits gris lui avaient barré la route en rase-campagne et l’avaient enlevé avec sa voiture. De son voyage en soucoupe volante, il avait gardé un souvenir flou mais traumatisant. Il avait aussi acquis la conviction qu’ils étaient partout, qu’ils avaient infiltré toutes les strates de la société, tous les postes-clés de pouvoir et que c’est pour ça qu’ils s’étaient tous – flics, gratte-papiers et autres – foutus de lui. Ils faisaient partie d’un complot mondial visant à asservir à long terme l’humanité.
Il en était là de ses réflexions quand il s’apprêta à récupérer sa voiture garé dans un couloir de bus.
— Ah mais non, ça va pas recommencer ! glapit-il en voyant le sabot que l’on avait placé sur un des pneus, en vue d’un très prochain enlèvement.


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C’est sans doute le souci du détail (de ce dont ils avaient été témoins visuels directs), mais aussi une certaine forme de pudeur, qui poussa les artistes mayas en contact avec des civilisations extraterrestres à représenter des visiteurs célestes avec des scaphandres, plutôt que leurs élusives sondes anales.


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Panique dans les abattoirs tandis que se multiplient les vidéos insoutenables dénonçant la cruauté envers les pauvres vaches. Heureusement, le directeur d’une usine de mort texane a trouvé une idée lumineuse pour détourner l’attention et affoler les ufologues au détriment des amis des bêtes : désormais, ses ouvriers étourdissent, égorgent et éviscèrent déguisés en Petit Gris.


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— Grand Sblörg, vous vous souvenez du Terrien qu’on avait enlevé, il y a quelques années standard, dans un pays appelé la France ?
— Le petit bonhomme trapu, là, avec ses longs poils noirs sur la tête, qui se débattait en criant : « Lâchez-moi, sales fascistes de merde ! ¡No pasarán! » ?
— Des cheveux, Grand Sblörg, ça s’appelle des cheveux, pas des poils !
— Oui, bon. Je me souviens de lui, en tout cas. Quel est le problème ?
— L’effacement de la mémoire récente a semble-t-il buggé. Il a développé un dysfonctionnement cognitif qui l’a poussé à ne plus s’exprimer qu’à l’écrit et par des textes courts. Ce qu’il appelle des micronouvelles, ou flash fictions, ou encore short short
— Oui, bon. Je m’en fous un peu de vos histoires, là. Je répète ma question : c’est quoi le problème ?
Le sous-fifre holoprojeta la page d’accueil de la Fabrique de Littérature Microscopique.
— Là, regardez. Il a trouvé trois autres victimes d’abductions, comme ils appellent ça, et ils se sont mis à publier leurs disruptions cognitives sur ce site.
— Bon, encore une fois, je m’en fous. Et encore une fois… En quoi ça nous concerne ?
— Mais là, regardez ! s’impatienta le subalterne. Là, le thème du mois ! Sur les abductions ! Ils révèlent tous les secrets de notre civilisation… Si nos motivations sont ainsi révélées au grand-jour, nous ne pourrons plus envahir la Terre peinards, comme prévu par le Plan Ultime de Conquête de la Galaxie.
Le Grand Sblörg se redressa sur son fauteuil, puis commença à parcourir les différentes micronouvelles des mois passées… En en lisant une au hasard de Benoît Yap, ce fin connaisseur de l’humour humain sourit : « La femme à lunettes aiment les hommes qui sont aux petits soins. Mais elle les préfère opticiens. ». En en parcourant une autre de Nelly Chadour, il se pligua littéralement dessus : « Malgré son inconcevable cruauté, il était possible d’échapper aux griffes du monstre mi sphinx mi panthère. Par la ruse, par l’astuce et avec une bonne dose d’intelligence, car il fallait l’admettre, le Sphinxthère était bouché. » La suivante, de Karim Berrouka, manqua de l’achever, tandis que ses yeux ruisselaient d’ichor noirâtre : « Voici une application plutôt inattendue de la pierre philosophale. L’alchimiste vient de réussir à transmuter le death metal mou en vie d’or dure. »
— Ah, purée, mais qu’est-ce qu’ils sont couillons ! partit-il dans un grand rire, avant de rassurer son intendant : Vous vous inquiétez pour rien, leurs cerveaux sont irrémédiablement grillés. Personne ne croira jamais toutes leurs conneries, là !


