Archives de Catégorie: 04 Petites Genèses

Petites Genèses

Au commencement, Dieu commença à décompter les millénaires : déjà, la fin était proche.

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Petites Genèses

Au commencement, iDieu vivait dans un garage. Il créait par plaisir, par défi, par passion. Et il créait bien. Puis, il y eut un jour où son ego enfla, son avidité décupla, sa cupidité fut sans limites. Il voulut devenir le maître du monde (ce qui était d’autant plus absurde qu’il était déjà iDieu et que l’iMonde était sien). Il créa l’iPomme, que iAdam et iÈve adorèrent, vénérèrent, louèrent les yeux fermés, prêts à tout sacrifier pour elle, car elle apportait l’iConnaissance. Puis iDieu commença à avoir la folie des grandeurs et la fringale du portefeuille. Il créa moult iNutiles choses, comme l’iRoue, l’iFil à couper le beurre, l’iJaidéjàdéposélebrevet. Son besoin de créer était devenu sa Création de besoins. Alors, iDieu se sentit plus grand que les plus grands, plus éternel que les plus éternels. Mais un matin, iDieu se réveilla mort. On raconte que c’est dans l’iCiel qu’il loge, mais c’est une erreur. L’iParadis n’est pas compatible avec son système d’exploitation.


Petites Genèses

Au commencement Jah créa l’herbe qui fait rigoler. Et Adam et Ève rigolèrent beaucoup. Et Jah vit que ce n’était pas très productif. Sauf pour les producteurs d’herbe qui fait rigoler.


Petites Genèses

Malgré un travail de lobbying acharné et de nombreuses promesses de damnation éternelle, Dieu ne put empêcher la création de Charles Darwin.


Petites Genèses

Miroir, mon bon miroir, demanda Dieu à son bon miroir, dis-moi qui est le plus beau en cette création. C’est Satan, répondit le bon miroir.
Fou de rage, Dieu se transforma en vieille femme arthritique et partit trouver Satan dans la petite maison de rondins de mélèze au fond de la forêt ténébreuse. Il lui offrit une pomme empoisonnée, et s’en fut, gloussant dans sa longue barbe de vieille femme arthritique.
Mais Satan n’était pas né de la dernière pluie. Il ne croqua point la pomme et échafauda un plan diabolique. Il s’attaquerait à la plus aimée des créations de Dieu, plus que les anges eux-mêmes (qui sont quand même le top de la création), plus que lui-même (qui est quand même le top du top de la création).
Il se glissa dans un bel arbre plein de bonnes branches et de feuillues feuilles, et tenta Adam. Qui ne l’écouta guère. Le bougre n’était intéressé par rien. Il tenta Ève qui, elle, avait soif d’émancipation, et qui ne se le fit pas dire deux fois. Et Adam et Ève croquèrent la pomme empoisonnée, acquirent la connaissance du bien et du mal, trouvèrent qu’à laisser à l’air libre leur parties génitales ils risquaient un procès des fondamentalistes de tous bords, et furent chassé par Dieu du paradis terrestre.
Et Satan s’en fut en gloussant. Mais pas pour longtemps : encore plus fou de rage, Dieu le sortit du paradis à coup de pompes dans le fondement.
Ainsi les hommes apprirent que la beauté est proportionnelle à la somme des emmerdes qu’elle engendre.
Ainsi Satan apprit que Dieu n’était pas encore mûr pour accepter la libre concurrence. Et qu’Il n’avait pas le sens de l’humour.


Petites Genèses

Au commencement, Dieu créa Barbara Cartland. Et le monde était rose, rempli de petits pékinois débiles, de coussins moelleux, de parfum à la lavande, de roses perlées de gouttelettes d’amour, de nuages de barbe à papa. Et tout cela était tendre, tout cela était doux, tout cela faisait frémir et frissonner, tout cela donnait du baume au cœur (et un peu la nausée mais Dieu avait pris du Mercalm). Mais un jour, Dieu, qui faisait la sieste, faillit mourir emporté par ce raz-de-marée de guimauve. Il se dit qu’il était temps de reprendre tout ça en main. C’était joli, certes, mais bien trop dangereux. Il apporta donc quelques corrections. Il refit le portrait à Barbara Cartland, la dota d’un sexe à géométrie variable et d’une paire de corones, et transforma son pékinois en pitbull. Et, le lendemain, Charles Manson égorgeait tous les poneys multicolores et repeignait le monde en rouge et noir.
Hum… fit Dieu. Le dualisme c’est bien sympa, mais le juste milieu, c’est peut-être mieux.


