Archives de Catégorie: 07 Crise, grève et dépression

Crise, grève et dépression

Personne ne comprit d’où venaient tous ces petits bonhommes verts qui installaient leurs parasols et leurs chaises longues sous les pluies acides, qui se baignaient dans l’eau de la mer de Fukushima et sniffaient le désert de sel d’Aral. Tout ce qu’on savait, c’est qu’ils dézinguaient à coups de rayons laser les humains venant les faire suer d’un peu trop près.
Le seul qui parlait leur langue et aurait pu répondre était parti bien loin, dépenser ses milliards de milliards de crédits intergalactiques sous des cieux plus cléments, dans un autre système solaire.
N’en déplaise aux écolos, le banquier des banquiers avait en effet réussi le tour de force de vendre à bon prix une planète que tous considéraient déjà comme foutue.

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Crise, grève et dépression

Toi aussi, chômeur de longue durée hier, aujourd’hui en fin de droit, disparais des radars et des statistiques, rejoins un univers secret caché dans les replis de notre monde, dans les failles de notre système : l’économie parallèle !


Cirque / Crise, grève et dépression

Depuis que les banquiers se sont emparés de son petit royaume aux confins de l’Inde et du Pakistan pour le partager entre eux, le chassant comme un va-nu-pieds, le maharadjah a rejoint une troupe de cirque et déprime. On l’a engagé parce que le fakir est mort de s’être mal assis et que la dompteuse d’éléphant est partie. Et en plus, il est déjà exotique, autant dire qu’il ne coûte rien en maquillage. Vu les épreuves qu’il a traversées, il a le cuir plus que dur, ce qui est parfait pour la planche à clous, et parler à l’oreille d’un éléphant n’est pas bien compliqué. Mais ça ne fait pas pour autant son affaire. Naguère, son pouvoir reposait sur les pics sacrés de sa contrée, aujourd’hui, il repose sur des clous, naguère il régnait sur le cœur de tous les hommes de son royaume, aujourd’hui, sur le cœur de quelques femmes furtives dans des villes de passage.


Crise, grève et dépression

Le mouvement se durcit. Poings dressés têtes hautes, citoyens fiers, qui scandent à tue-tête des chants révolutionnaires. La répression se durcit. Le mouvement se poursuit au sol. Les slogans s’étouffent dans le sang des dents cassées. Mais même s’ils sont brisés et humiliés, le combat continue, non ? Ils restent, protestent à terre.


Crise, grève et dépression

Dicton du trader :
« Science de l’économie sans abus de confiance n’est que ruine de l’amas de richesses. »


Crise, grève et dépression

haï(seppu)ku

Compression économique
Dépression chronique
Répression à coups de trique


Crise, grève et dépression

En temps normal, ce sont surtout les pessimistes qui en viennent, un jour ou l’autre, à souffrir de dépression.
En temps de crise, certains s’étonneraient que les salles d’attente des psys et les asiles soient pleins ? Pourtant, en ces périodes-là, il suffit d’être un tant soit peu au courant de ce qui se passe dans le monde et réaliste pour sombrer dans la dépression.


Crise, grève et dépression

L’effet-domino de leurs (ex)actions entraîne la fermeture des usines en France et leurs délocalisations, l’une après l’autre, mettent en échec toute réelle politique concertée de sortie de crise, ils acculent les Rois pour les forcer à se coucher, ils raflent la mise quelles que soient les cartes que l’État, les associations, les organismes de régulation et vous-mêmes avez en main… Et après, on me dira que non, les marchés ne jouent pas avec nos vies ?


Crise, grève et dépression

Le banquier des banquiers n’est pas le premier clampin venu, il est persuadé qu’il est un des rares élus à écrire l’Histoire. Aussi, quand la dépression le menace, il ne fait pas venir un psychologue ou un psychiatre, mais demande l’expertise d’un historien.


Crise, grève et dépression

Les requins de la finance sont toujours sur les dents lesquelles, au passage, rayent le parquet. Pourtant – merveilles du darwinisme appliqué aux marchés -, leurs vilaines quenottes repoussent toujours, ad vitam æternam. On notera par ailleurs, sans trop de surprise, qu’ils n’ont pas de dents de sagesse. Mais avoir les crocs quasiment en permanence leur suffit amplement.


