Force rouge

Pour faire oublier la politique méchamment arriérée de Tchang-Kaï-Chek, Mao mit en place le non moins redoutable Grand Bon(d) en avant.


Force rouge

Ce dictateur fit exécuter les vieilles chouettes et gros pontes du parti communiste de son pays, tuant ainsi la révolution dans l’œuf.


Force rouge

C’est quand l’URSS s’effondra que ces cosmonautes expérimentèrent paradoxalement la révolution permanente, tournant continuellement en orbite dans leur station spatiale.


Force rouge

Le monde eut chaud aux fesses lorsque Staline, après quelques cocktails, décréta que ce serait Molotov qui dirigerait l’élaboration de la bombe atomique soviétique. Heureusement, le ministre ne s’enflamma guère sur ce projet.


Force rouge

La destruction du mur de Berlin ne pouvait être qu’un complot antimaçonnique.


Force rouge

Si la ligne du parti était dure, du vivant de Lénine et Staline, elle était, une fois qu’ils rejoignirent leur mausolée, fort molle.


Force rouge

À la fête de l’Huma, ce ramassis de gauchistes par excellence, le dévoiement de nos chères têtes blondes commençait très tôt. Les zélotes des Jeunesses Communistes approchaient et accrochaient les mioches adeptes des auto-tamponneuses, pour les enkarter.


Force rouge

Clairvoyant, ce disciple de Trotski acheta aux enchères le piolet qui avait servi à assassiner le révolutionnaire au milieu des années 40.
« Te voilà enfin vengé, Léon », cria-t-il alors des décennies plus tard, au soir du 9 novembre 1989, lorsqu’il porta le premier coup au mur de Berlin.


Force rouge

— Dans la famille Trotski, je demande Léon.
— Pioche !


Force rouge

Mal informé, cet opposant au régime décida de faire tomber le Parti de l’Empire du Milieu en s’attaquant à la pelle au mur de Chine.


Figures libres

Un employé du centre de tri des déchets, fou amoureux de son métier, partit passer ses vieux jours sur le 7ème continent, cet amas flottant de dégueulasseries de platoc et de débris toxiques. Là-bas, il se construisit une villa en pots de yaourt, carapaces de tortues asphyxiées, bâtonnets d’esquimau et os d’eskimos se confondant avec le polystyrène. Sa famille commença à vraiment s’inquiéter quand il retapa une poupée gonflable, la présentant comme sa fiancée et promena un poupon borgne en celluloïd dans une poussette rouillée. « N’est-il pas trachou ?», disait-il. Désireux de l’évacuer de cet environnement mortifère, ses proches le firent enfermer dans une maison de retraite où il termina sa vie à déchiffrer des rébus parmi les vieux débris.


Force rouge

Un rideau de fer, un mur (de Berlin)… Pour beaucoup, le communisme évoque une voie de garage.


Force rouge

Stakhanov n’était pas le dernier, quand il s’agissait d’aller au charbon.


Figures libres

Il faisait une chaleur étouffante dans le commissariat. Un livreur d’eau se présenta pour déposer plein de Contrex.


Force rouge

« Camarades, il nous faut une couleur forte pour symboliser notre lutte. Je vous propose le rouge, comme le sang que versent le prolétariat pour le confort des bourgeois. Qu’en penses-tu, camarade Trotski ?
— Hummmm, ça me rappelle le pourpre des cardinaux du catholicisme débauché. Ne peut-on pas trouver une autre couleur ?
— Eh quoi ? Tu préfères le violet ? Qu’y a-t-il ? Te voilà tout pâle soudain…
— Ce n’est rien, j’ai cru entendre un autre mot et voilà qu’une de ces foutues migraines me saisit… Finalement, je crois que le rouge ira très bien.
— Curieux… Quel autre mot peut ressembler à violet et te troubler ainsi ? Violet… violent… piolet… Bah ! peu importe, le rouge est adopté ! »


Annonce – Septembre


La rentrée, c’est parfois aussi le moment des rétrospectives !
Dans notre cas, cela prend la forme d’une nostalgie vibrante pour des lendemains qui chantent, à jamais repoussés aux calendes grecques, une mélancolie pour un futur tout ce qu’il y a de conditionnel.
Un mois roudoudou, donc, mais qui pourrait avoir des arrière-goût de purge, avec ses vieillards décatis et intransigeants, ses crises de missiles et ses maquisards barbus. Vous l’aurez compris, nous parlerons de la

Force rouge

Une réalisation commune qui déterrera les dossiers du communisme partout dans le monde et à toute époque, des procès staliniens de 1935 aux safaris du Che en 1965, en passant par le concert des Ludwig von 88 à la fête de l’Humanité en… merde, c’était en quelle année déjà ?