Petites Genèses

— Racontez-moi tout. Vous avez eu des problèmes durant votre enfance ?
— Je n’ai jamais eu d’enfance. Je suis né adulte.
— Et votre mère ?
— Je n’ai jamais eu de mère.
— Votre père ?
— Mon Père ? Je ne l’ai vu que deux fois. La première, il m’a dit de ne pas bouffer ses pommes. La seconde, il m’a viré de sa baraque. Question communication et relationnel, c’est plutôt limite, non ?
— Et les femmes ?
— La femme, vous voulez dire ? Ça va. Ève est une compagnonne sympa, un peu trop entreprenante. Je pourrai lui en vouloir car c’est sa faute si on se retrouve à la rue, mais, finalement, je lui suis reconnaissant. Sans elle, je serai encore à regarder le ciel bleu à la recherche d’un nuage, à me prélasser à poil comme une larve, complètement amorphe, à brouter l’herbe fraîche, ou encore à rire de tout comme une baleine bourrée au protoxyde d’azote.
— Vous avez manqué d’affection ?
— Je ne sais même pas ce qu’est l’affection.
— Ça vous fait peur d’avoir des enfants ?
— Vraiment, oui. D’abord, ni Ève ni moi savions que c’était possible, ni même que les enfants existaient. Vous parlez d’une surprise. Et vu les caisses qu’on se trimballe niveau psychologique, on va jamais les élever correctement. On va en faire des monstres. Et si eux aussi se mettent à faire des enfants, je vous raconte pas le chaos.
— Vous craignez pour l’avenir de l’humanité.
— Je crains surtout pour l’avenir du reste.


Petites Genèses

Le jour où Dieu créa l’ornithorynque, il n’avait pas les idées en place.


Petites Genèses

Au commencement, Kévin créa les cieux et la terre.
La terre était informe et vide : il y avait des ténèbres à la surface de l’abîme, et l’esprit de Kévin se mouvait au-dessus des eaux.
Kévin dit : Que la lumière soit ! Et la lumière fut.
Kévin vit que la lumière était bonne ; et Kévin sépara la lumière d’avec les ténèbres.
Et ses potes dirent : Putain, Kévin, tu daichire. Comman tu fé ass ?
Et Kévin dit : Wesh tranquille. Toi-même tu sais.


Petites Genèses

Y aura-t-il un chrétien pour pardonner à Dieu d’avoir créé le yorkshire ?


Petites Genèses

Le premier jour, Dieu créa les juifs. Et les juifs adorèrent Dieu. Le deuxième jour Dieu créa les catholiques. Et les catholiques adorèrent Dieu. Le troisième jour, Dieu créa les musulmans. Et les musulmans adorèrent Dieu. Le quatrième jour, Dieu créa les orthodoxes. Et les orthodoxes adorèrent Dieu. Le cinquième jour, Dieu créa les protestants. Et les protestants adorèrent Dieu. Le sixième jour Dieu créa les mormons, les témoins de Jéhovah, les évangélistes, les rastafaris, et tous adorèrent Dieu. Enfin vint le septième jour. Et Dieu, qui avait bien mérité une journée de détente, créa la télévision. Et tous les hommes se détournèrent de Dieu et se prosternèrent devant leur nouveau prophète (bientôt en couleur, puis en 16/9ème et en 3D).


Petites Genèses

Au commencement était la lettre A


Petites Genèses

Au commencement, Dieu créa le Death-metal. Et les anges, fous d’adoration, chantèrent la Gloire du Seigneur ! Hosana ! alleluia ! ratatatatam roulement de double grosse caisse, gloria in excelsis deo ! solo de gratte, laudamus te ! Et Dieu vit que c’était très bruyant. Il dit aux anges : Il suffit, ce bruit me dérange, il affecte mes Powers Pouvoirs, émousse ma Créative Créativité. Aménagez la cave comme vous le voulez et allez y faire vos répètes.
Ainsi était né l’enfer.