Crise, grève et dépression

Quand les traders arrogants et les nouveaux milliardaires s’imaginent pouvoir jouer dans la même cour que lui, le banquier des banquiers les renvoie à leurs niches fiscales en péril.


Crise, grève et dépression

Commande spéciale, très particulière, pour le banquier des banquiers. Il demande à Hermès de lui faire un de ses célèbres carrés, mais à partir de tissu social.


Crise, grève et dépression

D’habitude peu enclin à se salir les mains, le banquier des banquiers est prêt à tuer la révolution dans l’œuf, pour peu qu’il s’agisse d’un œuf de Fabergé, récupérable immédiatement après, s’il n’a pas été trop abîmé.


Cirque / Crise, grève et dépression

Le Pôle Emploi de Plougastel essaie de convaincre le gardien de phare du coin et tous les marins au chômage de mettre un peu de bonne volonté quand même, et de travailler dans un cirque, nan-c’est-pas-une-blague-est-ce-que-j’ai-l’air-de-rire ?
— Vous serez dans votre élément naturel : les clowns ne travaillent jamais sans fard et les acrobates jamais sans filet !


Crise, grève et dépression

Sous la pression de l’Allemagne du reste de l’Europe, la Grèce consent à mettre en vente quelques îles. Le banquier des banquiers applaudit l’initiative, mais décide sagement d’attendre que le catalogue s’étoffe et que les prix baissent, avant d’acheter.


Crise, grève et dépression

Qu’ils aient travaillé ou glandé pendant la « reprise », les politiciens se trouvèrent fort dépourvus quand la crise fut venue. Fini la dolce vita, l’État-providence et les grandes rasades d’ouzo sur les marches du Parthénon éclaboussées par le soleil. Les peuples doivent désormais affronter la rigueur d’un hiver financier. Remballez vos frasques et vos frusques, vos référendums et vos péplums surjoués au milieu des cirques de vos assemblées, il ne vous reste comme choix que vous plier aux marchés ou déguerpir. Ne cherchez pas d’autres solutions face au pouvoir de l’argent, c’est le banquier des banquiers qui détient toutes les (stocks-)options.


Crise, grève et dépression

Dieu est mort. Certains théologiens, désormais au chômage, radotent que c’est la faute de ce salaud de Nietzsche qui l’a tué, pris d’une crise de fo(l)i(e).


Crise, grève et dépression

Le banquier des banquiers se réjouit d’avoir provoqué le passage de la TVA de 5,5% à 7% en France. Par de savants calculs, il fait une rapide estimation de la hausse des prix et de ce qu’il touchera en plus au bout d’un an de ce régime (d’imposition). De quoi offrir un sympathique cadeau à son fils aîné : une île ou une chaîne d’hôtel d’envergure internationale. Grâce à la hausse de TVA de l’Allemagne, il a déjà le budget pour l’anniversaire de son fils cadet. Reste à prendre cinq minutes afin de lever les fonds pour les cadeaux de ses trois autres enfants.


Crise, grève et dépression

Des milliers de cheminots descendent dans la rue. Les médias parlent de « privilégiés », de « nantis »… Ils évoquent bien sûr le calvaire des « honnêtes travailleurs pris en otage par les grévistes ». Finalement, des millions de Parisiens privés de trains rejoignent les cheminots, battent le pavé à leur côté. Aucun journaliste n’a prévu que la psychologie des foules puisse être marquée par le syndrome de Stockholm.

(une des micronouvelles non retenue de la sélection pour mon minirecueil En grève/En huelga téléchargeable gratuitement ici : http://nanoediciones.com/docs/n76_enhuelga_jfuentealba.pdf)


Crise, grève et dépression

Les peuples affamés, harassés, appauvris font des démonstrations de force à coups de grève, d’indignations et d’occupations, les gouvernements roulent des mécaniques en affûtant leur légitimité et en astiquant leurs matraques. Mais seul le banquier des banquiers possède le véritable pouvoir : il tient le monde par les Bourses.


Crise, grève et dépression

La grève au ciel s’éternise déjà depuis des heures. Les nuages se fâchent tout noir en grondant de plus en plus fort leurs slogans (autant de formules éclairs). La situation délétère débouche sur une dépression atmosphérique…


Crise, grève et dépression

Grosse vague de licenciement dans la grande entreprise où travaille ce DRH. Il décide de prendre des cours de karaté, pour acquérir une meilleure maîtrise des coups.


