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Cupidons / États d’ivresse

On prétend que l’amour est aveugle. Parfois, il est juste bourré.

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États d’ivresse

« De la boisson ou du bâton ! » crient les petits monstres à ma porte. Tenez, les mioches, quelques mignonnettes pour se mettre rond comme une citrouille. Et si vos parents font la gueule, dites-leur que les grands formats les attendent ici. Pochetrons et potirons, toutes les occasions sont bonnes. On va pas rester à l’eau, c’est la lose. La vraie win, c’est la bibine. Halloween, c’est la beuââârgl… kof, kof…
Ah bah les voilà qui se cassent. Ça a pas le cœur bien accroché, les jeunots.


États d’ivresse

La lune est ronde ce soir. C’est romantique. Elle est pleine, ronde, et elle vomit. Et ça dessine comme une nouvelle Voie lactée dans le ciel. Et c’est romantique. Puis elle tangue, zigzague. Et c’est comme si une berceuse animait le firmament. Et c’est romantique. Puis la lune nous insulte, me traite de pute et nous montre son cul. Et j’aimerais bien continuer de trouver ça romantique, mais ça commence à faire beaucoup.


États d’ivresse

Quand le facteur à vélo s’arrêtait au troquet du coin, il se faisait toujours avoir. Le patron lui demandait : « Un petit remontant ? T’as l’air crevé… Qu’est-ce qui te fatigue comme ça ? »
Il répondait : « C’est ma tournée. »
Le patron faisait semblant de mal interpréter et servait un verre à tous les habitués, aux frais du pauvre postier.


États d’ivresse

Dieu se réveilla le dimanche matin avec la pire des gueules de bois qu’il ait jamais connue. Il décréta qu’aujourd’hui serait jour de repos, histoire de récupérer. Et de se souvenir. Black-out complet dans son esprit : qu’avait-il fait de la semaine ? Impossible de se rappeler, mais il sentait que c’était une grosse connerie.


États d’ivresse

Narcisse, jeune homme séduisant qui fait tomber amoureux toutes les filles et tous les garçons autour de lui. Narcisse, qui ne s’en soucie guère, les laissant le désirer et se réfugiant seul, à l’écart. Narcisse, qui mire son reflet dans l’eau claire. Et soudain, ça vient. Narcisse Duplot, l’estomac chargé de bière, tequila, whisky, vodka, vomit dans les toilettes.


États d’ivresse

On ne comprend rien à mon amour de la bière, ici. Pire, on se moque ! Puisque c’est ainsi, je prends mes Kriek et mes Kwak et on ne me reverra pas de sitôt.


États d’ivresse

Les optimistes voient le verre à moitié plein, les pessimistes le voient à moitié vide. Lui le voyait en double, ce qui l’un dans l’autre lui faisait une dose complète et lui convenait ainsi.


États d’ivresse

Super, des nouveaux compagnons de biture ! Des nounours sympathiques, tout doux, joviaux, ils vivent dans les nuages, boivent de la bière toute la journée, le ventre bien rond orné du dessin de leur mousse préférée, et vomissent aux couleurs de l’arc-en-ciel. Bienvenue chez les Binousours !


États d’ivresse

Seuls les œnomanciens consommateurs ont véritablement le don de double-vue.


États d’ivresse

Il avait trop bu et était blanc comme un cachet d’aspirine. Le médecin diagnostiqua un état gris pâle.


États d’ivresse

In vino veritas, paraît-il. Alors, à voir ces marmots se saouler avec les bouteilles dénichées dans la cave du grand-père et commencer à se sentir nauséeux, on peut prédire qu’un autre proverbe ne va pas tarder à se vérifier : la vérité sort de la bouche des enfants.


États d’ivresse

Le pastis monte à la tête et paralyse le cerveau. On finit tête anisée.


États d’ivresse

Auparavant gentleman et peu porté sur la boisson, il était devenu odieux avec les femmes depuis qu’il s’était mis au gin.


États d’ivresse

BEAUJOLAIS NOUVEAU
– Il a goût de framboise, cette année, fit le premier en lapant la flaque.
– Mmh… je dirais plutôt qu’il a un goût de banane, dit le second en s’essuyant les lèvres. C’est indéniable.
Toujours les mêmes âneries, songea le troisième. Pour lui, ce vomi avait un goût de vomi.


États d’ivresse

Il vida son saké d’un trait. Ses yeux s’arrondirent soudain quand il commença à s’étouffer. Quelque chose dans sa gorge. Au fond du verre, la jeune fille avait disparu.


États d’ivresse

Il comprit enfin pourquoi il passait son temps à défendre ceux qui ne le méritaient pas quand on lui fit remarquer – mention minuscule sur l’étiquette – que l’alcool de pommes de terre qu’il s’envoyait régulièrement était produit en Enfer. Ainsi donc, il se faisait la vodka du diable.


