Archives de Catégorie: 06 Le Bestiaire Fabuleux d’Albert Lü

Le Bestiaire Fabuleux d’Albert Lü

La gargouille
La gargouille est certainement un animal de la famille du dragon, bien que le feu qu’elle crache soit fait d’eau. Ce qui lui donne quelques aptitudes au théâtre. Elle est aussi comme la cigogne, mais comme elle oublie de partir vers les grand sud quand vient le gel, sur la pierre elle prend racine. Ce qui lui donne quelques aptitudes à la tragédie lyrique. Mais elle continue à cracher de l’eau, de toute sa lourde fureur, ce qui fait maintes et moult inondations, et fait donner de la mare à caniveau. Ce qui lui donne quelques aptitudes à la contrepèterie, même si Tatletoux de Moncru, dans son très érudit Traité sur les aptitudes qu’ont bestes et monçtruosités à parler le verbe de l’homme sans gognesments et beuglesments indaiçencts, affirme que c’est un peu léger et qu’il y a encore du boulot avant d’espérer atteindre le niveau 2.


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L’enzyme glouton
Musulman de Poitiers, dans son Encyclopédye des bestes glâtissantes à pastes et des bestes mourmourrissantes sans pastes, nous parle de l’enzyme glouton en ces termes peu élogieux : « C’est une grosse merde à qui j’aurais maynctes plaisir à défonser la gueule à coups de doc à coque de maille. » Car l’enzyme glouton ne mérite point d’éloge. Il mange le blé des pauvres, dévore les enfants des pauvres, avale les femmes des pauvres, viole les pauvres. Ce qui en fait l’animal préféré du roi de France, qui n’aime point les pauvres, même pas dans son assiette. Mais c’est le dragon que ce dernier a adopté comme emblème, car l’enzyme glouton à force de bouffer du pauvre, sent la misère indigente et la putréfaction bubonique quand il ouvre la gueule. Alors que le dragon sent le soufre, ce qui est très satanesque, mais quand même plus classe quand on veut se farcir un couillon de vassal qui l’ouvre un peu trop ou sa femme qui fait sa mijaurée.


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De la couleur de l’animal qu’on appelle éléphant.
Leonardo di Pastalis prétend que, lorsqu’on mange la peau de l’amanite tue-mouche, la véritable essence de la réalité se révèle à nos yeux, et l’on peut distinguer parmi les hommes lesquels en fait sont les démons qui se cachent parmi les hommes. On peut aussi voir la véritable couleur de l’éléphant, qui est proche du bleu de parme.
Dissoplasto de Catulinya n’est point d’accord. Il prétend que c’est en buvant des infusions de la plante appelée datura que l’on peut voir la véritable réalité, et que chaque homme est un démon puisque le monde n’est en fait que l’enfer que seul le déni résilient de nos péchés incestueux nous cache. Et la véritable couleur de l’éléphant est le rose moutarde. Sauf lorsqu’il va par paire et qu’il croise un sorcier.


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Le microponey
Aussi dois-je mentionner ce rare animal, tant prisé pour sa fourrure en poil de nains de jardin que pour ses sabots en dés à coudre. Le microponey mange beaucoup de champignons hallucinogènes, c’est pour cela qu’il se croit un grand cheval. Il est monté par des gnomes cavaliers, qui eux se croient des grands hommes, car ils fument des fils de bananes séchées. Il vit en de grandes hordes de trois individus dans les ridicules plaines des îles Microbes, qu’il croit être un continent immense. Il s’ébroue dans des flaques boueuses, pensant traverser un furieux océan. Il fait des bonds qui n’atteignent que rarement le haut des feuilles de gazon, persuadé d’embrasser de son museau lippu la douce soie du firmament et de hennir des mots de grandeur aux oreilles des limbes et de l’éther. Avorton de Maubeuge raconte que l’empereur Rase-Motte le Triple Membré conquit les Indes à dos de microponeys, et que ces derniers ne furent nullement effrayés par les troupes de naboléphants. Il prétend même qu’après la bataille, ils devinrent aminuscules, se marièrent et ouvrirent un parc d’attraction pour pygmées.


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Avec sa queue de scorpion, ses ailes de dragon, sa gueule de lion et ses trois rangées de crocs, la manticore trouve l’ornithorynque bien conventionnel.