La Fabrique vous souhaite un mois d’octobre de septembre rouge.

La direction.


Figures libres

— Voulez-vous entendre l’histoire du capitaine ivrogne qui traversa les sept mers pour goûter tous les rhums et mourut de delirium d’avoir vidé ses cales trop vite ? Allons, versez-moi à boire si vous voulez connaitre toute l’histoire. Il avait exigé de son équipage la plus parfaite sobriété, au régime sec l’équipage, tout comme Ulysse avec le chant des sirènes, le capitaine était le seul habilité à savourer les échauffants nectars…. Encore un peu, et pas plus haut que le bord, je vous prie… Haaaaaa, comme ça fait du bien ! Il avait tout calculé à la flasque près, en buvant du rhum agricole au lever, une bonne vodka frappée au coucher et les journées consacrées à Bacchus, son foie était assuré de cultiver une jolie cirrhose bien rose. Hélas ! Il n’avait pas prévu qu’il embarquerait un passager clandestin, un boit-sans-soif presque aussi acharné pour qui les planques d’alcooliques n’avaient pas de secret. Pourtant il aurait dû se méfier de cette longue caisse toute noire embarquée depuis ce port de la Caspienne. Il aurait dû fouiller attentivement sous ce matelas de terre roumaine dissimulant le corps du monstre le plus abject et surtout ! le plus menteur. Car contrairement à ce qu’il a toujours prétendu, Dracula boit toujours du vin puisque c’est le sang de la vigne.


Figures libres

On a longtemps parlé des mygales se cachant dans les Yuccas. La sœur du copain de la voisine à mon beau-frère avait même passé une semaine entière sans dormir : on lui avait offert une de ces plantes aux feuilles pointues et son arachnophobie l’avait plongée dans la psychose la plus handicapante. Mais le frère du collègue de pote du club de golf à mon cousin connaît la vérité : En réalité, ce sont des dragées Fuca, pleines d’acariens qu’il faut se méfier. Une simple dragée et ces horribles petites bestioles s’offraient le grand huit dans votre système digestif. Et certaines ne sortaient jamais. Une faute de frappe a détourné le vrai problème sur une plante innocente.


Figures libres

Haïku du maton :

Qui est prisonnier,
Du taulard ou du geôlier ?
Même horizon clos.


Figures libres

Haïku du jour :

Bébés araignées
Savourent leur chair maman.
Amour dévorant.


Figures libres

Haïku de la nuit :

En cadeau de noces
A l’épouse du vampire,
Un collier d’ail frais.

 


Figures libres

Haïku du soir.

Dans l’œil de mon chat
Éclats de lumière d’or.
Un soleil captif.


Figures libres

Une secousse fit trembler les étagères où trônait la porcelaine.

« Attention aux objets en verre ! » crut-il entendre.

« Quels ob… ? » commença-t-il, avant d’être écrasé par le membre de Hulk.


Figures libres

Haïku sacré :

Le corps de Shiva
Foulé du pied par Kali.
Divin masochiste.


Figures libres

Haïku du soir.

Art synesthésie
De l’image assourdissante.
Un tableau de Munch.


Figures libres

Haïku du soir.

Un volute noir
Vers le bleu du ciel s’élève.
La fumée des morts.


Figures libres

Haïku du matin

Un enfant observe
Les étoiles hurler et fuir
Dans un ciel de guerre.


Figures libres

Haïku du soir :

Notre anniversaire
Étincelant de bougies.
Je les souffle seule.


Annonce de service – Juillet et août


L’été arrive !

Et c’est logiquement le moment où, nous, on se barre !
Nelly sera sur son trente-et-un, Karim sur scène, Benoît sur orbite et Jacques sur répondeur.
On se réserve le droit de balancer de temps à autre quelques Figures libres, pour ne pas perdre la main sur nos outils de production, et pour que votre attention de lecteurs ne mollisse pas complètement.

La Fabrique vous souhaite de bonnes vacances. On se retrouve à la rentrée, portez-vous bien, d’ici là !

La direction.


Figures libres

Son regard était pesant, sa voix onctueuse et elle avait l’écoute clairvoyante : avant d’opérer ses patients, cette chirurgienne pratiquait une synesthésie générale.


Figures libres

Tant qu’il s’agissait de petites nouvelles, de quinze ou vingt mille signes, elle se reposait sur le retour de ses lecteurs bénévoles avant publication. Mais une novella, c’était déjà plus de la belle et délicate mécanique. Sans surprise, elle eut donc recours à un pro homologué, aux services tarifés, pour la révision des 100 000.


Abductions

Derrière chaque abduction se cache, de la part d’une famille de petits gris, une demande d’adoption.


