Archives de Catégorie: 15 Dans les bois

Dans les bois

En guise de protestation contre l’oppression bûcheronne, cet arbre s’est immolé par le feu. Ses camarades auraient aimé se désolidariser de ce geste, et ils l’ont même vivement condamné, avant de flamber à leur tour.

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Dans les bois

Dans les bois, le garde-forestier a de plus en plus de peine à exercer sereinement son travail. Surtout depuis qu’il est seul à devoir gérer tous ces arbres qui veulent s’échapper.


Dans les bois

Au Woods Café, on accueille tout le monde. Les vieilles branches comme les durs de la feuille.
— Qu’est-ce que je te sers ? demande le barman à l’homme-tronc.
— Une petite mousse.


Dans les bois

Dans les bois, le Général Champignon motive ses troupes. Il exhorte les amanites, les chanterelles, les trompettes de la mort et tous les autres soldats Fungi à contre-attaquer. Ils ne se laisseront pas envahir et déloger par l’Homme ! Dès ce soir, ils avanceront sur la ville, s’y répandront, l’occuperont. Ils sont sur le pied de guerre !
Clameur dans les rangs.
« En parlant de pied, fait un bolet dans le fond, on y va comment, déjà ? »


Dans les bois

Mordu par un chêne-garou, il se transformait, les soirs de pleine lune, en arbre, et attendait là, toute la nuit, sans rien faire. Immobile. Impuissant.
Parfois, il lui arrivait tout de même de se demander comment il avait bien pu se faire mordre, exactement.


Dans les bois

Le bûcheron s’impatientait. Je lui ai fait signe : Juste une minute… J’ai gravé ton nom sur l’écorce du grand chêne, puis le mien. Je les ai entourés d’un cœur, puis j’ai fait une croix dessus et versé une larme. Enfin, j’ai dit : « Vous pouvez y aller. » Je me suis écartée, et la tronçonneuse a rugi, mordu le tronc…
Et toi, tu pleurais contre l’arbre, tu criais dans ton bâillon, tu t’agitais dans tes liens…


Dans les bois

La cognée contre l’écorce fait souffrir la forêt.
— Hache, toi qui es pour moitié ma sœur, pourquoi me trahis-tu ?
— Je n’y suis pour rien ; l’homme m’a fait son esclave.
— Alors libère-toi de tes fers, use de ton fer. Ne sois pas sa complice fratricide.
Les manches se tordent dans les mains des bûcherons. Les lames se retournent contre leurs maîtres. Elles frappent, tranchent, fendent. Ne sont point d’écorce les copeaux qui volent, ne sont point de sève les flots qui coulent.
La forêt est sauve, pour cette fois, et pour quelques ans encore. Mais de qui implorera-t-elle la miséricorde et l’assistance lorsque les dents des tronçonneuses grinceront contre ses enfants ?


Dans les bois

Le vent murmure un chant de perdition, les chemins s’égarent dans les ronces et n’en ressortent plus, le pépiement des oiseaux n’est qu’un écho déformé et lugubre. Le marcheur arpente le sous-bois la peur au ventre. La forêt complote contre lui. Il n’ose crier à l’aide, de peur d’attirer les bêtes sauvages. Il ose à peine faire un pas de plus, de crainte de se perdre plus encore. Il ne rentrera pas ce soir. Il ne rentrera plus jamais. Il morigène son étourderie, qui a mené une simple chasse aux champignons vers cette fin tragique et stupide. Il aurait dû écouter son épousée. « Mais qu’est-ce tu vas faire le pitre dans la nature ? Va plutôt me chercher des conserves au Lidl. »


Dans les bois

On prétend que des lutins lubriques vivent dans les bois, cachés sous l’humus. Le Petit Chaperon rouge n’y croit pas. Elle ne connaît là que la nature accueillante. Les écureuils sautillants, les arbres à la ramure frémissante, les souffles du vent. Et ces étranges champignons qui se dressent sur son passage.


Dans les bois

Dans les bois, je voulais graver sur l’écorce d’un arbre nos initiales entourées d’un cœur, et « Pour toujours » en-dessous. Mais j’ai encore oublié comment tu t’appelles.


Dans les bois

Dans les bois, il naît. Il s’éveille, grignote, grandit, mange, se développe, avale, effraye la faune, engloutit la flore et ne recrache que cendres.
Dans les bois, le grand méchant feu est un prédateur aveugle.


Dans les bois

Dans les bois, le Petit Chaperon rouge s’est sifflé la bouteille de vin et, conséquence, lâche des galettes. Finalement, le loup se dit qu’il a mieux à faire aujourd’hui.


Dans les bois

Si la nuit tombe dans la forêt mais qu’il n’y a personne pour l’entendre, fait-elle encore du bruit ?


Dans les bois

Dans les bois, le Petit Chaperon rouge aimerait pouvoir poser un cake peinard sans se faire emmerder à chaque fois par le grand méchant loup.


Dans les bois

« Dans les bois vit un terrible loup végétarien ! »
Alors qu’il s’aventure dans la forêt, l’avertissement fait encore trembler de peur le petit champignon rouge.


Dans les bois

Dans les bois, je grave nos deux noms de mon canif. Un amour éternel. Je grave un cœur. Le tien. De nos prénoms suinte le sang. Et l’organe cesse lentement de battre dans ma main.
Dans les bois, tu ne me quitteras plus. Je t’ai tué avant que tu n’assassines notre amour.


Dans les bois

Dans les bois, le bûcheron fou abat les arbres à la chaîne. Celle de sa tronçonneuse, évidemment.


Dans les bois

Dans les bois, le loup n’a que faire des petits chaperons rouges. Les joggeuses, en revanche…


Dans les bois

Au fond des bois, il fait cueillette. Récolte des rouges, des verts, des jaunes, des bleus…
Au fond des bois, il se confectionne un chapelet de chaperons, le loup à l’estomac creux.


Dans les bois

Dans les bois, le loup poursuit des petits chaperons rouges et de noirs desseins.


Dans les bois

Ces bois ont toujours été le lieu d’occultes cérémonies… Par arrêté municipal, il a été décidé d’y effectuer des coupes claires pour éviter les messes noires.


Dans les bois

Dans les bois, il y a le cerf. Sur le cerf, il y a les bois. Topologiquement, j’ai déjà mal à la tête.


Dans les bois

Dans les bois, on craint le loup. Il peut surgir à tout moment.
Dans la gueule de bois, on ne craint plus le renard. Il a été lâché la veille au soir.


Dans les bois

Dans les bois, il y a toujours un chasseur prêt à tirer au moindre mouvement.
Là, un loup ! Pan ! Explosion de rouge.
Le loup s’enfuit. Le rouge reste. Le chasseur s’approche… Rouge sur rouge. Merde…
Au moins, se dit l’homme au fusil, je ne rentre pas bredouille. Voilà une galette et une bouteille de vin qui feront mon bonheur.


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