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L’aye-aye
Geoffroy de Mammouth raconte que l’aye-aye est un animal douillet. Il n’apprécie guère que l’éléphant s’assoie sur lui. Il se transforme alors en sole meunière, mais garde ses grands yeux, très hallucinés de constater que l’éléphant est lourd. Aussi, il possède un lointain cousin qui vit dans les mines de Silésie, mais qu’on n’aperçoit que fort rarement, car il est noir comme la nuit. On le nomme le houille-houille.


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L’autruche
Les spéléologues ont longtemps confondu l’autruche avec le ver de terre. Toutefois, ils savent aujourd’hui que seul le ver de terre à la tête à la place de la queue, et le contraire tout autant. L’autruche, elle, confond toujours le ver de terre avec le spéléologue, même si elle considère ce dernier comme une variante un peu plus grassouillette du premier.


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Le morse
La nuit venue, le morse pleure sa solitude, les traits tirés et les poings tendus vers la lune.


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Le simorg
Le simorg est un oiseau très binaire qui se nourrit de cartes perforées. C’est un animal qui a soif de savoir. Quand sa mémoire est pleine, on peut le planter.  Aldefonse d’Asimov dit qu’il vit dans le futur, mais qu’il vient parfois rendre visite au présent pour nous défoncer la tronche, histoire que le présent reste à sa place et n’aille pas emmêler les dictatures du futur. Heureusement, depuis que Fridibert de Wells a détruit le futur lors d’une erreur de manipulation de sa machine à démonter le temps, le simorg est coincé dans le néant.


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Des animaux que l’on peut voir dans le lointain pays appelé Mongolie.
Philaldebert Le Visionnaire dit dans son Précis des bestialités oustrement esfrayantes que l’asticot de Mongolie est un être vorace et malveillant, si énorme qu’il dévore d’une seule bouchée la poule. Mais Sainte Zébuline d’ Hyderâbâd, dans son Recueil des marveilles des natusrelles asnimalytées que Dieu fayct et que Satan pourryct, dit que la poule de Mongolie est un être vorace et malveillant, si énorme qu’elle dévore d’un seul coup de bec le renard. Cependant, l’Abbé Troudbal de Grand-Gouffre dit dans ses Visions des moult infernales contrées et maintes observations sur la faune méphistophélieuse et la flore satanesque que le renard de Mongolie est un être vorace et malveillant, si énorme qu’il dévore d’un seul coup de croc le yack. Néanmoins, Li Fong Zhou dit dans son Traité des sublimes réalisations divines que le yack de Mongolie est un être vorace et malveillant, si énorme qu’il dévore d’un seul trait l’asticot de Mongolie.


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Le yéti
Le yéti est un animal fort étrange qui vit sur les hauts sommets des montagnes de l’Orient. Il ressemble à un singe de la couleur de la neige (car il se nourrit de neige) mais, quand il voit approcher un homme, il se transforme en yack, comme le caméléon se transforme en branche quand il voit approcher un bucheron. C’est le rêve de tous les coiffeurs d’attraper un yéti. On raconte que le yéti part parfois dans l’espace secourir des princesses à la tête en forme d’escargot et combattre d’étranges chevaliers noirs en armures de boîtes de conserve. On dit aussi que, quand il descend de la montagne, le yéti devient un lutteur turc. Aussi, le yéti est de mœurs dissolus : il est très attiré par les femmes à poils.


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Le scorpion
Physiologue raconte que le scorpion est la progéniture d’une limace engrossée par un chevalier déchu tombé dans les bogues de châtaignes. Il possède un aiguillon sur la queue qui est comme la corne d’un démon sans le démon au bout, et avec du poison à la place du feu des enfers, mais sans les trois têtes de Cerbère. Il est très prisé des alchimistes qui s’en servent d’allumettes car le scorpion, quand on lui frotte la tête avec du permanganate de potassium, s’enflamme comme la salamandre, car son âme est diabolique, et les gaz que contiennent son estomac sont faits de soufre et de nitroglycérine. C’est pour cela qu’il est peu recommandé d’écraser le scorpion, sauf si l’on veut s’envoyer en l’air. On peut jeter le scorpion à la gueule d’un vassal félon. Grandes sont les chances qu’il essaye de s’en débarrasser d’une claque et ainsi se fasse péter la tronche. Mais c’est utiliser les pouvoirs sataniques de l’enfer, et nous savons tous que c’est mal. C’est pour cela que celui qui utilise le scorpion est amené à être réincarné sous la forme d’un homard, qui est comme le scorpion, mais sans Satan dedans, et qui ne peut jamais prendre feu puisqu’il vit dans l’eau, et qui n’a pas de poison dans sa queue mais des poissons entre les pinces, ce qui intéresse moyennement les alchimistes. Bien plus les marmitons.