Abductions

D’aucuns s’étonnent que les petits gris semblent obsédés par l’idée de sonder les Terriens qu’ils enlèvent. Mais cela fait sens, si l’on considère que les extraterrestres comptent s’installer sur Terre. Rien de surprenant, dès lors, que les colons s’intéressent aux côlons.


Abductions

On ne revoyait pas tous les terriens kidnappés et pour cause ! Ils étaient recyclés dans les grandes chaudières des vaisseaux qui pratiquaient le chauffage par abduction.


Abductions

— Mais à quoi cela rime d’enlever des humains, de les sonder et de les examiner sous toutes les coutures ? demanda ce petit gris à son supérieur.
— Eh bien, avant de l’envahir, il convient de tâter le Terrien !


Abductions

Engoncé dans son costume d’humain, Flybworpb avait beaucoup de mal à contenir son excitation, au risque de trahir sa véritable nature au milieu de cette foule compacte de Terriens. Il salivait et vlopurgeait abondamment en tripotant avec nervosité son laser équarrisseur, à la vue de toutes ces énormes vaches qui s’offraient à lui au Salon de l’agriculture de Paris.


Abductions

On pourrait croire qu’avec l’amnésie accompagnant ces terribles expériences, rien de ces abductions ne reste dans les annales. Et pourtant…


Abductions

Pentagone, Washington D.C. 18 avril 2002, 23:59.
L’agent Smuldy, une lampe de poche coincée entre les dents, lit un rapport hypraconfidentiel présentant des expérimentations d’une branche occulte de la CIA. Bon sang ! Les extraterrestres ont dérouillé : les agents secrets ont pris un petit vert, un petit gris, et ça a fait un hybride vert-de-gris.


Abductions

Parfois les abductions se passaient très mal et les victimes ne reparaissaient jamais. Parfois, le plus souvent lorsque les ravisseurs étaient des reptiliens, ne restaient des kidnappés que des santiags et des sacs à main en cuir d’humain.


Abductions

Un objet oblong qui faisait bip bip, profondément enfoncé dans le fondement : il l’aurait imaginé autrement, le « premier contact ».


Abductions

Ce directeur général de la Fabrique de Littérature Microscopique cherchait à éviter les jeux de mots faciles, à l’heure d’écrire des micronouvelles supplémentaires sur le thème du mois, l’abduction, afin de boucher les trous.


Abductions

Le petit gris transmit à son supérieur l’étude détaillée réalisée sur l’humain qu’ils avaient enlevé quelques heures plus tôt.
— Voilà le rapport, dit-il en lui remettant un cristal de données.
Il poussa plusieurs gros bocaux remplis de morceaux sanguinolents mais encore clairement identifiables : foie, cœur, une jambe, un avant-bras, des cheveux.
— Et… Attention, c’est lourd ! Voilà les pièces jointes.


Abductions

Au début, la police l’avait soupçonnée. L’enquête de voisinage avait indiqué qu’elle passait son temps à se battre avec son mari. Plus exactement, que celui-ci la rossait sévèrement et fréquemment. S’il avait disparu, Mrs Swift y était sans doute pour quelque chose. Elle, bien sûr, n’avait pas pu raconter la vérité : alors que tout le quartier dormait, un immense vaisseau spatial avait stationné au beau milieu de la nuit au-dessus de leur maison, en plein phare. Grady Swift avait déboulé en gueulant comme un veau dans le jardin, fusil à la main. La seconde d’après, l’OVNI avait disparu et Grady avec. Il devait être vraiment très, très loin, à l’heure qu’il était.
Elle ne pouvait pas leur raconter ça, bien entendu. Mais elle était rassurée, quelque part, même si une part d’elle-même avait honte de se l’avouer : au moins, à la différence d’un enlèvement classique, ses ravisseurs ne lui demanderaient sans doute pas de rançon et elle n’était donc pas prête de le revoir.


Abductions

Jusqu’à ce qu’un groupe d’extraterrestres malotrus l’enlève, ce gentleman anglais, grand amateur de thé, n’avait jamais cru en l’existence des soucoupes volantes. Et pour cause, jamais personne n’avait mentionné ce qui, dans son flegme pragmatique, lui semblait indissociable de tels objets : les tasses volantes.


Abductions

La gendarmerie, la police, l’armée, les pompiers et même les journalistes s’étaient ouvertement payé sa tête quand il avait raconté l’abduction dont il avait été victime. Des petits gris lui avaient barré la route en rase-campagne et l’avaient enlevé avec sa voiture. De son voyage en soucoupe volante, il avait gardé un souvenir flou mais traumatisant. Il avait aussi acquis la conviction qu’ils étaient partout, qu’ils avaient infiltré toutes les strates de la société, tous les postes-clés de pouvoir et que c’est pour ça qu’ils s’étaient tous – flics, gratte-papiers et autres – foutus de lui. Ils faisaient partie d’un complot mondial visant à asservir à long terme l’humanité.
Il en était là de ses réflexions quand il s’apprêta à récupérer sa voiture garé dans un couloir de bus.
— Ah mais non, ça va pas recommencer ! glapit-il en voyant le sabot que l’on avait placé sur un des pneus, en vue d’un très prochain enlèvement.