États d’ivresse

Le bout de chou était geignard, mais il était surtout une incroyable poule aux œufs d’or pour ses parents cafetiers : il pleurait de l’alcool. On avait donc donné à la nourrice l’ordre suivant concernant le bambin : « À consoler avec modération ».


États d’ivresse

D’abord sérieuses et stratégiques, les réunions du roi Arthur et de ses compagnons se transformèrent, au fil des échecs qui usaient les chevaliers et les détournaient progressivement de leur sainte mission, en de longues et joyeuses soûleries où l’on discutait moins des moyens de retrouver le Graal que de l’art de vider des coupes moins sacrées. Et si le meuble rustique autour duquel les fêtards organisaient leurs beuveries était bien d’une forme grossièrement circulaire, ce n’était pourtant pas tant la Table que la tablée qui était ronde.


États d’ivresse

Il se coupa les veines et remplit douze calices du liquide qui s’échappait de l’entaille. Il rejoignit ses compagnons et les servit. « Prenez et buvez-en tous. »
Voilà bien le seul miracle en ce qui le concernait : comment pouvait-il vivre avec autant d’alcool dans le sang ? Pour les autres miracles, ceux dont ses apôtres pensaient être témoins, eh bien… ce régime à tous les repas affectait forcément leur perception.
Vivement qu’ils écrivent leurs mémoires. Ça promettait d’être amusant.


États d’ivresse

Encore une fois, il était fin saoul. Et encore une fois, il voyait la vie en double. Il s’esclaffait à la vue de ces immeubles qui se dressaient deux à deux, presque enchevêtrés, de ces voitures identiques roulant par paires, de ces passants jumeaux qui allaient de conserve. Le rire lui manqua pourtant soudain et il fut saisi d’une telle panique qu’il en lâcha sa bouteille – qui se brisèrent sur le trottoir. Son cerveau brumeux se mit à tourner à plein régime mais il ne put s’expliquer l’impossibilité dont il était témoin. À quelle espèce de chimère avait-il affaire ? Quelle apparence pouvait bien avoir aux yeux d’un être sobre cet individu qui venait dans sa direction et qui – horreur ! – lui apparaissait en un seul exemplaire ?


États d’ivresse

Le gendarme hésita, consulta la notice à nouveau et compara avec l’éthylotest. La couleur affichée par l’appareil n’était pas répertoriée dans le manuel. Et pour cause, lui-même n’en avait jamais vu de telle de toute sa vie. Il s’apprêta à faire descendre le conducteur, et décida finalement que rien ne lui permettait d’importuner cet automobiliste plus longtemps, malgré son air vaseux et ses propos inintelligibles. Il jeta un œil au permis de conduire avant de le rendre à son propriétaire et laissa partir ce dernier sur un simple « Vous pouvez y aller, monsieur Cthulhu. »


États d’ivresse

Après 40 ans de service, la foi du prêtre était toujours aussi intense, et ne cessait même de croître. Il communiait désormais plusieurs fois par jour, et plus que de raison. Par le corps et le sang du Christ. Par l’hostie et le vin.
Oui, sa foi était intacte. Son foie, beaucoup moins.


États d’ivresse

L’ogre arrosa allègrement son festin de litres d’un affreux picrate. À la septième bouteille, il rendit tripes et boyaux. Bien heureusement, ce n’était pas les siens.


États d’ivresse

Malgré les interdictions de Geppetto, Pinocchio profita de l’absence de celui-ci pour se rendre à la cave et ne fut pas long avant de goûter aux Chianti. Il en but tant et tant qu’il s’endormit sur place et se réveilla le lendemain avec une horrible gueule de chair.


États d’ivresse

La procession solennelle et, dans un premier temps, impeccablement rectiligne des animaux embarquant sur l’Arche ressortait titubante et zigzaguante du bar du port. C’est que la promesse de quarante jours de régime aqueux avait de quoi déprimer même les moins fêtards de la troupe. Noé dut leur faire la leçon. Il n’y a bien que le serpent qui y échappa, peut-être grâce à son esprit de contradiction habituel, qui se manifestait en toute occasion. Pour lui, pas besoin de sermon : après quelques verres, il filait droit.


États d’ivresse

Pac-Man n’avait pas besoin de boire pour être rond. Et un seul verre suffisait pour qu’il roule sous la table.


États d’ivresse

Peu habitué aux beuveries, l’ouroboros se réveilla la tête dans le cul. Ce qui ne constituait finalement qu’une légère variation de son état habituel.


États d’ivresse

L’alcoolique s’abreuvait sans fin à la bouteille de mezcal, au fond de laquelle baignait un petit ouroboros.


États d’ivresse

L’ouroboros bourré voyait son métabolisme inversé : il se vomissait.


États d’ivresse

Fidèle à la tradition familiale de beuverie, mais fier de sa capacité à ingurgiter autant de vinasse qu’il le souhaitait sans jamais en rendre une once, le duc fit retirer de ses armoiries la guivre vomissante. Et il se choisit pour devise : Bibit nec vomitur.


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