Petites Genèses

Au commencement, Dieu créa l’agneau. Et l’agneau bêlait sans cesse. Car l’agneau voulait une mère, l’agneau voulait un père, l’agneau voulait un pré d’herbe fraîche, l’agneau voulait une source d’eau pure, l’agneau voulait un canapé, l’agneau voulait une télévision 16/9ème, l’agneau voulait un iPhone, un championnat de foot, des jantes en alu pour son 4X4, de la coke et des putes russes avec des seins comme des melons… Alors Dieu créa l’homme. Voilà, dit-Il à l’agneau, l’homme sera ton berger. Mais l’agneau n’aimait pas l’homme. Alors Dieu crée la femme. Voilà, dit-Il, la femme sera ta fileuse. Mais l’agneau n’aimait pas la femme. Alors Dieu poussa un beuglement d’exaspération. Et l’agneau, qui commençait à comprendre qu’il avait poussé le bouchon un peu trop loin, dit « OK, je veux bien du berger et de la fileuse ». Mais il était déjà trop tard. Le berger s’était changé en boucher, et la fileuse en rôtisseuse. Alors l’agneau s’enfuit loin dans la montagne, la forêt, la plaine, tout en faisant une jolie patte d’honneur à Dieu et en bêlant « La liberté n’appartient qu’à celui qui sait la conquérir ! ». Ce à quoi Dieu répondit en créant le loup.

 


Petites Genèses

Au commencement, Dieu créa la bicyclette. Et Dieu vit que c’était bon. Surtout pour descendre les côtes. Pas trop pour les monter. Alors, Dieu créa les remonte-pentes. Et Dieu vit que c’était bon. Mais pas très pratique en hiver quand il y avait de la neige partout. Alors Dieu créa les skis. Et Dieu vit que c’était bon. Mais Dieu se dit que ça ne servait à rien vu que personne n’utilisait ni les bicyclettes, ni les remonte-pentes, ni les skis. Alors Dieu créa les hommes. Et Dieu vit que c’était bon. Mais comme Dieu en créa beaucoup, Dieu s’aperçut rapidement que c’était le bordel, surtout en bas des remonte-pentes. Alors Dieu créa les files d’attentes. Et Dieu vit que c’était bon. Mais bien vite, Dieu constata que les hommes ne respectaient pas Ses files d’attentes, resquillant sans cesse, se querellant jusqu’à se distribuer des mandales pour ne pas à avoir à attendre au bas des remonte-pentes. Alors, Dieu créa les milices privées. Et Dieu vit que c’était bon. Mais personne ne prêtait attention aux sages injonctions des miliciens. Alors Dieu créa les bombes lacrymos, les matraques et les salles de torture. Et Dieu vit que c’était bon. Puis, prenant un peu de recul, Dieu s’interrogea. N’avait-Il pas créé tout et n’importe quoi, et pas forcément dans l’ordre le plus raisonnable ? Dieu fit pffff et se dit « Ce qui est fait est fait, Je ne vais quand même pas tout reprendre à zéro ». Mais comme rien ne semblait s’arranger, Dieu créa les plaines, ce qui élimina le problème des queues interminables devant les remonte-pentes.


Petites Genèses

Au commencement, Nyarlathotep créa l’indicible horreur, et il en fut très effrayé. Du coup, il laissa la place à Dieu qui fit dans le consensuel.


Petites Genèses

Au commencement, Dieu créa le communisme, et il fut accusé de manger les petits enfants. Intrigué, Il créa les petits enfants pour voir le goût que ça avait, et Il vit que c’était tendre, mais pas spécialement goûtu. Il les offrit aux chantres du capitalisme qui s’empressèrent d’inventer les usines de chaussures pour exploiter cette main d’œuvre providentielle. Alors, Dieu eut l’impression de s’être un peu fait avoir sur ce coup.