Abductions

C’est sans doute le souci du détail (de ce dont ils avaient été témoins visuels directs), mais aussi une certaine forme de pudeur, qui poussa les artistes mayas en contact avec des civilisations extraterrestres à représenter des visiteurs célestes avec des scaphandres, plutôt que leurs élusives sondes anales.


Abductions

Panique dans les abattoirs tandis que se multiplient les vidéos insoutenables dénonçant la cruauté envers les pauvres vaches. Heureusement, le directeur d’une usine de mort texane a trouvé une idée lumineuse pour détourner l’attention et affoler les ufologues au détriment des amis des bêtes : désormais, ses ouvriers étourdissent, égorgent et éviscèrent déguisés en Petit Gris.


Abductions

— Grand Sblörg, vous vous souvenez du Terrien qu’on avait enlevé, il y a quelques années standard, dans un pays appelé la France ?
— Le petit bonhomme trapu, là, avec ses longs poils noirs sur la tête, qui se débattait en criant : « Lâchez-moi, sales fascistes de merde ! ¡No pasarán! » ?
— Des cheveux, Grand Sblörg, ça s’appelle des cheveux, pas des poils !
— Oui, bon. Je me souviens de lui, en tout cas. Quel est le problème ?
— L’effacement de la mémoire récente a semble-t-il buggé. Il a développé un dysfonctionnement cognitif qui l’a poussé à ne plus s’exprimer qu’à l’écrit et par des textes courts. Ce qu’il appelle des micronouvelles, ou flash fictions, ou encore short short
— Oui, bon. Je m’en fous un peu de vos histoires, là. Je répète ma question : c’est quoi le problème ?
Le sous-fifre holoprojeta la page d’accueil de la Fabrique de Littérature Microscopique.
— Là, regardez. Il a trouvé trois autres victimes d’abductions, comme ils appellent ça, et ils se sont mis à publier leurs disruptions cognitives sur ce site.
— Bon, encore une fois, je m’en fous. Et encore une fois… En quoi ça nous concerne ?
— Mais là, regardez ! s’impatienta le subalterne. Là, le thème du mois ! Sur les abductions ! Ils révèlent tous les secrets de notre civilisation… Si nos motivations sont ainsi révélées au grand-jour, nous ne pourrons plus envahir la Terre peinards, comme prévu par le Plan Ultime de Conquête de la Galaxie.
Le Grand Sblörg se redressa sur son fauteuil, puis commença à parcourir les différentes micronouvelles des mois passées… En en lisant une au hasard de Benoît Yap, ce fin connaisseur de l’humour humain sourit : « La femme à lunettes aiment les hommes qui sont aux petits soins. Mais elle les préfère opticiens. ». En en parcourant une autre de Nelly Chadour, il se pligua littéralement dessus : « Malgré son inconcevable cruauté, il était possible d’échapper aux griffes du monstre mi sphinx mi panthère. Par la ruse, par l’astuce et avec une bonne dose d’intelligence, car il fallait l’admettre, le Sphinxthère était bouché. » La suivante, de Karim Berrouka, manqua de l’achever, tandis que ses yeux ruisselaient d’ichor noirâtre : « Voici une application plutôt inattendue de la pierre philosophale. L’alchimiste vient de réussir à transmuter le death metal mou en vie d’or dure. »
— Ah, purée, mais qu’est-ce qu’ils sont couillons ! partit-il dans un grand rire, avant de rassurer son intendant : Vous vous inquiétez pour rien, leurs cerveaux sont irrémédiablement grillés. Personne ne croira jamais toutes leurs conneries, là !


Abductions

« Major Prööth, pourquoi ne ferions-nous pas nos prélèvements dans cette région ? proposa l’aspirant TrröÖ en montrant la brochure publicitaire de la Fistinière. Là-bas, les anus sont tout épanouis, de vrais boulevards !
Trop dangereux, aspirant, cela fait des années que nos ennemis les Reptiliens essaient de boucler l’endroit en se faisant passer pour des grenouilles de bénitier. »


Abductions

Les P’tits Gris préfèrent agir aux beaux jours, quand l’épidémie de gastro ne bat pas son plein. Parce qu’ils n’aiment pas que ça gicle quand ils sondent. Sinon, ils chercheraient du pétrole.


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