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Le Phénix
Il existe un animal appelé phénix, qui fait son nid sur le cratère du volcan. Quand il pond un œuf, celui-ci s’enflamme, et des cendres nait un petit phénix, avec moult magnifiques admirables plumes de feu du magma et des étincelles des abysses rubiconds dans le ramage. On a longtemps cru que le phénix se reproduisait par parthénogenèse en fumant la pipe. C’est évidemment une grande absurdité. Il est le fils de l’aigle qui dévora le foie de Prométhée, car il a faim de foi et d’adoration, et du fils de Dieu, car il aime le point de croix et l’adoration. Il a encore assez de Jésus Christ en lui pour ressusciter dès qu’on tente de le brûler sur le bûcher pour hérésie, et il a encore assez de Prométhée en lui pour repousser chaque fois qu’on le gave pour les fêtes de fin d’année. Il ne s’aventure jamais dans les pays de banquises, car il est très sensible au froid, et craint le rhume et les engelures, et  risque l’immortalité par congélation car il ne meurt que du feu, même s’il ne meurt jamais puisque ensuite il renait. C’est dire si le phénix est complexe, et ferait un grand auteur d’autofiction.


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Le petit-gris
On s’interroge toujours sur la réelle nature du petit-gris.
Galileo di Gasterplodelli prétend que c’est un animal visqueux, muni d’une armure de coque, et que le fantasque roi Louis II de Bourgogne, éperdument amoureux, lui construisit d’immenses et baroques châteaux de mélasse et de riz gluant qui scintillaient dans la rosée alors que le soleil les baignait de ses rayons auroraux et que les gigantesques feuilles des jardins de salade frissonnaient sous le zéphyr. Mais personne n’a jamais retrouvé trace des châteaux de Louis II de Bourgogne, prétend-on à cause de leur consistance qui ne résistait guère à la pluie, à la neige, à la grêle encore moins, ni plus de Louis II de Bourgogne, ce qui lui valut le surnom de Fantoche des Fantômes, ni des petits-gris que le souverain aimait d’une façon bien contre nature et absolument méphistophélique.
Ambroisette la Samaritaine, dite « la Sainte à la tête dans les étoiles » n’est point d’accord. Le petit-gris, dit-elle, vit dans des mondes lointains perchés sur les branches des astres, que leur éloignement du soleil rend froid et bien désert. Grâce à ses antennes magnifiques et orientables et sensibles tel les moustaches du morse de la mer des Grelottants Frigos, il écoute le chant des laitues de la terre et rêve en hululant de les abducter, de les implanter et de leur arracher les organes. Mais la distance qui le sépare est bien gigantesque, car il voyage dans des soucoupes, et la faïence résiste mal aux espaces intersidéraux.


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Le basilique
Le basilique est un animal dont le regard pétrifie. Si l’on en met dans la salade, on attrape des cailloux dans les reins.


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L’überpotame
De tous les animaux nuisibles, l’überpotame est bien le plus répugnant. On raconte, du côté de l’Obersturmführie, que le chant de l’überpotame est pareil aux trilles des cors bavarois et que le Premier Zina de Tirpitzie élevait dans sa boîte à crânes trois couples capturés sur les rives du Nil, qui est un grand fleuve d’eau de schnaps qui coule en Égypte lorsque les neiges du Jardin d’Éden fondent, ce qui n’arrive pas souvent parce qu’en Éden les neiges sont éternelles. C’est la raison pour laquelle on rencontre le plus souvent l’überpotame dans les mares de sang du désert des Long-Couteaux. On peut l’y observer, naissant le matin d’un œuf de loup et se transformant le soir papillon de nuit de cristal, prenant alors son essor dans le crépuscule incendiaire. Aussi, l’überpotame vole en escadre de quatre-vingt huit en levant très haut la patte et en chantant Deutschland über alles.


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Le maquereau-crodile
Les larmes du maquereau-crodile se diluent dans l’océan. Ce qui rend ce dernier salé. Car le maquereau-crodile pleure tout le temps. Ce qui n’en fait pas un animal de compagnie idéal. En plus, il pue.