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« Major Prööth, pourquoi ne ferions-nous pas nos prélèvements dans cette région ? proposa l’aspirant TrröÖ en montrant la brochure publicitaire de la Fistinière. Là-bas, les anus sont tout épanouis, de vrais boulevards !
Trop dangereux, aspirant, cela fait des années que nos ennemis les Reptiliens essaient de boucler l’endroit en se faisant passer pour des grenouilles de bénitier. »


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Les P’tits Gris préfèrent agir aux beaux jours, quand l’épidémie de gastro ne bat pas son plein. Parce qu’ils n’aiment pas que ça gicle quand ils sondent. Sinon, ils chercheraient du pétrole.


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Tu tournais un bouton et v’là-t’y-pas que tu retrouvais soulevé du carrelage, puis démoléculisé, puis remoléculisé dans un vaisseau qui faisait l’tour de l’espace pendant des heures, avant de te ramener chez toi, des images plein les mirettes et le bide en vrac à cause du jet-lag (mais pas que). Bon, le seul défaut, c’est que tu passais des plombes à cuisiner, même pour te faire cuire un œuf, avec cette plaque à abductions.


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En étudiant la psyché humaine, les E.T. avaient noté combien ce que les Terriens appelaient le « complexe d’Œdipe » les définissait, et à quel point, face à l’inconnu, ils désiraient plus que tout retrouver confort et sécurité. Et quoi de plus rassurant que le giron maternel ? À défaut de pouvoir les replacer dans le ventre de leur mère, ils éviscéraient des vaches qu’ils remplissaient avec leurs « contactés ». Cela fait, les aliens les ramenaient dans leurs vaisseaux terrifiants et incompréhensibles, puis les y extirpaient peu à peu, afin de créer une sorte de vestibule de chair, propice à une nouvelle naissance.
Voilà, me semble-t-il, le mystère du bétail mutilé par les E.T. élucidé.


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Des années qu’il compilait et étudiait les rapports ultrasecrets (et ultrasensibles) de la CIA sur les abductions. Et c’était toujours le même modus operandi, débouchant sur le même résultat humiliant pour les « contactés ». Ils auraient pu mener d’autres expériences, avoir fait le tour de… de la question, depuis le temps. Mais non ! Le vieux militaire soupira et maudit ces foutus petits gris : ils cherchaient vraiment la merde !


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Une fois qu’ils ont sondé leurs esprits, les extraterrestres se mettent à sonder d’autres parties de leurs victimes. Loin de toute recherche scientifique, ils souhaitent le rapprochement des peuples en exauçant ce qu’ils ont pris pour un vœu secret, après avoir étudié dans la psyché desdites victimes l’humour (et en particulier ces étranges jeux de mots appelés « contrepèterie » toujours axés sur une partie bien précise de l’anatomie humaine).


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« C’est pour un sondage », lui avait annoncé le petit VRP au teint grisâtre qui avait sonné à sa porte et tendu vers lui un gros objet oblong qui n’était pas un stylo, juste avant que sa vie bascule dans l’inattendu et l’humiliation.


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Pour en apprendre plus sur nous, les extraterrestres se refusaient à enlever ces Terriens soi-disant spécialistes en OVNI. Ils savaient bien que leurs témoignages ne pouvaient être fiables, dans leur logique non humaine, puisqu’« ufologue » était presque l’anagramme de « loufoque ».


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Nuit et jour, la télé est allumée et il passe sa vie devant. Même quand il dort, l’étrange lucarne veille sur son sommeil. Il sait – c’était écrit noir sur blanc dans News of the Weird – que les petits gris ne supportent pas les ondes radioélectriques des téléviseurs. S’ils restaient trop devant son poste, ils perdraient tous leurs neurones. Mais c’était déjà trop tard pour lui, qui n’avait pas saisi que la télé avait exactement les mêmes effets sur sa pauvre caboche.


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Le péquin que les extraterrestres avaient enlevé était complètement paniqué. Intubations un peu partout ? Effacement de ses souvenirs pour les remplacer par une mémoire factice ? Implants pour espionner ses faits et gestes ? Prélèvements de bouts d’organes ? Il n’avait pas la moindre idée de ce qu’ils allaient lui faire. Cela ne l’aurait sans doute pas rassuré d’apprendre qu’eux non plus ne savaient pas du tout ce qu’ils comptaient lui infliger. Sans doute tout cela, et bien plus encore.


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L’abduction – enlèvement par des extraterrestres – n’est qu’une forme de vengeance. On envoie des sondes dans l’espace, ils nous envoient des sondes là où le soleil ne brille jamais.


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