Cirque / Crise, grève et dépression

Restriction budgétaire, pour la petite troupe, qui doit vendre plusieurs caravanes afin de survivre. Monsieur Loyal a la solution, pour continuer d’emmener tout son petit monde d’une ville à l’autre : il faut apprendre à se serrer un peu. C’est la contorsionniste qui est chargé de montrer aux artistes et aux animaux comment s’y prendre, dans la pratique.


Crise, grève et dépression

Le banquier des banquiers fait une grosse Dépression. Mais ça va pour lui, hein. C’est pur caprice et ça ne pèse pas trop sur son moral.


Crise, grève et dépression

C’est encore quand il se jette à corps perdu dans la grève que le marchand de sable trouve le plus de matière première.


Crise, grève et dépression

REPORTAGE EN DIRECT. Le mouvement des indignés prend de l’ampleur en Grèce. Il s’étend aux touristes qui, allongés sur la plage, ont entamé une grève de la faim… Ah tiens non, ils partent au restau !


Crise, grève et dépression

MÉTÉO FINANCIÈRE. Les cours plongent, remarque le banquier des banquiers, en remontant son col. Il va pleuvoir des spéculateurs.


Crise, grève et dépression

— C’est quoi ce pays riche qui voit des SDF accoucher des enfants mort-nés dans la rue ?
— Ah, mais vous n’êtes pas au courant ? La France n’est plus un pays riche… Les agences de notation viennent de dégrader sa note…


Cirque / Crise, grève et dépression

Le chercheur avait beau être brillant, on lui avait coupé ses crédits, restriction budgétaire oblige. Comme il n’avait pas encore trouvé le moyen de transformer la crotte de chien en or, il dut se faire une raison et trouver un nouveau travail. Il posa une condition au gérant du cirque – avoir accès à la piste aux étoiles, les soirs où il n’y avait pas de représentation pour mener des observations astronomiques – que ce dernier accepta sur-le-champ. Il n’allait pas tergiverser, car sa nouvelle recrue était vraiment impressionnante : jamais encore il n’avait vu quelqu’un jongler comme ça avec les théories, les concepts et les équations.


Crise, grève et dépression

Monde dégueulasse, effroyable, qui voit un bébé naître et mourir dans la rue. On pourrait au moins attendre que les gosses soient en âge de marcher pour les laisser crever dehors. Ça serait plus – c’est quoi le mot, déjà ? – humain.


Cirque / Crise, grève et dépression

Ce n’est pas que le lanceur de couteaux roumain et l’avaleur de sabre hongrois soient maladroits. Ce n’est pas que le funambule malgache ait la vue qui baisse et, quand il tombe, rate une fois sur deux le filet. Ce n’est pas, non plus, que les animaux africains et asiatiques aient tout un tas de maladies exotiques, à cause de conditions d’hygiène déplorable, et coûtent très cher en vétérinaire. Non, c’était le racket institutionnalisé des assurances qui avait poussé le cirque à fermer… sans parler des papiers des forains, non renouvelés.

(Un grand merci à Sandrine Scardigli pour la plus-value apportée au moment de la relecture/correction !)


Crise, grève et dépression

Le banquier des banquiers fait une partie d’échecs contre lui-même, parce qu’il n’a pas trouvé de joueur à sa hauteur. Son échiquier est le monde, il change les règles à loisir et ses pions, noirs et blancs, se comptent par milliards. Il va pour déplacer un pion et, splash, il l’écrase sans le vouloir au moment de le saisir. Il s’essuie le doigt sur un mouchoir en soie et change de tactique. Il attrape une bonne poignée de quelques dizaines de milliers de personnes. S’il ne serre pas trop fort, il devrait en garder quelques-unes en vie. Et hop, il les délocalise.


Crise, grève et dépression

« Vous êtes des sauvageons, de la racaille, des parasites et des gangs de banlieue cherchant à déstabiliser la démocratie et le dialogue social », dit le gouvernement en haussant le ton.
« Nous sommes la révolution en marche, les lendemains qui chantent et la mort de l’oppression étatique », crient les manifestants.
« Vos gueules, il est minuit passé !!!! », hurlent en chœur les riverains.


Crise, grève et dépression

Le monde entier traversait une crise de confiance envers les banquiers. Mais ces derniers en avaient un peu beaucoup rien à foutre… La confiance était une valeur qui n’était pas (encore) cotée en Bourse.


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