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L’antilope

Il est une étrange race de licorne qu’on appelle antilope. Elle possède, chose excessivement satanique, deux cornes sur sa tête. Elle fraie avec le babiroussa dans les grandes forêts d’Éthiopie, car c’est en ce pays fort lointain qu’elle vit. Leur enfant se nomme le kraken et il est aussi laid que le trou du fion du bouffon difforme du roi Laglotte IV, ce qui est difficilement concevable, bien que Plotemus le Bien Bavard décrive le kraken en de tels mots : « Kraken pue comme une outre de foutre, et son cœur est plein de bile, et son nez grand comme un continent, et son sourire est hideux à faire mourir de dégoût la plus pouilleuse des putains. ». L’antilope est un monstre sanguinaire que rien n’excite plus que deux jeunes filles siamoises vierges, qu’elle embroche dès qu’elle les aperçoit. Alors, elle se pâme en meuglant et reste les quatre fers en l’air en pouffant comme la naine démente du Roi Iskanlard le Bien Boîteux, ce qui est difficilement concevable, bien que Plotemus le Bien Bavard décrive la naine démente du Roi Iskanlard le Bien Boîteux en de tels mots : « La naine pouffe comme une outre de foutre, et son cœur est plein de morve, et son nez grand comme un continent, et son rire est crissant à faire pleurer du sang des oreilles des plus ignominieux inquisiteurs. ». C’est quand elle est frappée de stupeur que les chasseurs d’Éthiopie capturent l’antilope, même si ce ne sont que des pleutres car il n’y a aucun risque à se saisir d’un animal pâmé, fut-il satanique et bestialement sanguinaire. C’est pour cela qu’il ne reste guère de sœurs siamoises vierges en Ethiopie.
Dans le royaume d’Albion, on nomme l’antilope corned-beef, et elle est très prisée car elle est réputée donner une force surnaturelle aux guerriers, ce qui n’est pas bien étonnant puisqu’elle est grandement satanique et indubitablement suintante d’amoralité. Et Dieu nous prévient moult fois de l’amoralité des sujets de la perfide Albion, et de leurs mœurs d’égorgeurs de chèvres et d’enculeurs de lombrics.
Il n’est pas plus recommandé de s’assoir sur la tête de l’antilope qu’il ne l’est de le faire sur la tête de la licorne. Même si l’on est pucelle, à moins d’avoir un bon modèle de ceinture de chasteté.


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L’aspremont

L’aspremont est un crapaud hanté. C’est-à-dire, comme un crapaud, mais hanté. Ou comme un château, mais crapaud. Nul ne sait s’il est hanté par l’esprit d’un crapaud mort, ou par celui d’un saint homme, ou d’un preux prince, ou d’un vil maraud. Car l’aspremont n’est guère loquace. Tout au plus récite-t-il des versets du Mahâbhârata en morse quand on le fait bouillir dans du vinaigre de Silésie. Il possède, dans son dard placé au niveau de la trompe, un venin qui pourrait terrasser un homme en quelques secondes, si l’aspremont ne confondait pas l’homme avec l’oligophant, et l’oligophant avec l’homme. Car il fuit devant l’oligophant qui est son ennemi juré : sa peau est trop épaisse pour être transpercée et il a l’agaçante habitude de confondre l’aspremont avec le paillasson, et le paillasson avec l’aspremont. Mais nul ne sait à quoi ressemble le paillasson, car l’oligophant est aussi très peu loquace et tout aussi fantomatique que l’aspremont.


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Le nanolodon

« Dieu est dans les petites choses, et Satan dans les petits poissons. », nous apprend Paphnuce de Walburge dans son Précis d’asnimalerie très désmoniaque. Quel meilleur exemple que le nanolodon, requin ancestral, survivant de la préhistoire qui a traversé les âges tapi entre deux gouttes d’océan, ne permettant jamais à sa cruauté de se diluer dans l’immensité liquide des mers où il s’ébat et fraye. Il a des dents acérées qui rongent le bois des coques des navires jusqu’à provoquer le naufrage, qui déchirent la chair des marins jetés dans les eaux, qui broient et déchiquètent les os comme l’acier des lames. Il est si petit que même l’œil le plus affûté ne peut l’apercevoir. Lao Tang Tse Wou Chou Ling, dans sa très célèbre Histoire bien agréable des tyrans fort urbains des Huit Royaumes, raconte que c’est en dissimulant quelques nanolodons dans des tasses de thé que l’empereur Lee Fong le Bâtard Sanglant (dynastie des Ping) se débarrassait des seigneurs rivaux et des mandarins trop permissifs. D’aucuns prétendent que le nanolodon a disparu depuis longtemps de nos océans, emporté avec les nombreuses abominations préhistoriques telles la tyranoblatte et la mitodocus. Mais de méfiance sachez vous armer. Nombre pécheurs et explorateurs assurent l’avoir aperçu au fond d’un bol d’eau de mer ou tapi dans les cheveux d’algues d’une vieille sirène échouée sur le rivage.