Petites Genèses

Au commencement, Dieu créa Marcel Proust, et Il vit que c’était bon, ces petits salons provençaux, ces petits souvenirs qui vous tiennent en haleine pendant quatre cents pages, cette recherche de la vérité de l’âme qui vous fait chaud au cœur, de l’être qui vous fait froid dans le dos, ces portraits surannés, ces lieux égarés dans un temps qui n’est plus le nôtre, ces images de l’amour, du vide de l’amour, de l’existence de l’amour, mais Il n’arrivait pas à finir sa phrase (alors Dieu créa les parenthèses, et Il vit que c’était bon, mais Il n’arrivait toujours pas à finir sa phrase) ; alors Dieu créa le point virgule, et Il vit que c’était bon ; mais Il n’arrivait toujours pas à finir sa phrase alors Il créa les madeleines en se disant qu’une fois la bouche pleine Proust arrêterait de raconter sa vie et celle des autres mais Dieu avait surestimé la puissance de la littérature qui n’est pas seulement une cuisine des mots des choses des sentiments et Il avait sous-estimé la loquacité et la détermination de Proust qui secrètement mais aucun secret n’en est jamais un pour Dieu pensait rivaliser en solennité et en intensité avec le Verbe tel que Dieu l’avait créé mais c’est pas la taille qui compte c’est la manière dont on se sert du Verbe et Dieu en ce domaine n’avait rien à apprendre de Proust et que même que Proust commençait à le gonfler tu crois que tu vas me tenir la jambe toute l’éternité tu te crois immortel petit Proust tu vas voir alors Dieu créa Satan qui créa Twitter les SMS et les micronouvelles et Proust resta sans voix.


Petites Genèses

Au commencement, Bouddha créa la patience. Depuis, il ronfle très élégamment en attendant la fin des temps.


Petites Genèses

Au commencement, Dieu créa l’autofiction. Et son livre fut le plus lu de tous les temps.


Petites Genèses

Au commencement, Dieu créa tout et n’importe quoi. Puis, le sixième jour, Il créa les hommes à son image, qui s’empressèrent eux-aussi de créer tout et n’importe quoi.


Petites Genèses

Au matin du septième jour, Dieu créa la marijuana. Et plutôt que finir son boulot, Il alla manger des pizzas en fumant des bédos et en regardant la première saison de Desperate Housewives.


Petites Genèses

Si Dieu avait lu « La Création pour les nuls » avant de se lancer dans Son grand œuvre, on serait sûrement moins dans la merde aujourd’hui.


Petites Genèses

Au commencement, Dieu oublia de créer les dinosaures, les australopithèques, les pithécanthropes, la dérive des continents, le Gondwana et la théorie de la tectonique des plaques, celle de l’évolution bien sûr, celle de la relativité évidemment. Pff, quel manque de rigueur tout de même. Heureusement que l’homme se chargea de finir le boulot.


Petites Genèses

C’est pas vrai, dit Elohim en s’arrachant les cheveux. Je leur interdis un truc, un seul, à peine je tourne le dos qu’ils se jettent dessus. Je les vire, je leur offre un monde vierge, plein d’innocence, ils commencent à s’entretuer. J’essaye de tous les noyer, il y en a un pour me convaincre que non, il est pas comme eux, qu’après tout sera différent, mieux, parfait. Tu penses… Vous verrez, d’ici quelques générations, ils sont capables d’inventer la sodomie. J’en peux plus… Qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu pour mériter tout ça ?


Petites Genèses

Au commencement, Dieu créa le commencement : c’était un bon départ.


Petites Genèses

Au commencement, Yahvé pas grand-chose à foutre.


Petites Genèses

Au commencement, Dieu créa la lumière. Et Il vit que c’était bon. Puis Il découvrit une boîte étrange où défilaient lentement quelques chiffres alors que d’autres semblaient rester immobiles. Bah, se dit-Il, qu’importe. Et puis arriva la fin du mois et la note d’électricité. Et Dieu resta coi.


Petites Genèses

Au commencement, Dieu créa les soixante-dix-sept péchés capitaux. Il en donna sept aux hommes, et se réserva les soixante-dix autres pour passer un peu de bon temps avec Dieuse.


Petites Genèses

Au commencement, Dieu créa les hommes. Et ces derniers créèrent la religion. Décidément, se dit Dieu, ils sont diaboliques.


Petites Genèses

Au commencement, Dieu créa les hommes, qui eux créèrent la propriété intellectuelle. Et Dieu se mordit les doigts de ne pas y avoir pensé avant eux.


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