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L’ours blanc

Selon Philustère Dents d’Acier, l’ours blanc se nourrit de crème fraîche. C’est pour cela qu’il est blanc. Et c’est pour cela qu’on ne le rencontre que dans les pays où le climat est bien froid, car dès que la température monte, la crème fraîche tourne et l’ours blanc fond. Les Saamis raffolent de l’ours blanc. Ils le font flamber avant de le manger, selon un rituel fort barbare qu’ils nomment omelette norvégienne. On peut aussi le consommer en brochette, mais il faut des troncs de sapin pour l’embrocher, ce qui est une opération bien compliquée, car les sapins n’apprécient guère de se faire débiter, et les ours blancs encore moins de se faire empaler. Les moines du couvent de Saint Barnum prétendaient élever tout un cheptel d’ours blancs qu’ils montraient aux mécréants afin de les convertir au culte de Sainte Croix de la Barbichette. Mais ce n’étaient que de vulgaires ours des cavernes saupoudrés de sucre glace. Et il n’était point de miracle qui les empêchait de fondre au soleil.


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L’escargot de nuit

Selon Clytoxel Le Mirliflore, si l’escargot de nuit ne voit pas la terre pendant trente-cinq jours, il se met à pousser de très désagréables beuglements que seul un marin sourd pourrait confondre avec le chant d’une sirène.


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La raie-mantra

Physiologue nous dit que la raie-mantra nous rapproche de Dieu. Physiologue nous dit que la raie-mantra nous rapproche de Dieu. Physiologue nous dit que la raie-mantra nous rapproche de Dieu. Physiologue nous dit que la raie-mantra nous rapproche de Dieu. Physiologue nous dit que la raie-mantra nous rapproche de Dieu. Physiologue nous dit que la raie-mantra nous rapproche de Dieu. Physiologue nous dit que la raie-mantra nous rapproche de Dieu.


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La blatte atomique

La blatte atomique est un petit insecte fort inconvenant qui explose avec grande vigueur quand on l’écrase, nous dit Bède l’Éparpillé dans son « Traité de la marmelade ». Toutefois, nous n’en savons guère plus, les parchemins étant fort calcinés et l’auteur plutôt pulvérisé.


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L’hippiepotame

L’hipppiepotame est un goret aquatique particulièrement efflanqué dont le crâne est recouvert de très longs cheveux gras. On l’a longtemps confondu avec la sirène car son chant est très doux et mélodieux. Hassan ibn Garfunkel, dans son célèbre « Traité de la paix et de l’amour », le décrit comme une créature mauvaise, lascive, qui envoute les femmes venues laver leur linge sur les rives de l’Euphrate, puis les entraîne toute la nuit dans d’interminables danses extatiques et d’athlétiques fornications. Mais Simon d’O-oud S’toq, dans son non moins célèbre « Traité de l’amour et de la paix » soutient que l’hippiepotame abhorre la violence, car le seigneur l’a fait mou et docile, et que ce n’est que par amour qu’il copule des nuits entières avec les lavandières, et que le fruit de leurs amours n’est autre que le petit phacochère. Les pêcheurs l’attirent avec des colliers de marguerites ou des pétards de zaïroise compressée. On le dit sensible à la guitare et au LSD. Un vieux proverbe sumérien dit que celui qui trouve un hippiepotame dans son jardin peut en fumer le gazon : tous ses soucis s’effaceront dans la nuit.


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La tarasque
La tarasque est un animal sans peur et sans cervelle qui passe sa vie à vendre des calendriers de femmes à poils à des camionneurs fans de Johnny Hallyday, ce qui est fort incongru car nul ne sait bien ce que sont les camionneurs et les Johnny Hallyday. Mais moult nombreux sont ceux qui aimeraient bien rencontrer la tarasque, et jeter un coup d’œil dans son stock de calendriers.


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Le loup solitaire

Le loup solitaire vit en meute. Ce qui fait de lui un animal exceptionnel.


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La poule aux dents de sabre

Les habitants d’Abyssinie craignent moult fortement la poule aux dents de sabre. C’est un animal sanguinaire. Elle a des ailes dont les plumes sont des rasoirs et des serres de mille épingles. Elle monte sur le haut des cases à la pleine lune et reste immobile, hypnotisée, suivant des yeux l’étoile du Berger. C’est le seul moment où on peut s’en saisir. Car la poule aux dents de sabres fait un bien goûtu ragoût, qu’il faut manger avant le lever du jour. Car avec l’arrivée du soleil, l’effet magnétisant de l’étoile du Berger cesse et la poule, même cuite, même morte, redevient fort moultement dangereuse. Aussi, elle pond des œufs semblablement pareils à ceux des autres poules qu’elle mélange à l’heure de la sieste des Abyssiniens (qui font souvent des siestes vu qu’ils naissent avec un oreiller à la place du cerveau) avec ceux des autres poules, mais le blanc de l’œuf est de nitroglycérine. C’est pour cela que les Abyssiniens ne mangent jamais d’omelettes.


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Le requin-marteau

Le requin-marteau est l’ennemi juré du clou-de-girafe. Dès qu’il l’aperçoit, il le frappe violemment sur la tête, jusqu’à ce qu’ensablement s’en suive. On confond souvent le clou-de-girafe avec l’autruche, car elle aussi a un long clou enfoncé dans le sable. Alfred le Brave raconte que, lors de sa traversée du désert, il pêcha moult requin-marteaux, qu’il appâtait avec des fous de bassin. Le requin-marteau vit dans la Mer Rouge où on le rencontre au côté de son âme sœur, le dauphin-faucille. Sainte Thérèse de Thoiry, qui fut une très sage femme, avait fait empailler un requin-marteau qu’elle promenait dans les jardins du couvent des Maillotins. Elle fut brûlée vive avec son trophée par les frères Tapissiers qui l’accusèrent de vouer un culte lascif à l’animal, qui est bien connu pour sentir le souffre, comme il est attesté dans l’évangile selon Vulcain.


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Le kangourou

Le kangourou est un animal fort étrange qui vit dans le pays des antipodes. Les antipodes sont des hommes qui marchent sur la tête. Hildegen von Bingrad, dans son traité Animals qui causois mainstes horyficques aurreurs prétend qu’il est né d’un homme et d’une puce, par quelconque diablerie, et que c’est pour cela qu’il bondit constamment sur ses pattes arrière en récitant des psaumes dans un latin de charretier. Les petits du kangourou naissent dans la poche des œufs qu’il pond. On les appelle les œufs pochés. Les antipodes en raffolent. Ce qui en fait les ennemis jurés du kangourou, qui, pour défendre sa progéniture, se bat avec ses poings. Ce qui n’est pas très efficace pour casser des nez, seulement les orteils des antipodes qui se moquent bien d’avoir des orteils puisqu’ils marchent sur la tête. On dit aussi que le kangourou peut d’un bond atteindre la lune, qu’il aime grignoter. Heureusement, cette dernière repousse toujours.


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L’ampylothronque

Si l’ampylothronque reste un grand mystère, et qu’il n’est mentionné que dans ce seul ouvrage, c’est probablement qu’il n’existe pas. J’ai dû l’inventer.


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Le phacochère

Les feuillages s’écartent sur son passage, et il fonce tête baissée, ne connaissant pas grand-chose de la grâce du moucheron – mais, après tout, lui seul a comme rôle celui de défoncer les portes. On rapporte que Saint Plafond avait trois phacochères qu’il tenait captifs dans les jardins de l’abbaye de Momelette et qu’ils lui servaient à casser des œufs. Le Chevalier Gobelet, lorsqu’il traversa le grand désert de charbon de l’Outre Pays prétend avoir croisé un défilé de phacochères composé de trois longues colonnes parallèles, les mâles se tenant à droite, les femelles à gauche, et, au centre, allaient les phacochèraux. Pourtant, Glyphon le Vénéreux assure que le phacochère ne se déplace qu’en zigzag, et c’est un grand spectacle que de le voir monter en haut des monts Khâz d’où il s’élance une fois ses ailes déployées.


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